Accueil Informatique Acer Aspire S3 951 : Ultrabook, le renouveau de la mobilité

Acer Aspire S3 951 : Ultrabook, le renouveau de la mobilité

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    Avec des netbooks en voie de disparition et des tablettes toujours plus populaires, Intel a créé un concept pour rassembler les constructeurs autour d’un nouveau standard d’ultraportables abordables mais qui redéfinissent entièrement l’appellation. Acer a été le plus rapide et le S3 est le premier Ultrabook du marché.

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    Il faut bien l’avouer, ces dernières années la portabilité des ordinateurs avait été laissée un peu de côté. Autrefois limités par leur usage, les notebooks ont vu leur prix baisser fortement et leur puissance exploser. Résultat, un nombre croissant d’utilisateurs ont tout simplement remplacé leur encombrant ordinateur de bureau par un notebook. Autre conséquence de cette tendance, les diagonales sont de plus en plus élevées, la grande majorité des ordinateurs portables adoptant désormais des écrans de 15 pouces ou plus. Bien entendu, cette inflation n’a pas été sans conséquences sur l’encombrement des machines qui sont désormais plus transportables que portables. Le constat a été le même pour l’autonomie, souvent négligée puisque les ordinateurs ne sortaient quasiment pas de la maison. On ne parle même pas du design passé tout en bas du cahier des charges.

    Changer de cap

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    L’exception à la règle se trouvait chez Apple qui avec ses Powerbook puis les Macbook a maintenu un standard très élevé de design et de finition qui faisait de ses produits de loin les meilleurs portables du marché. Le fossé était tel que encore maintenant des Powerbook datant de près de 10 ans sont plus sexy que des machines actuelles. Certains constructeurs PC comme Sony avec ses Vaio étaient au dessus de la moyenne mais Apple gardait une nette longueur d’avance. Ajoutez à cela des tablettes toujours plus légères qui commencent à grignoter les parts de marché du PC et vous obtenez un terreau parfait pour un changement de paradigme dans l’univers de l’ordinateur portable.

    Il était une fois le Macbook Air

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    En 2008, la marque à la pomme, provoque un mini séisme avec son Macbook Air. Si les ultraportables n’étaient pas inconnus, ce modèle est le premier à pousser le concept aussi loin : une grande finesse, plus de lecteur optique et surtout de vrais composants permettant d’offrir des performances tout à fait correctes. Apple avait d’ailleurs travaillé avec Intel pour concevoir ce modèle. Du côté PC, on a bien tenté de réagir avec des ultra-portables mais qui étaient soit hors de prix, soit pas assez radicalement nomades pour plaire à une large audience. Au final et malgré quelques produits plutôt réussi comme les Timeline d’Acer, l’ultra-portable ne représente même pas 1% du marché.

    Le concept de l’Ultrabook

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    Avançons désormais au 31 mai de cette année. Intel annonce alors vouloir créer une nouvelle catégorie d’ordinateurs portables : les Ultrabooks. Pour bénéficier de cette appellation, ces ordinateurs devront répondre à plusieurs critères. Un tel ordinateur doit être fin avec moins de 20 mm d’épaisseur, léger avec moins de 1,4 Kg et offrir une bonne autonomie de 5 heures au minimum. D’autres règles sont aussi présentées comme la suppression du lecteur optique, un prix contenu (moins de 1000 euros) ou encore l’utilisation de disques basés sur de la mémoire Flash. Bien entendu, tous les adhérents du programme devront utiliser les derniers processeurs Intel Sandy Bridge CULV consommant peu d’énergie. Ces spécifications représentent la première phase du programme, les deux suivantes (prévues pour 2012 et 2013) conservent ces bases tout en rendant obligatoire le support de l’USB 3.0 et l’utilisation de nouveaux processeurs Intel. Le fondeur à toutefois mis les petits plats dans les grands en mettant pas moins de 300 millions de dollars sur la table pour aider les constructeurs. L’objectif d’Intel est ambitieux : faire que 40 % des ordinateurs portables vendus soient des Ultrabooks.S3_2.jpg

    Bien qu’ils résultent d’un certain bon sens qui est de produire des portables réellement nomades et qui existent déjà sans en avoir l’appellation chez Apple et Samsung (Série 9), les Ultrabooks constituent tout de même un grand changement de philosophie pour les constructeurs. Le design va par exemple évoluer pour devenir bien plus attractif. Même si cette première génération d’Ultrabooks affiche une ressemblance avec le Macbook Air, on commence à voir des modèles se détacher. Lenovo avec son U300S en est un bon exemple. Les contraintes de taille ont aussi un impact sur la finition puisqu’il est devenu difficile d’utiliser du plastique. En effet, la finesse des machines empêche l’installation de dissipateurs encombrants. La seule manière de gérer la chaleur est donc d’utiliser des châssis métalliques pour la dissiper. Conséquence directe, tous les modèles annoncés sont construits en aluminium et/ou en magnésium ce qui constitue un énorme progrès. Tous les modèles que nous avons vus pour le moment sont très séduisants et on ne peu qu’espérer qu’un tel niveau de finition subsiste.

    Une mémoire rapide pour un réveil instantané

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    Autre changement que nous apprécions beaucoup : une exigence de réactivité qui passe par une généralisation des SSD. Les disques à mémoire flash sont l’un des plus grands progrès de ces dernières années. Plus que des processeurs ou des cartes graphiques surpuissantes, ce nouveau type de mémoire apporte un confort inégalé. C’est bien simple, toutes les applications se lancent quasi-instantanément et la machine démarre en moins de 20 secondes. Malheureusement, le prix de ces SSD est encore élevé (autour de 150 euros le disque de 120 Go) et il faudra du temps pour qu’ils puissent rivaliser avec les disques durs classiques en termes de capacité. Certains constructeurs vont contourner en partie le problème en utilisant de la mémoire flash directement soudée sur la carte mère. Moins chère, cette solution n’est pas parfaite car seul le système d’exploitation y sera logé. Les autres applications seront donc moins réactives. Cela préserve en revanche le démarrage rapide et le réveil quasi instantané depuis le mode veille qui sont partie prenante de la spécification Ultrabook.

    Plus petit et plus grand

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    Bien qu’aucune taille d’écran ne soit imposée, il y a un consensus autour du 13,3 pouces dans un premier temps. On peut toutefois imaginer (et espérer) que des machines plus compactes (11,6 pouces) voient le jour par la suite, tout comme de plus grandes car un 15,6 pouces plus confortable mais réellement nomade fait sens aussi. Pour les composants, on ne verra pas de grandes différences entre les modèles. Quatre processeurs (deux Core i5 et deux Core i7) sont proposés mais ils sont tous relativement similaires. Ils embarquent deux cœurs et sont cadencés de 1,7 à 1,8 GHz (entre 2,7 et 2,9 GHz en mode turbo). A signaler qu’il s’agit de versions ultra basse consommation et que les performances n’équivalent pas un Core i standard de même nombre. Pour autant, c’est plus que suffisant. Sandy Bridge, oblige on trouve une partie graphique intégrée relativement performante. Le HD3000 est par exemple capable d’accélérer la lecture des vidéos HD et permet du jeu léger. Ajoutez à cela le SSD et vous obtenez des machines très performantes pour une utilisation bureautique et multimédia. Par contre, on évitera naturellement les activités très gourmandes type montage ou jeu vidéo.

    Ultrabook : pas si cher finalement

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    Reste le problème du prix, les Ultrabooks étant définitivement des machines haut de gamme. Pour l’instant nous sommes pourtant agréablement surpris. Les constructeurs jouent le jeu et proposent quasiment tous leurs modèles en dessous des 1000 euros avec même pour Acer un premier prix à 799 euros. Bien entendu, les machines les plus musclées (Core i7, gros SSD) pourront monter beaucoup plus haut, jusqu’à 1500 euros. Avec les ultrabooks, Intel pousse l’industrie dans la bonne direction en revenant au cœur de ce que devrait être un portable, soit un ordinateur sans compromis que l’on peut emporter partout. Même si le concept n’est pas tout a fait nouveau, l’influence du Macbook Air étant omniprésente, on ne peut qu’espérer que les consommateurs accrochent au concept. S3_7.jpg

    Avec le S3, Acer est le premier constructeur à dégainer un ultrabook « officiel ». Pas vraiment réputé pour le design et la finition haut de gamme malgré de gros progrès ces dernières années, Acer réussit néanmoins à proposer une machine très séduisante. Extérieurement, on ne peut s’empêcher de trouver à cet S3 un petit air de Macbook Air. C’est un défaut ou une qualité que l’on risque de retrouver chez la grande majorité des Ultrabooks de première génération. On espère tout de même que les fabricants personnaliseront un peu plus leurs machines par la suite. Ceci dit les S3 est vraiment réussi et attire l’œil à n’en point douter.

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    Il est très fin (17,5 mm) et bien entendu très léger (1,35 kg). Pour les matériaux, c’est un alliage d’aluminium et de magnésium qui a été retenu. Le résultat est léger et très agréable au toucher sans parler d’un évident sex apeal. On regrette par contre qu’Acer ait utilisé un chargeur classique triphasé quasiment plus imposant que l’ordinateur lui-même.

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    La connectique est dans la norme des ultra-portables, avec deux ports USB et une sortie HDMI. Assez étonnamment, les connecteurs sont regroupés sur l’arrière de la machine. Cette approche est néanmoins dictée par le bon sens car elle permet d’utiliser des connecteurs standards en évitant d’ajouter des parties mobiles sur les côtés. Cela limite aussi la possibilité d’arracher un câble ou un périphérique avec ses bras. Un lecteur de cartes SD est placé sur la tranche gauche de l’appareil. Il faudra le surveiller car les deux tiers de la carte dépassent lorsqu’elle est insérée.

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    Le confort en plus

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    L’ergonomie de la machine est bonne, le clavier chicklet étant grand et confortable. 13 pouces oblige, certaines touches comme les flèches sont un peu petites mais rien de bien gênant. On est toutefois un peu moins convaincu par la touche entrée coupée en deux qui pourra provoquer quelques erreurs de frappes. Le touchpad est lui un modèle de confort avec un touché agréable et une excellente précision. Tout juste pourra-t-on lui reprocher un placement un peu trop profond mais c’est un détail. Le choix d’une dalle brillante pour l’écran est plus regrettable. Le traitement antireflet est relativement efficace mais on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’une dalle mate aurait été bien plus indiquée pour une machine nomade.

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    Coté brillant mis à part, l’écran est satisfaisant, avec des couleurs justes et une bonne luminosité. Les charnières sont solides mais il faudra faire attention à ne pas forcer, l’écran s’ouvrant quasiment à 180 degrés. Le son produit par les deux minuscules haut-parleurs n’est pas très puissant mais il est propre ce qui est au final plus important vu que ce type de machine n’est pas destinée à sonoriser votre salon. A l’usage, on se surprend à ne plus éteindre le S3 car non seulement il tient une éternité en veille sans recharger mais surtout, il est disponible immédiatement (quelques secondes au plus). Et ça change tout. Tout comme pour une tablette, on n’hésite plus à y avoir recours pour vérifier par exemple une information sur le Web.

    La puissance au rendez-vous

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    Le S3 sera disponible en plusieurs versions avec des processeurs plus ou moins puissants (Core i5 ou i7) et surtout dotées ou non d’un SSD. Nous avons testé la déclinaison la plus puissante qui fait appel à un SSD de 240 Go. Les modèles embarquant un disque classique de 500 Go seront toutefois accompagnés d’une mémoire directement soudée sur la carte mère. D’une capacité de 20 Go, elle n’accueille que le système d’exploitation. De cette façon, on conserve un démarrage et une sortie de veille extrêmement rapides (17 et 2 secondes respectivement) tout en conservant une grande capacité de stockage. Malheureusement les applications non installées sur le SSD seront plus lentes à lancer. Pour autant, on pourra largement s’en satisfaire. Le modèle en Core i5 avec un disque dur à 799 euros sera le choix de la raison.

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    Le SSD embarqué sur les autres déclinaisons du S3 est un modèle de 240 Go, une capacité élevée très rarement vue à ce jour sur des portables. Capacité qui se paye toutefois au prix fort, le surcoût étant de 400 euros. Notre modèle de test embarquait un Intel Core i7-2637M, un double cœur cadencé à 1,7 GHz (2,8 en mode Turbo). Accompagné de 4 Go de mémoire vive, ce dernier (tout comme les Core i5 sur les modèles moins onéreux) est amplement suffisant pour toutes les activités bureautiques et multimédia à l’exception des tâches les plus gourmandes (montage HD, jeu lourd). Dans l’ensemble, les performances sont excellentes et l’expérience utilisateur encore meilleure grâce au SSD. On termine avec l’autonomie, qui correspond elle aussi à ce que nous attendions de ce S3. Avec cinq heures en lecture vidéo, ce portable sera parfaitement capable de tenir une journée. Autre point sensible en particulier si vous utilisez votre portable sur les genoux, la température est bien dissipée et le S3 ne chauffe pas beaucoup même après plusieurs heures d’utilisation.

    Acer S3 Ultrabook : nous sommes conquis

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    Après avoir testé le Samsung Série 9 il y a quelques mois, on avait vraiment envie de voir arriver ce type de machine mobile, puissante, désirable et autonome à des prix un peu plus grand public. Notre souhait est désormais exaucé puisque ce premier Ultrabook remplit parfaitement son contrat et ce dès le premier prix à 799 euros. Quelques petits défauts subsistent mais c’est peu de chose. Plus que les performances de premier ordre au demeurant, c’est le bon qualitatif qui impressionne. Pour la première fois depuis des années, l’univers PC est enfin en mesure d’offrir des ordinateurs aussi séduisants que ceux d’Apple, voire plus. Certes à 800 euros minimum, le S3 n’est pas donné non plus mais il les vaut largement. Ajoutez à cela une concurrence qui arrive et vous obtenez un monde du PC portable qui reprend enfin des couleurs.

    Caractéristiques
    – Ecran : 13,3 pouces (1366 x 768)
    – Processeur : Intel Core I7-2637M 1,7 GHz
    – Mémoire : 4 Go
    – Puce graphique : Intel HD3000
    – Disque dur : SSD 240 Go
    – WiFi n Bluetooth 4.0
    – Dimensions : 323 x 218 x 17,5 mm
    – Poids : 1,35 kg

    Mesures
    – Autonomie : 315 min
    – PCMark Vantage : 10868
    – 3DMark Vantage : 1531

    Prix : 1400 euros