Démineurs, c’est l’histoire d’une unité de l’armée américaine déployée à Bagdad pour faire du déminage, comme le titre du film l’indique. C’est tout ? Oui c’est tout. Derrière une simplicité apparente du propos, on suit les aventures du sergent James, véritable drogué à l’adrénaline, qui aura bien du mal à faire accepter ses méthodes de tête brûlée au reste de son équipe qui ne rêve que d’une chose : rentrer au pays et si possible en un seul morceau.
Le film – 9/10
Si vous cherchez un film d’action à la Rambo, passez votre chemin. Démineurs est plus intimiste que l’affiche ne le laisse présager. En toute rigueur, il se rapproche plus d’un Jarhead (Sam Mendes) que d’un Green zone (Paul Greengrass). Filmé de main de maître par Kathryn Bigelow (Point Break, et l’étonnant Strange Days), le long-métrage tire volontiers vers le documentaire, avec un choix de caméra sur lequel on reviendra.
Les Oscars ne s’y sont pas trompés en attribuant la récompense du meilleur film à la réalisatrice en 2010. Le film brille surtout par un suspense vraiment intense. C’est peu dire que l’on suit les aventures de cette unité de déminage la peur au ventre. Peu de films sont aussi justes de ce point de vue. Le choix d’acteurs que l’on n’a pas trop vu à l’écran auparavant renforce finalement la proximité du spectateur avec cette unité. Jeremy Renner tournait dans l’oubliable S.W.A.T. et le « fameux » 28 semaines plus tard. Guy Pierce également au générique campait quant à lui l’amnésique dans l’excellent Memento. L’absence de musique d’ambiance fait le reste. Voilà un film qui implique vraiment le spectateur, à voir de toute urgence.
Qualité d’image – 9/10
L’image en surprendra plus d’un. Le fait est que le rendu à l’écran souvent inégal tient du choix légitime de Kathryn Bigelow à tendre vers le documentaire. Ainsi, certaines scènes sont tournées avec des caméras différentes, au rendu très particulier.
D’un côté on trouve des caméras HD, au rendu propre et lisse. De l’autre, on trouve du super 16 mm, dont l’image crue presque aveuglante, renforce l’immersion dans le film. Le résultat final est original et convaincant. La première scène d’explosion en scotchera plus d’un dans son fauteuil de ce point de vue. Le master 2K est vraiment efficace. Il subsiste parfois un fort grain résiduel. L’image n’est pas toujours très propre mais on peut dire qu’elle sert bien le propos.
Qualité sonore – 9/10
La piste DTS-HD se montre vraiment convaincante, avec un excellent boulot de fait sur le mixage. Pour une fois, les bruits d’ambiances ne sont pas exagérés au détriment des dialogues. La spatialisation est vraiment impressionnante. Le surround est très largement et justement utilisé pour rendre par exemple le souffle d’une explosion, le bruit des multiples impacts, etc. C’est une grande réussite.
Contenu et interface – 5/10
L’interface est soignée sur ce Blu-ray. Elle vibre au rythme des explosions de fond. Un gadget sympa.
En revanche, notre édition Blu-ray est vraiment pauvre en contenu additionnel. On a droit à la bande annonce et à un Makung of de 12 mn assez intéressant, mais c’est bien maigre pour une galette de 50 Go.
Faut-il acheter la version Blu-ray ?
Oui, ça vaut vraiment un Blu-ray. Le film est de grande qualité, le master aussi et la piste audio est criante de vérité. L’ensemble mérite vraiment la haute définition.
Caractéristiques - Warner Bros - 2009 - Format : 1.85 :1 - Réalisé par Kathryn Bigelow