| [ Mardi 5 janvier 2010 ] |
par Guillaume Louel |
Intel Core i5 600, Core i3 500 et Pentium G9650 : la 3D dans un processeur ?
Conclusion
C'est un petit sentiment de surprise qui nous porte aujourd'hui lorsque l'on regarde la nouvelle gamme Core d'Intel. Après avoir mis beaucoup de temps à la développer, le constructeur continue une tendance qui nous dérangeait, à savoir la superposition de ses gammes. Nous ne comprenions pas la superposition de prix d'un Core i7 860 avec celle d'un Core i7 920, le nouveau modèle étant plus rapide que l'ancien pour le même prix. Certes un argument positif pour les nouveaux venus, mais qui limite l'intérêt de la plateforme supposée "haut de gamme" qu'était le socket 1366. Aujourd'hui c'est l'existence des Core i5 670 et 660 qui choque. Le premier est vendu au même prix que le Core i7 860 et que le Core i7 920, alors qu'il perdra systématiquement dans les benchmarks contre ses deux comparses équipés de cœurs réels. La mise en avant de la fréquence plus elevée, face à des cœurs réels, est délicate à comprendre. Pour le Core i5 660 le phénomène est le même avec en face un Core i5 750 vendu au même prix (voir légèrement moins cher) et sans aucune contestation possible plus performant. La gamme Core i5 est donc pour le moins délicate à comprendre, et ce n'est pas "l'avantage" d'un cœur graphique intégré qui puisse justifier des prix identiques. Les Core i5 600 ne collent tout simplement pas dans la gamme existante d'Intel, et c'est un problème nouveau pour le constructeur qui maintenait jusqu'ici une certaine logique. Avec des prix plus modestes les Core i3 arrivent eux sans problème à se frayer un chemin dans la gamme actuelle d'Intel qu'ils complètent assez bien, tout comme le Pentium G9650 dont le mérite principal est de proposer un prix bas, ses performances étant au-delà du modeste, particulièrement quand on le met en face d'un Phenom II X2 550. Car il ne faut pas se voiler la face, si AMD n'a effectivement pas forcément ce qu'il faut dans sa gamme en ce moment pour contrer les Core i7, quand on parle de processeurs en dessous de 180 euros, le concurrent d'Intel dominait jusque là tous les segments tarifaires. Si l'on peut débattre du choix d'un Core i5 750 face à un Phenom II X4 965, pour tous les autres segments AMD était sans conteste devant. Et si Intel redresse la barre en relevant le niveau des Core 2, il est difficile de justifier l'achat d'un processeur ne disposant que de deux cœurs réels, même avec de l'HyperThreading, quand l'on trouve un Phenom II X4 925 sur le marché à 125 euros. Les Core i3 sortent leur épingle du jeu pour l'utilisation dans un PC de salon avec une consommation électrique au delà du sobre, mais c'est à peu près tout. En réalité, le choix de ne lancer que des processeurs double cœurs pourrait presque paraitre anachronique en 2010 dans ce segment de prix. Reste l'épineuse question de la partie graphique intégrée. Nous notons le bond en avant proposé qui permet à Intel de revenir au niveau des chipsets intégrés d'AMD/ATI, un bon point. On peut cependant se poser la question de l'intérêt de l'intégration pour le client. Le prix des cartes mères ne diminue pas malgré la disparition des northbridge, une tendance que l'on avait vue avec les cartes mères P55 et qui continue aujourd'hui avec les cartes H55, nécessaires pour utiliser la partie graphique. Et c'est là que l'on comprend peut être l'intérêt du Core i5 661, ce seul processeur qui dispose d'une partie graphique cadencée de manière plus rapide. Il est en effet vendu au même prix que le 660 dont les autres caractéristiques sont identiques, comme pour nous dire qu'Intel ne fait pas payer ses cœurs graphiques désormais intégrés, et qu'ils sont donc offerts comme en cadeau aux acheteurs. Un argument qui tiendra surtout de ligne de défense contre les concurrents du constructeur qui auront beau jeu de dire qu'a défaut d'une intégration utile comme ce sera le cas dans les portables, l'ajout d'un cœur graphique de ce type, dans les processeurs de bureau ressemble plus à une vente liée et une volonté d'écarter la concurrence qu'autre chose. Et pour une fois nous aurons bien du mal à leur donner tort.
Les Processeurs déjà testés