Audio haute résolution : mieux en numérique

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En tant qu’audiophile exigeant, il n’y a plus aucune raison de mépriser le numérique et le dématérialisé, comme en atteste cet article. Désormais, il existe des fichiers sources de meilleure qualité que le CD, des appareils pour les écouter sans les dégrader et aussi des casques pour les restituer dignement.

Ouverture-02.jpgDans l’audio, un constat s’impose : la qualité de restitution est revenue au centre des débats. Les audiophiles, voire le grand public intéressé, sont prêts à investir dans leur passion. Ce constat vaut aussi bien pour l’audio résidentiel que nomade. Pour la maison, la chaîne stéréo dédiée haut de gamme se vend très bien et s’ouvre peu à peu à la musique dématérialisée. De son côté, le son nomade bénéficie de casques haut de gamme que le public plébiscite tout autant. On assiste même à une réelle percée des appareils d’élite comme les préamplificateurs, les casques à plus de 500 euros ou encore les enceintes Hi-Fi hors de prix. Sauf qu’en même temps, la désaffection des supports physiques est tout aussi marquante, exception faite des nostalgiques qui achètent plus de vinyles que jamais. Dans le salon, la situation est moins dramatique car il est toujours possible d’acheter des CD mais en même temps, un lecteur Hi-Fi de qualité vaut très cher et ne sera pas à même d’améliorer une qualité somme toute limitée avec du 16 Bits / 44 KHz antédiluvien à l’échelle du numérique. Il y a bien une tentative avec le Blu-ray Pure Audio présenté en grande pompe par la Blu-ray Disc Association mais l’on doute que l’audiophile envisagera sérieusement d’utiliser son lecteur Blu-ray. Si de plus en plus de sites de vente proposent de la musique haute définition, le français Qobuz en tête, il est en revanche plus compliqué de les restituer. Cependant un smartphone de qualité en audio (et il en existe) associé à un bon casque peuvent faire l’affaire. Une solution qui sera toutefois impensable pour l’audiophile accompli qui investit dans sa passion. Bonne nouvelle pour lui, il existe désormais des lecteurs audio numériques et des convertisseurs qui relèguent au rang de jouet n’importe quel lecteur de CD, aussi haut de gamme soit-il. Mauvaise nouvelle, les prix sont astronomiques. Et si on est prêt à investir en nomade, il est possible de trouver un baladeur et un casque intraauriculaire qui ridiculisent des chaînes audiophiles Hi-Fi. Pour tout savoir sur ce sujet et rêver un peu, il ne vous reste plus qu’à lire ce dossier !

Abolir le MP3

Si en résidentiel des solutions décentes pour l’écoute Hi-Fi existent, la situation est toute autre pour le nomade. Là, il est sûr que tout support physique est définitivement banni et pour alimenter un casque à 1 000 euros, il faudra se contenter du MP3 et d’un convertisseur de smartphone, une aberration en soi ! Il est donc impératif que l’audiophile nomade puisse disposer de sources numériques de qualité ainsi que de l’appareil capable de les convertir dignement en analogique. À la fois à la maison pour la chaîne Hi-Fi et surtout pour le casque nomade, il était donc grand temps que cela change et que le dématérialisé soit à la hauteur de ce qu’il est aujourd’hui possible de faire en matière de qualité. En effet, le numérique est en mesure de faire mieux que tous les supports d’enregistrement qui ont existé jusqu’à lors, tout simplement parce qu’il n’est limité par aucun support physique. Pour autant, nul besoin d’aller plus loin que ce qui existe déjà, les fichiers sans perte DSD initiés par le Super SACD offrent une qualité largement au-delà de ce que l’oreille humaine est capable de percevoir, du moins objectivement, car subjectivement c’est un autre débat…

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Sony a introduit un label du même nom mais aucune norme ne définit la frontière avec l’audio haute définition. Pour nous, il ne fait aucun sens d’attribuer un tel label à un appareil de restitution. En revanche, la définition s’accorde parfaitement au fichier source. On peut déjà écarter tout format qui effectue une compression destructive comme le MP3. En revanche si elle n’entame pas les informations, la compression ne pose pas de problème. Comme la norme « standard » en musique est le CD depuis très longtemps et que cela correspond à du 16 Bits / 44 kHz, on peut estimer que tout ce qui est au-dessus devient de la haute définition. Attention, si le gain en qualité sonore est audible, cela ne se justifie que si la prise son originale a été faite dans des conditions au moins équivalentes. Réaliser un fichier 24 / 96 à partir d’un master sur CD ne fait aucun sens pour le coup…

Ils existent !

Quels types de fichiers sont à la disposition des éditeurs et des sites de vente en ligne aujourd’hui ? C’est la première interrogation. Le DSD issu du SACD développé par Sony et Philips dans les années 90 est le plus qualitatif et aussi le plus simple à convertir en analogique dans la meilleure qualité. Contrairement aux autres formats, c’est une technologie 1 Bit avec un débit allant jusqu’à 5,6 Mbits/s. Cela correspond à du 20 Bits / 176 kHz sauf que cette équivalence n’a pas grande valeur pour la restitution comme nous le verrons. En fichier classique sans perte, on peut désormais monter à 24 Bits / 192 KHz en utilisant un format comme le FLAC. Cela ne veut pas dire que le son n’est pas compressé mais il l’est sans perte, soit sans altérer la qualité par l’acceptation d’une perte d’information. Le FLAC n’est pas le seul format qui peut désormais digérer cette qualité, le WAV et le WMA chez Microsoft tout comme le AIFF et le ALAC / Apple Lossless chez la pomme en sont capables aussi. Ensuite, c’est une question d‘efficacité par rapport à la taille de fichier et de ce point de vue, le FLAC est bien placé. Toujours est-il que les formats et les fichiers existent, reste à les trouver puis à les lire. De ce point de vue, le 192 kHz demeure l’exception mais le 96 kHz devient commun. Reste à savoir si la différence est audible…

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Qobuz pionnier

Les services qui vendent de la musique numérique tardent à se mettre à la haute résolution. C’est le français Qobuz qui est précurseur dans le domaine avec un nombre d’enregistrements haute définition qui ne cesse de croître sous l’appellation Studio Masters. Car à ce stade, il faut aussi préciser que si le master n’est disponible qu’en 16 Bits / 44 KHz, soir la qualité CD, il ne sert à rien d’en faire un fichier 24 Bits / 192 KHz. Soit on repart de l’enregistrement original si la qualité est suffisante, soit il s’agit d’un nouvel enregistrement. Toujours est-il que Qobuz propose de nombreux enregistrements en 24 Bits / 96 KHz et quelques-uns en 192 KHz. Lors du téléchargement, on peut choisir le fichier entre WAV, WMA, FLAC, AIFF et ALAC. Pour l’heure, pas de DSD cependant. Aucun site ne le commercialise en France, il faut aller voir aux États-Unis et au Japon mais avec une adresse IP française, on vous refusera l’achat en raison des droits ! iTunes – pourtant à l’origine de la toute première offre de téléchargement audio légale à succès – traîne la patte, même si désormais il y a le label Mastered for iTunes qui propose un enregistrement à partir du master original et non plus du CD mais comme derrière il s’agit toujours d’un fichier AAC 256 Kbits… Gageons cependant qu’avec l’apparition d’appareils audio haute définition, les politiques des sites de musique vont évoluer. Car vous vous en doutez, en téléchargement illégal, le FLAC 44 ou 96 KHz est déjà devenu un standard !

Qobuz.jpgEn attendant de trouver des DSD en vente légalement en France, il y a donc déjà pas mal de contenu disponible sur Qobuz en très belle qualité. Reste à trouver un appareil en mesure de les lire et surtout de les restituer en analogique. C’est plus compliqué qu’il n’y parait car par exemple, la liaison filaire de type optique ne permet pas de passer du son au-delà du 16 Bits / 44 KHz qualité CD. Pour une chaîne audio, la seule solution résidentielle est d’opter pour un lecteur audio numérique haute résolution. Le constructeur le plus avancé en la matière, c’est Sony qui propose pour 800 euros un amplificateur UDA-1 capable de lire les formats jusqu’au DSD 5,6 Mbits et FLAC 24 / 192 émanant d’un ordinateur relié en USB. Le HAP-S1 y ajoute un disque dur de 500 Go, un écran couleur et une connexion réseau. Si vous avez déjà une chaîne Hi-Fi, tout cela ne sera pas d’une grande aide car vous ne voudrez qu’un simple lecteur. Il existe chez Sony avec un disque dur de 1 To. La sortie analogique permet de relier le HAP-Z1ES à un amplificateur quel qu’il soit. Certes, ce lecteur mastérise en DSD et offre une qualité de conversion analogique ultime mais il vaut quand même un peu cher à 2 000 euros !

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Moins onéreux

Il est possible de faire plus simple et moins cher en utilisant les nouveaux convertisseurs DAC de Korg. Le modèle résidentiel DAC-100 permet de relier un ordinateur portable à une chaine audio. Ainsi, vous stockez les fichiers haute définition sur l’ordinateur. Le Korg intègre le meilleur convertisseur DAC du marché, à savoir un Cirrus Logic 4398. Il sera donc relié en analogique à l’amplificateur de la chaîne audio ou à un casque directement. De plus, il est en mesure d’optimiser la qualité des fichiers classiques et de lire les DSD 5,6 Mbits. Pour la lecture, on passe d’ailleurs par un logiciel gratuit (uniquement sous Windows pour l’heure). La bonne nouvelle, c’est que son prix est presque démocratique à 500 euros. Pour écouter au casque ailleurs que chez soi, le modèle DAC-100m à 300 euros offre la même qualité en plus petit.

Baladeur dédié

Reste à trouver de solutions nomades car c’est là que réside le véritable enjeu pour écouter au casque où que l’on soit. Sachez déjà que nombre de smartphones haut de gamme sont capables de restituer des fichiers en 24 bits / 96 KHz. On peut citer par exemple le HTC One et le LG G2. Si le premier est satisfaisant, le G2 sonne un peu comme une crécelle. C’est Apple qui propose ce qui se fait de mieux sur l’iPhone 5S qui intègre un DAC Cirrus Logic déjà très correct. Il suffit ensuite de télécharger un lecteur audio sur iTunes – comme Golden Ear par exemple – qui est en mesure de lire des FLAC 24/96. Le résultat se laisse entendre sur un casque très haut de gamme comme nous le verrons dans un test audio prochainement. De plus, Sony a annoncé le baladeur ZX1 à 700 euros qui sera en mesure de lire tout jusqu’au DSD et qui promet une très belle qualité. En attendant, la seule solution réellement nomade est à chercher chez Astell&Kern, la marque élitiste d’iRiver. Leurs baladeur AK100 et AK120 vendus respectivement 700 et 1 300 euros sont en mesure de lire tous les fichiers jusqu’au DSD. Ce dernier format est cependant transcodé. Pour une lecture native, il faut investir dans l’AK240 à 2 500 euros !

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Un casque adéquat

Reste à produire le son. Pour une chaîne Hi-Fi alimentée en analogique par une des solutions précitées, pas de problème, il suffit d’opter pour des enceintes de qualité. Pour un casque de salon, il faut mettre le prix mais un Sennheiser HD 700 à 700 euros fera l’affaire même si rien n’interdit de passer chez Stax avec des prix jusqu’à 6 500 euros pour le meilleur modèle électrostatique et son préamplificateur. En revanche, un casque réellement nomade qui rende justice aux fichiers haute définition est déjà bien plus difficile à trouver. Le seul vraiment léger et fermé qui soit envisageable à un prix encore décent, c’est l’Audio-Technica ATHESW11 LTD à 700 euros. Mais il existe bien moins encombrant et au niveau des meilleurs casques ouverts du marché, ce sont les intraauriculaires Piano Forte de Final Audio. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il s’agit d’écouteurs ouverts sur le principe du flux d’air forcé. Si les prix démarrent à 1 400 euros, nous avons eu la chance de tester le modèle laiton plaqué or Piano Forte X qui vaut 3 000 euros.

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DAC ? Kesako ?

DAC ou Digital to Analog Converter désigne un processeur ou un appareil qui convertit une information audio numérique en analogique pour alimenter un casque ou un amplificateur qui a son tour va transmettre le signal analogique aux enceintes. Un DAC accepte une qualité maximale en entrée et cela va en général de 16 Bits / 48 kHz à 24 Bits / 192 kHz. Il tombe sous le sens que le DAC est une pièce maîtresse de toute installation audio qui part d’un fichier numérique. Déjà s’il est limité en entrée à la qualité CD, rien ne sert de l’alimenter avec du 24 / 96 par exemple. Ensuite, les écarts de qualité sont immenses à capacité d’échantillonnage égale. Souvent dans une chaine audio, plusieurs appareils sont en mesure de convertir et il faut alors choisir le meilleur. Typiquement, le lecteur de CD peut transmettre à l’amplificateur en numérique et c’est alors ce dernier qui convertit. La conversion peut aussi être faite par le lecteur qui utilise alors la sortie analogique. Dans ce cas, ne pas oublier de passer l’amplificateur en mode direct pour éviter toute perturbation du signal analogique dans le processus d’amplification. Un DAC de qualité peut produire un son plus détaillé et aussi plus étendu dans le spectre mais pour que cela parvienne à vos oreilles, les enceintes ou le casque doivent aussi être en mesure de le restituer.

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Qualité numérique

Pour occuper moins d’espace de stockage, la plupart des fichiers audio sont compressés. Il y a une distinction à établir entre les formats à perte qui ne transmettent pas toutes les informations comme le MP3 et ceux sans perte. Pour ces derniers, il n’y aura théoriquement pas de différence sur la qualité, c’est juste une question de poids de fichier et de puissance de calcul nécessaire au décodage. En formats sans perte, on peut citer les FLAC, WMA, ALAC et AIFF qui sont les plus connus. L’autre critère de qualité réside dans la définition. On parle de Bits et de KHz. Les Bits indiquent la précision de restitution pour l’amplitude sonore. Plus la valeur est grande, plus nombreuses sont les informations traitées et meilleure sera la qualité en théorie. Actuellement, cela va essentiellement du 16 au 24 Bits. Les KHz indiquent la fréquence maximale de restitution dans perte du signal d’origine. Si en 24 Bits / 96 kHz, on est déjà en théorie au-dessus de ce que l’oreille est capable d’entendre, il fait tout de même sens d’aller plus loin car un autre paramètre entre en ligne de compte, la stabilité sur la durée de lecture car le décodage audio n’est un procédé statique. Le DSD est un format de fichier issu du SACD de Sony. Il fonctionne différemment avec un traitement en 1 Bit. On parle alors de débit qui est au maximum de 5,6 Mbps. En chiffres purs, la qualité est théoriquement inférieure au 24 Bits / 192 kHz mais les experts s’accordent à dire que la stabilité du DSD dans le processus de décodage en font le format le plus qualitatif actuellement existant. Assez logiquement, les DSD pèsent très lourd, environ 250 Mo pour trois minutes à la meilleure qualité contre 70 Mo pour du FLAC 24 / 96.

Schema_des_courbes.jpgPour les tests, nous avons utilisé la configuration suivante : un amplificateur Yamaha RX-A3010 et des enceintes colonnes Klipsch Reference RF83, du sérieux donc. En lecteur de CD, nous avions le Yamaha A-S700. L’ensemble est homogène et cette association assure une belle musicalité et une grande dynamique, sans pour autant être typée ou délirante en termes de prix. Pour la musique numérique, nous avons utilisé une Squeezebox Touch de Logitech donc le convertisseur est capable d’avaler du 192 KHz / 24 Bits et de le restituer de manière correcte en analogique. Nous avons ensuite connecté les lecteurs testés par les entrées audio analogiques sur l’amplificateur en mode Pure Direct. Il s’agit donc du lecteur réseau Sony HAP-Z1ES, du convertisseur USB Korg DAC-100 et du baladeur Astell&Kern AK120. Ensuite, nous avons connecté en direct le casque Final Audio Piano Forte X sur ces mêmes appareils, ainsi que sur un iPhone 5S muni du lecteur Golden Ear pour comparer.

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En qualité CD

Pour commencer, nous avons pris des fichiers qualité CD FLAC 16 Bits / 44 kHz : classique, opéra, vocal, blues, pop/rock… Nous disposions d’une partie également sur CD. Systématiquement, nous avons commencé par la Squeezebox, pour passer ensuite au CD, puis au baladeur Astell&Kern AK120, au convertisseur Korg DAC-100 et enfin au lecteur Sony. La surprise a été de taille. Très honnêtement, nous ne nous attendions pas à entendre de différences majeures. Déjà à chaque fois, le CD sur le lecteur Yamaha était un cran au-dessus de la Squeezebox, avec plus de dynamique et plus d’aération. Sur le baladeur Astell&Kern pourtant très onéreux, la différence n’est pas flagrante par rapport au CD. En revanche, un nouveau cap est franchi en passant sur le Korg avec bien plus de présence, un effet stéréo plus enveloppant et aussi davantage de détails. On atteint l’apogée avec le Sony. Certes il vaut une fortune mais le résultat est impressionnant d’aisance, d’ouverture et de richesse. Donc du coup, nous avons repris quelques morceaux numériques 16 Bits / 44 kHz très éclectiques comme de l’opéra avec Norma, du classique avec le requiem de Mozart, de la chanson avec Joyce Jonathan, de l’électro avec Avicii et nous avons comparé en basculant de l’un à l’autre avec la Squeezebox et le Sony. Dans tous les cas, la différence est incroyable. Quel que soit le style de musique, le Sony propose une écoute enthousiasmante là où la Squeezebox est fade. En comparant la qualité CD à du MP3 192, la différence est flagrante sur tous les appareils, surtout au niveau de la dynamique. Le Sony améliore toujours nettement mais ne peut pas faire de miracles non plus.

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De mieux en mieux

De là, nous sommes passés à des enregistrements initialement en 24 Bits / 96 kHz, puis 24 / 192 kHz et enfin DSD. Le schéma reste le même mais l’écart ne se creuse pas vraiment entre les appareils. Enfin, tout dépend de l’enregistrement et cela varie d’aucune différence par rapport au 16 /44 qualité CD à grosse différence qui s’accentue en allant vers les appareils plus onéreux. Cela prouve déjà une chose, si la prise de son n’a pas été faite dans des conditions suffisamment qualitatives pour justifier un fichier haute qualité derrière, cela ne sert à rien. Sur les rares morceaux que nous avons trouvés à la fois en 96 et en 192 KHz, pas de différence audible entre les deux, même sur le lecteur Sony. En revanche un très bon enregistrement 96 KHz comme Renée Flemming Gulty Pleasures disponible sur Qobuz creuse l’écart entre les supports de lecture. Le Korg et le Sony sont alors dans une ligue à part, même si le baladeur Astell&Kern se débrouille très bien. Et c’est somme toute logique puisque les deux font un upmix vers le DSD, le Sony via son propre DSP, le Korg grâce à la puissance du PC connecté. Un enregistrement live de Peter Gabriel nous a tout autant impressionnés. Enfin, en DSD nous n’avions qu’un enregistrement réellement qualitatif, un concerto pour violon de Haydn. Le Sony et le Korg en font un régal pour les oreilles et c’est moins percutant sur le baladeur Astell&Kern qui convertit le DSD.

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Au casque

Nous avons tout recommencé ensuite en branchant le casque Final Audio Piano Forte X sur tous les appareils en comparaison avec l’iPhone 5S. Plus que de la résolution numérique, c’est de la qualité d’enregistrement que tout dépend. Sur certains enregistrements (en 16 /44 ou 24 / 96, voire 24 / 192), il n’y a pas une grande différence entre l’iPhone 5S, le baladeur Astell&Kern et même le Korg ou le Sony. En revanche sur d’autres qui ont bénéficié d’une prise de son soignée, c’est plus qu’impressionnant. Le casque restitue avec une grande ouverture, aération et précision, sans parler d’un positionnement qui fait penser à une salle de concert. Nous avons ensuite refait les mêmes tests avec un excellent casque nomade fermé, l’Audio Technica ATH ESX11 Limited à 700 euros. La différence est moins flagrante même si elle est perceptible. Cela justifie-t-il le passage de l’iPhone 5S au Astell&Kern ? Pas vraiment. En revanche, un tel casque mérite un smartphone de qualité et en dehors de l’iPhone 5S et du HTC One, ce n’est guère fabuleux. Par exemple, nous avons essayé sur un S4 de Samsung et la différence avec l’Astell&Kern est alors vraiment flagrante.

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Hi-Res, oui ou non ?

Au final, que peut-on en conclure ? Déjà que passer à du son en haute résolution fait sens quand on dispose d’un matériel conséquent, soit une chaîne Hi-Fi digne de ce nom ou un casque de qualité. En général, le simple fait de passer du MP3 à du FLAC 16 / 44 qualité CD change déjà grandement la donne. Aller au-delà fait sens aussi dès que le matériel l’exige sur un chaîne haut de gamme équipé du lecteur Sony ou d’un notebook avec le DAC Korg. Mais c’est surtout la qualité de la prise de son originale qui détermine si le passage à du 24 / 96, voire plus, apporte quelque chose. Cela va, de rien à beaucoup.Vous êtes audiophile. Vous voulez passer au numérique mais pas au MP3. Voici nos recommandations.

Le salon

Commençons par le salon. Déjà, on peut déplorer le peu de lecteurs audio de qualité disponibles sur le marché. Ne nous voilons pas la face, un lecteur réseau numérique de qualité pour la chaîne Hi-Fi devrait se négocier aux alentours de 500 euros maximum, le prix du convertisseur DAC Cirrus Logic à mettre dedans est de 10 dollars et c’est le meilleur ! Alors certes, on peut bricoler en connectant un DAC externe entre le lecteur et l’amplificateur mais ce n’est pas très satisfaisant. Espérons que Sony sorte une déclinaison plus abordable du HAP-Z1ES. À 2 000 euros, il est hors de prix mais si vous avez une chaîne audio Hi- Fi qui vaut avec les enceintes plus du double, c’est vraiment un investissement à considérer. C’est pour l’heure ce que nous avons écouté de plus enthousiasmant tous lecteurs et supports confondus. Son utilisation est simplissime et le son délivré relègue au rang de jouet tout lecteur CD quel que soit son prix.

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Si vous avez une chaîne de qualité mais pas 2 000 euros, alimenter la chaîne par un notebook et le Korg DAC-100 est une très bonne solution. On s’approche de la qualité du Sony pour un prix acceptable de 500 euros. Évidemment, il faut que le notebook soit près de la chaîne qui doit être connecté physiquement au DAC mais ça vaut le coup. Il est également possible de considérer le lecteur Yamaha CD-N500 qui combine le CD au réseau avec déjà une très belle restitution pour 500 euros.

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En nomade

Si vous investissez dans un casque haut de gamme, il faut l’alimenter dignement. Au minimum, on vous conseille un iPhone 5S et un lecteur de type Golden Ear avec des fichiers FLAC 16 /44. Oubliez iTunes et la musique en streaming en général. Sous Android, le HTC One est un bon choix aussi, à la rigueur le Note 3 de Samsung. Passer à un baladeur comme l’Astell & Kern fait sens si vous êtes vraiment mélomane et que votre casque vaut cher aussi. À partir de 1 000 euros, c’est obligatoire en attendant le baladeur Sony équipé du DAC Cirrus Logic et annoncé à 700 euros.

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Quant au casque en lui-même, à partir du moment où vous passez à des morceaux en 16 /44 FLAC ou mieux sur un smartphone performant, il n’est pas ridicule d’envisager l’Audio Technica ATH ESW11 LTD à 800 euros. Quant au Piano Forte qui va de 1 700 à 3 000 euros, c’est une expérience en soi. C’est le seul casque nomade à rivaliser avec des enceintes Hi-Fi colonnes haut de gamme, voire avec une salle de concert. Si vous êtes vraiment audiophile, pourquoi pas, certains investissent 10 à 100 fois ce montant dans une voiture qui au final ne vous emmène pas plus vite d’un endroit A à un endroit B !

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En musique

Si vous êtes mélomane et que vous avez une chaîne Hi-Fi ou un casque digne de ce nom, fuyez le MP3 ! Peut-être pas toujours mais au moins quand vous voulez vous faire plaisir. Sans aller jusqu’à la qualité ultime du DSD, déjà passer au FLAC en 16 / 44 change la donne et à fortiori chez Qobuz en 24 / 96 si la prise de son est au niveau. Et ce sera de plus en plus le cas pour les enregistrements actuels. Après, cela n’est vraiment rentable que s’il n’y a pas de maillon faible dans votre chaîne de diffusion, ce qui nous ramène à la problématique du matériel.

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