| [ Mercredi 7 novembre 2007 ] | par Jean-Pierre Roche |
| Prix en boutique (hors frais de port) | ||
| Systèmes dynamiques : Une introduction | Amazon.fr | 26.12 € |

Si les compacts ont longtemps été le seul moyen d'accéder à la photographie numérique pour la plupart des amateurs, la baisse de prix des reflex a désormais scindé le marché en deux. Pour les amateurs exigeants, le choix du reflex est largement majoritaire tandis que le compact est devenu une sorte de bloc-notes numérique pourvu de tous les automatismes imaginables afin de répondre au mieux au désir d'obtenir de bonnes images avec le minimum de considérations techniques. Un produit délibérément tourné vers le très grand public… La réduction de taille et la disparition de plus en plus fréquente des modes manuels ou semi-automatiques le montrent clairement.
La haute résolution : pour quel usage ?
Soyons réalistes : les écrans offrant une résolution supérieure à 2 Mpixels sont fort rares et la plupart des tirages effectués par les amateurs tournent autour du format "carte postale" (10x15 cm ou approchant) où cette définition suffit. Même si l’on envisage des tirages de taille supérieure, on peut estimer que cinq à six mégapixels suffisent à pratiquement tous les besoins réels. Pour les fines bouches, on peut aller jusqu'à huit mégapixels - pour recadrer un peu par exemple - mais au-delà, on tombe dans des résolutions qui ne seront pratiquement jamais exploitées (pour autant qu'elles ne soient pas purement théoriques). Sauf naturellement dans les cas très particuliers qu'on peut toujours dénicher. Mais, comme toujours, aller au-delà du raisonnable présente des inconvénients plus sûrement rencontrés que les avantages hypothétiques. Surtout que les compacts sont souvent employés pour la prise de vue sur le vif, sans grand souci des règles pouvant permettre d'obtenir une haute résolution effective…
Des pixels sous haute surveillance…
![]()
Le choix de la résolution très élevée de 12 Mpixels, comparable à celle d'un reflex haut de gamme, amène d'importantes contraintes dans la réalisation d'un compact. Tout d'abord, il est hors de question d'utiliser un tout petit capteur mais même avec un capteur un peu plus gros (1/1.5 à 1/1.8" typiquement), exploiter une telle résolution devient très difficile en raison d'un phénomène physique incontournable lié à la nature même de la lumière, la diffraction. En simplifiant beaucoup, la limite de résolution est d'autant plus basse que le trou par lequel passe la lumière est petit. Dans la pratique, on obtient une résolution élevée avec des optiques à grande ouverture : toute fermeture du diaphragme (trou plus petit) se traduit par une baisse de la netteté. La chose est bien connue en photographie professionnelle mais c'est la première fois qu'elle intervient de façon aussi importante dans le domaine de la photo grand public. La conséquence est qu'on ne peut pas utiliser de diaphragme relativement fermé sur un compact 12 Mpixels. Aussi, pour pouvoir contrôler la lumière et photographier aussi bien sous forte luminosité qu'avec une luminosité très faible, les constructeurs ont souvent choisi la solution du filtre gris neutre qui se met en service ou non suivant la luminosité ambiante.

L'utilisateur peut avoir l'impression de disposer de deux diaphragmes (pleine ouverture ou relativement fermé, typiquement f/8) mais on n'a pas les avantages d'un véritable diaphragme. La profondeur de champ reste ainsi inchangée quelle que soit la valeur choisie ! Lorsque le constructeur a néanmoins opté pour la solution du diaphragme traditionnel, l'utilisateur doit prendre garde à ne pas trop le fermer sous peine de dégradation des performances… Malheureusement ces points ne sont généralement pas expliqués dans les modes d'emploi qui ne donnent pas d'informations précises sur le fonctionnement de l'appareil et assènent même parfois des contre-vérités ! Mais surtout ces considérations sont déplacées sur un compact sensé être simple d’utilisation. Et puis, il y a le bruit en haute sensibilité. En multipliant les pixels sur une surface de capteur réduite, la propension au bruit augmente naturellement. Alors certes le traitement numérique peut le réduire mais à électronique égale, un 8 Mpixels sera le plus souvent moins bruité en haute sensibilité qu’un 12.
Rester raisonnable ?
Le toujours plus nous semble avoir atteint les limites du raisonnable en ce qui concerne les compacts numériques. L'amélioration de la qualité des photos réalisées ne passe manifestement pas par l'augmentation du nombre de pixels ! Pour le grand public, elle se trouvera plus surement dans l'amélioration du fonctionnement des automatismes – déjà souvent très performants sur les modèles actuels – et pour la frange d'utilisateurs exigeants par celle des optiques et la sensibilité des capteurs. Du point de vue pratique, les 12 Mpixels nous paraissent n'apporter que bien peu en termes de performances, tout en ayant l'inconvénient de produire des fichiers encombrants à la fois pour leur conservation et pour leur éventuel envoi par voie électronique : il faudra le plus souvent réduire leur taille… Dès lors, pourquoi s'encombrer ainsi ?
| Canon Ixus 960IS : Très performant… | > |







