Dans un présent alternatif, après des décennies de guerres, la paix règne enfin sur terre. Du coup… tout le monde s’ennuie. Pour éviter que le peuple sombre dans la dépression, des combats aériens de grande envergure sont organisés entre entreprises privées afin de divertir les foules. Sky Crawlers raconte l’histoire d’une jeune recrue récemment affectée à une base aérienne ou tous les pilotes sont des Kildren, des enfants guerriers.
Le film – 7/10
Mamoru Oshii est un réalisateur à part, même au Japon. Les fans le connaissent immanquablement grâce à Patlabor 1 et 2, sortis respectivement en 1989 et 1997. Mais c’est l’excellent Ghost in the Shell qui constitue sans doute le sommet de son art… car depuis, il faut bien le dire, le délire métaphysique a pris le dessus. Déjà très sensible dans Avalon et Ghost in the Shell 2, les questions existentialistes de Mamoru Oshii imprègnent fortement ce (très) long métrage.
Le propos est intéressant, mais dieu que c’est contemplatif ! Les combats aériens sont nerveux et contrastent franchement avec les scènes au sol plus que cérébrales. Et autant vous prévenir tout de suite, toutes les clés ne seront pas livrées à la fin. Bref, c’est un film d’animation magnifique techniquement et narrativement très aboutis. Mais c’est élitiste, vous voilà prévenu.
Qualité d’image – 9/10
Ce Blu-ray est très particulier. Il mêle avec une rare habilité les contenus 3D synthétisés et l’animation japonaise traditionnelle. Cette fusion se fait d’ailleurs en toute transparence, ce qui est assez rare pour être noté. La palette de couleur est très particulière.
Tirant fortement sur le marron et le gris acier, l’inspiration seconde guerre mondiale est fortement présente. D’apparence relativement floue, le Blu-ray use en réalité d’un filtre évanescent assez réussi. Ce film d’animation est très spécial et l’esthétique ne plaira pas à tout le monde. Mais au moins le transfert sur Blu-ray est réussi.
Qualité audio – 9/10
La VO est en 7.1, la VF est en 5.1. Très franchement, le choix de l’une ou l’autre version n’a pas vraiment d’impact sur l’agrément d’écoute. La spatialisation des combats aériens, tout en furie, est vraiment impressionnante. Les voix sont plus effacées sur la VO, mais de toute façon, à moins que vous parliez le japonais, c’est un défaut mineur. Vous pouvez opter ici pour l’une ou pour l’autre version dans problème. Reste une bande son signée Kenji Kawaï qui officiait déjà prodigieusement sur Ghost in the shell. D’ailleurs, je ne résiste pas à vous faire partager ce morceau de bravoure :
Contenu et interface – 8/10
L’interface du Blu-ray s’inspire des cadrans d’avion. C’est sympa, mais sans plus.
Côté Bonus, le bilan est très correct. On trouve un reportage sur le Making of et un autre sur les effets sonores du film. Enfin, vous découvrirez les dessous de la réalisation de ce film au travers de mini-films qui vous emmèneront en Californie et en Pologne pour y rencontrer les diverses équipes ayant travaillé sur le long métrage.
Faut-il acheter la version Blu-ray ?
Si vous n’êtes pas fan du travail de Mamoru Oshii, j’aurai tendance à vous conseiller d’aller voir ailleurs. Même pour un fan d’animation japonaise, ce film est d’une lecture difficile. Le propos et l’intrigue ne sont pas évidents. Seuls les accros iront jusqu’au bout. Ceux-là peuvent se pencher en revanche sur cette galette d’une qualité remarquable.
Caractéristiques Wild Side Video 2010 Format 1.78 :1 Réalisé par Mamoru Oshii