Inglorious Basterds, c’est l’histoire d’une milice très spéciale, dirigée par Aldo Raine (Brad Pitt) qui opère derrière les lignes ennemies pendant la seconde guerre mondiale dans un seul but : scalper et martyriser du nazi. Elle croisera la route de Shosanna (Mélanie Laurent), jeune juive rescapée du massacre de sa famille orchestrée par Hans Landa (Christoph Waltz) et tenancière d’un cinéma de quartier à Paris.
Le film – 8/10
Ceci n’est pas un film de guerre. C’est surtout un film sur le cinéma, et en particulier le cinéma tel que Tarantino peut le concevoir. Dans les (longs) dialogues, il distille diverses idées sur la façon de tourner un film, la manière de jouer, l’univers particulier qui entoure une salle de cinéma, etc.
Ce ne sont pas les nazis d’opérette qui rattraperont le coup, ni les portraits flash-back de personnages (voir l’ours juif par exemple) à grand renfort de titres placardés grossièrement à même le film qui en feront une œuvre originale de Tarantino. Tout ça a déjà été vu et revu. On retrouve aussi le goût du réalisateur pour les discussions autour d’un verre. La scène du bar vaut le détour de ce point de vue. Reste enfin une interprétation époustouflante. Le jeu de Christoph Waltz est exceptionnel et il y a quelques scènes d’anthologie qui raviront les fans du réalisateur.
Qualité d’image – 9/10
L’image est propre, nette et sans bavure. Elle n’a rien d’artificiel cependant, avec une sensation conforme au cinéma. Que ce soit en intérieur (la scène du bar encore une fois mérite l’attention) ou dans la forêt, l’image est crédible, impressionnante de netteté. Bref, il n’y a pas grand chose à redire.
Qualité sonore – 8/10
Ce film fait parti de ceux qu’il faut absolument voir en VO. On pourrait épiloguer 100 ans sur la différence entre le master DTS-HD de la VO et le DTS 5.1 de la VF. Mais c’est là un problème secondaire. Peut-être qu’aux Etats-Unis la situation est différente, mais personnellement, voir un film sur la seconde guerre mondiale où tous les allemands parlent anglais, au même titre que les français et les anglais, ça fait plus que me gêner, ça me pourrit le film. Prenez par exemple Valkyrie ou tout le monde parle un anglais impeccable. C’est vraiment pénible. Vous auriez imaginé La grande évasion tout en anglais ? Certaines scènes de ce classique n’auraient aucun sens. Ici, Tarantino a pris le parti de respecter les langues de chacun. Les Allemands parlent allemand, les Français parlent français et les Anglais anglais. Et quand ils tentent de parler italien, ça vaut son pensant d’or ! Bref, on vous conseille la VO, le film prend vraiment une toute autre dimension.
Côté technique, il faut bien avouer que le mixage entre les voix et les effets sonores n’est pas toujours parfait. Parfois, les voix sont carrément étouffées par le vacarme assourdissant des tirs et autres explosions. C’est sans doute voulu mais si vous aimez vos voisins, mieux vaut les inviter à la projection. Avoir le son à plein tube sans l’image, c’est frustrant.
Contenu et interface – 8/10
Chez Universal, on n’aime pas trop perdre du temps sur les interfaces. On en a une qui marche et on l’exploite à fond. C’est le cas ici aussi. Il n’y a aucune recherche, c’est efficace, mais c’est moche et impersonnel. Vite fait, bien fait ?
Côté Bonus, Le Blu-ray vaut vraiment le détour. On a droit par exemple à une interview conjointe de Brad Pitt et de Tarentino. Ils passent pas mal de temps à s’envoyer des fleurs, mais le reste est particulièrement intéressant, et conforte l’idée qu’il s’agit avant tout d’un film sur le cinéma selon Tarantino plutôt que d’un film de guerre.
On découvre aussi le Making of de La fierté de la nation, le film de propagande projeté dans le cinéma de Shosanna. Quelques informations sur Inglorious Basterds, l’original tourné en 1978, sont également de la partie. Certains acteurs reprennent d’ailleurs du service pour cette version.
Bref, c’est très complet et intéressant surtout si vous êtes cinéphile et fan de Tarentino.
Faut-il acheter la version Blu-ray ?
Oui, si vous êtes fan du genre. Ne vous attendez pas à un film de guerre, ce n’est absolument pas le cas. Ce n’est pas non-plus très original puisque l’on y retrouve les grosses ficelles de la réalisation à la Tarentino. A croire que tout film de Tarentino doit comporter une longue scène dans un bar… Mais c’est un film intéressant, doté d’une qualité visuelle époustouflante en HD, et l’édition Blu-ray comporte de nombreux bonus intéressants.
Caractéristiques
- Universal - 2009 - Format 2.35 :1 - Réalisé par Quentin Tarantino