[ Mercredi 7 juillet 2010 ] par Thomas Debelle
Hadopi, condamnée par contumace ?
   
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Nous savions que la riposte graduée que vise à instaurer l’Hadopi avait du plomb dans l’aile en raison du coût qu’un tel système allait engendrer. Après les réserves exprimées par le Ministère du Budget, c’est au tour du Ministère de la Justice de laisser entendre que l’arsenal répressif pourrait n’être utilisé qu’en de très rares occasions en raison de sa lourdeur et des frais qu’il impose. Contrairement à ce qui était prévu, il n’est plus question de créer des tribunaux spéciaux en région afin de prendre en charge tous les dossiers générés par l’Hadopi. En outre, les magistrats voient toute cette affaire d’un très mauvais œil en raison du coût faramineux, tant financier qu’humain, que nécessiterait sa mise en œuvre. Récemment interrogé par nos confrères du Télégramme quant à la manière dont la justice pourrait faire face à l’afflux de milliers de dossiers, Laurent Bedouet, secrétaire général de l’Union Syndicale des Magistrats (USM) répond : « Elle ne le pourra pas ! Non seulement aucun moyen supplémentaire ne nous a été accordé mais on va nous en enlever ! Cette loi est tout simplement une loi de communication, virtuelle, inapplicable. Des mots, rien que des mots. » A ce jour, tous les observateurs s’accordent à penser que la loi Hadopi est donc inapplicable, et que la riposte graduée est une posture de façade. Dans le même temps, à l’heure où le gouvernement annonce des restrictions budgétaires drastiques, il semble difficile d’investir des sommes importantes dans une machine que tous présentent comme caduque et inutile. Autant dire que l’Hadopi risque fort de rester une loi d’apparat qui ne fera pas grand mal « aux pirates ». Seuls ses défenseurs pourraient se sentir piqués dans leur orgueil, mais c’est une autre histoire.


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