[ Samedi 23 mai 2009 ] par Benoît Dupont
Jeu vidéo : les lois de l’addiction – 2ème partie
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Addiction aux jeux vidéo : Le point de vue des éditeurs



Nous avons rencontré Guillaume de la Fondaumière, président du SNJV (Syndicat National du Jeu Vidéo), qui rassemble les entreprises qui conçoivent et produisent les jeux vidéos en France. Guillaume de la Fondaumière est également Directeur Général de Quantic Dream, un studio à qui l’on doit quelques références du jeu vidéo comme Nomad Soul sorti en 1999, Farhenheit en 2005. Le studio travaille actuellement sur Heavy Rain un titre très attendu sur PS3.

Ere Numérique : Quelle est votre point de vue sur l’addiction aux jeux vidéos ? Est-ce selon vous un problème lié aux logiciels ?

Guillaume de la Fondaumière est président du SNJV et Directeur Général de Quantic Dream.
Guillaume de la Fondaumière : J’essaie de ne pas avoir de « point de vue » sur cette question sur laquelle bon nombre de personnes tentent d’en faire valoir un sans véritablement connaître le sujet. Par ma part, je préfère m’appuyer sur des études scientifiques vérifiables ainsi que sur des entretiens avec des psychothérapeutes et des psychiatres qui ont étudié cette question pour forger ma conviction. En l’occurrence, les conclusions de l’ensemble des recherches que j’ai pu consulter et des entretiens que j’ai pu mener montrent qu’il n’est pas sérieux de parler d’addiction en matière de jeux vidéo.

D’une manière plus générale, les jeux vidéo n’ont pas d’impact sanitaire avéré sur ceux qui les pratiquent selon les professionnels de la santé. En revanche, il semble qu’une fraction marginale de joueurs fasse un usage excessif de jeux vidéo. Les études menées en particulier par des psychothérapeutes reconnus montrent que ces usages excessifs sont un élément caractéristique d’un trouble psychologique préalable ou d’un environnement social spécifique. En d’autres termes, le jeu vidéo pratiqué de manière excessive est la conséquence d’un problème antérieur à la pratique du jeu et non sa cause.

Que reprochiez-vous au projet de loi sur les jeux vidéo ? Notamment à l’amendement 183 ?

Les usages excessifs existent et les professionnels du jeu vidéo ont une attitude responsable vis-à-vis de ce problème. Nous avons par exemple mis en place depuis cinq ans une signalétique très précise en matière d’âge et de contenu appelée PEGI. Ce système maintenant éprouvé permet de connaître très précisément le contenu d’un jeu et à partir de quel âge il peut être pratiqué.

Dernièrement, en partenariat avec les pouvoirs publics, le site internet PédagoJeux a été mis en place et permet aux parents d’obtenir un grand nombre de réponses aux questions qu’ils se posent en matière de jeux vidéo et en particulier concernant les usages excessifs. Ce que nous reprochions à l’amendement 183 au projet de loi sur l’hôpital c’est qu’il visait à apposer une signalétique supplémentaire sur les boîtes de jeux pour prévenir du danger d’addiction. Ceci est non seulement une contre-vérité scientifique, mais surtout, un tel message n’aurait en rien solutionné le problème de pratique excessive.




Interview de Guillaume de la Fondaumière (suite) >