[ par Jean-Pierre Roche
Bridges, le triomphe du gros zoom
   
Le bridge revient dans la course grâce à des zooms extrêmes. Il promet de pouvoir tout photographier, aussi bien le monument devant lequel on n’a aucun recul que l’oiseau sur sa branche, un lointain détail ou une action sportive dont on ne peut s'approcher. Est-il possible de tenir cette promesse avec un objectif unique ou vaut-il mieux passer au reflex ou à l’hybride ?
Utilisant des éléments de base similaires à ceux d’un compact mais doté d’un viseur électronique et d’un zoom surpuissant, le bridge est évidemment tentant. Avec un aspect proche d’un reflex, il semble offrir des prestations similaires voire meilleures pour un prix très raisonnable, un encombrement et un poids beaucoup plus réduits. Il faut naturellement ne pas se laisser bercer par cette illusion. Le capteur est le même que celui des compacts avec ses limites connues, en particulier une baisse des performances dès que l’on monte en sensibilité. De plus, le viseur électronique est d’une qualité généralement très moyenne et la réactivité de l’appareil très éloignée de celle d’un reflex. Ces limites seront vite un obstacle à certaines prises de vue, limitant le champ d’emploi d’un bridge. En revanche, disposer d’un appareil de ce genre reste séduisant pourvu que l’on ne recherche ni les conditions de prise de vue difficiles, ni la qualité d’image extrême.

Du très grand angle au super téléobjectif



Si la motivation d’achat prioritaire d’un bridge est souvent de disposer d’un téléobjectif très puissant, la plupart des modèles offrent aussi un grand angle avec la focale équivalente classique de 28 mm ou même un très grand angle de 25 ou 24 mm. Une caractéristique qui se révèlera vite indispensable pour certaines prises de vue, le manque de recul étant fréquent ! Du coté du téléobjectif, on dépasse fréquemment les 800 mm en équivalent ce qui est évidemment difficilement accessible avec un reflex, sauf en acceptant un investissement et des contraintes importants. Soyons néanmoins réaliste. La qualité d’image à ces focales extrêmes baisse assez sensiblement en général et les difficultés de prise de vue augmentent. En effet, malgré la stabilisation généralisée, le risque de bougé est important et la nécessité d’une mise au point précise permanente. Dans la pratique et particulièrement sur les sujets en mouvement, il faut donc s’attendre à un déchet important, de nombreuses images étant floues. De l’entraînement sera nécessaire pour améliorer ses résultats… Restent aussi les limites inhérentes au bridge avec une qualité d’image moyenne et un manque de réactivité. Si on n’est pas trop exigeant, il est possible de s’en accommoder, surtout en songeant au prix d’un équipement reflex dans ces focales. Il sera également souhaitable de se faire une idée de ce que signifient en pratique ces très longues focales. Impossible de photographier un petit oiseau à 50 mètres, même avec un 800 mm. La distance de prise de vue idéale sera plutôt de cinq mètres !

Viseur électronique et écran au choix



Par rapport à un compact, le bridge a l’avantage d’offrir un viseur électronique beaucoup mieux adapté à l’utilisation de longues focales, l’appareil étant calé contre votre tête et non tenu à bout de bras. C’est vrai à la fois pour la visée et pour la stabilité. Il est également plus aisé de viser en forte lumière même si les écrans ont fait des progrès. Les inconvénients de la visée électronique tiennent à la définition et à la dynamique limitée de l’électronique utilisée, surtout dans cette gamme de prix. Il s’y ajoute une latence non négligeable. Reste que vous avez le choix entre visée électronique et visée sur écran soit par une touche soit par un système automatique qui détecte quand vous portez l’appareil à l’œil. Du coté des écrans, de nombreux modèles sont orientables ou inclinables ce qui augmente sensiblement l’agrément d’usage pour certaines prises de vue, dont la vidéo.

Avancées technologiques



Avec les avancées technologiques touchant à la fois les capteurs (désormais souvent des CMOS BSI, plus performants que les CCD traditionnels), la gestion des données et le traitement d’image, certaines prises de vue délicates deviennent possibles. Pour améliorer les performances en contre-jour ou en ambiance sombre, les appareils réalisent plusieurs images en rafale rapide et les combinent ensuite pour réduire le bruit et augmenter la dynamique. Cela évite d’avoir recours à des composants haut de gamme forcément onéreux. Cette technique est même exploitée par Casio pour obtenir un facteur de zoom plus élevé. C’est une sorte de zoom numérique de nouvelle génération. Même si la prise de vue utilise une rafale très rapide (jusqu’à 40 i/s), le fait de combiner plusieurs images ne permet d’exploiter ces techniques que pour des sujets statiques ou du moins bougeant lentement. Dans le cas contraire, le temps nécessaire pour la prise de vue n’étant plus négligeable, les différences entres les images combinées ne permettront pas d’obtenir un bon résultat. En pratique, la photo de voyage et la photo en général portant souvent sur des sujets statiques, les fonctions ainsi offertes se révèleront utiles. Il faut juste savoir qu’elles seront inadaptées dans certains cas.

Eviter les illusions !



Disons le clairement, les bridges offrent une gamme de focales impressionnante mais les résultats que l’on peut en attendre sont très loin d’être comparables à ceux que permettent un reflex. Tout d’abord, on a souvent du mal à voir clairement ce que l’on photographie et où s’effectue exactement la mise au point. Les viseurs électroniques de ces modèles sont vraiment très loin d’un viseur reflex et ils sont aussi affectés d’une latence souvent importante. Il est donc difficile de photographier des sujets en mouvement. Quand on regarde les résultats, on constate un grand nombre de photos floues et de sujets coupés, la latence leur ayant laissé le temps de sortir du cadre de l’image. Si les zooms très puissants des bridges sont séduisants, ils n’en sont pas moins peu efficaces lorsqu’il existe des contraintes de rapidité, pour la chasse photo par exemple. Il faudra bien étudier son appareil et ses limites pour obtenir des bonnes images de sujets en mouvement.
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Pentax X90Panasonic Lumix DMC-FZ100Canon PowerShot SX30IS
Venu assez récemment au bridge, Pentax propose des modèles aux ambitions limitées mais au prix attractif. Un peu plus compact et franchement plus léger que nombre de ses concurrents, le X90 pourra déjà séduire par ces caractéristiques !Coté poids et encombrement, le FZ100 est parfaitement dans la norme des bridges actuels. Panasonic est resté raisonnable avec un zoom qui couvre du très grand angle 24 mm jusqu’au téléobjectif puissant de 600 mm avec une luminosité plutôt bonne.Avec son zoom 35X, le SX30IS fait assurément partie des modèles qui peuvent attirer les amoureux des bridges. Point intéressant, malgré la puissance du zoom, Canon a réussi à conserver au SX30IS des dimensions similaires à celles de modèles moins bien pourvus sur ce plan.
7.5 /10
7.5 /10
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Fujifilm HS20EXRKodak Easyshare MaxSony Cybershot DSC-HX100V
Le HS20EXR présente des caractéristiques impressionnantes, dans la lignée de ses prédécesseurs. Malgré son zoom puissant (30X !), le HS20EXR est resté relativement compact et il bénéficie d’une très bonne prise en main grâce à une poignée copieuse à main droite.Le « Max » est doté d’un zoom très puissant comme son nom l’indique. Mais ce n’est pas son seul atout ! De dimensions et de poids similaires à ses concurrents, le Max se distingue par des formes assez carrées.Bridge haut de gamme associant un zoom très puissant à un capteur seize mégapixels et à un GPS, le HX100V peut faire envie. Avec des formes et un encombrement très classiques, le HX100V ne se distingue pas de ses concurrents par son aspect.
8 /10
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Nikon Coolpix P500
Appartenant à la série P comme « Performant » chez Nikon, le P500 est le plus perfectionné des bridges Nikon. De dimensions plutôt réduites et assez léger, il vous encombrera peu ce qui peut intéresser nombre d’amateurs.
8.5 /10
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