| [ Dimanche 5 avril 2009 ] |
par Isabelle Boucq |
L’école du jeu : la nouvelle promo fait son show
Sound Cities : une bataille de DJ
Deux joueurs s’affrontent aux platines (le jeu nécessite des platines Bitmania, un élément qui augmente le coût d’accès pour les joueurs potentiels) dans ce jeu de tactique musicale. En prenant le contrôle du potentiomètre et des faders, un des joueurs finit par réduire son adversaire au silence. Il gagne la bataille. Ciblé pour une niche assez pointue, le jeu a laissé le jury quelque peu perplexe. « On se rend compte que les joueurs s’amusent. Mais on n’a pas bien compris le jeu », résume Stéphane Natkin, le directeur de l’ENJMIN, en clôturant la journée de présentations.Une partie de l’exercice consiste pour les étudiants à monter un plan marketing et à estimer le budget. En ajoutant le nombre de mois/homme, les licences pour les outils et autres coûts annexes, les équipes arrivent à des budgets entre 1,5 et 4,5 millions d’euros, des sommes que les professionnels dans la salle jugent trop bas. Et pourtant il faudrait déjà vendre 500 000 exemplaires pour rentrer dans les frais ! Une façon d’aborder la dure réalité économique du monde du jeu. Artisanal, le jeu vidéo ? Pas vraiment quand les enjeux financiers sont aussi gros. A noter que Sound Cities présente la particularité d’être mené par une femme, Marion Hérault. Les femmes sont peu nombreuses dans la promotion même si Marion joue depuis qu’elle est toute petite (Mario sur Gameboy, Sonic, Shadow of the Colossus, Left for dead,…). Mu : un jeu de puzzle en 3D dans une cité malade
Le joueur incarne un jeune homme emprisonné dans une gigantesque cité abandonnée. Son objectif est de guérir la cité en atteignant ses niveaux cachés et en ouvrant des puits de lumière. Pour cela, il doit modifier l’architecture en entrant en synergie avec des éléments et en les déplaçant. Mathieu Gasperin, un des graphistes de l’équipe, avoue que l’inspiration est venue de jeux fétiches comme Shadow of the Colossus et ICO. « On ne développe pas un jeu tout seul. On travaillait tous ensemble dans la même salle. Chaque spécialité doit comprendre les contraintes des autres », raconte-t-il. Même si l’équipe sait que son projet ne sera jamais finalisé, elle espère le faire vivre encore un peu sur un blog dédié. Un stage professionnel, dernière étape de la formation, va bientôt disperser les équipes à Paris, Lyon ou Montpellier, les hauts lieux de la création de jeu vidéo en France. Même si le jeu ne connaît pas trop la crise, les étudiants de cette promo jugent qu’il leur a été plus difficile de trouver un stage cette année. Pourtant, le temps d’embauche à la sortie de l’école reste très bon à environ 90 % à l’issue du stage.« J’ai beaucoup aimé Mu. Il y a une atmosphère, la sauce prend », résume Serge Hascoët, le président du jury. « Ce serait publiable avec deux ans de travail et 100 personnes dessus. L’élément qui manque encore, c’est la vie. Le héros est trop seul. » En général, il se dit impressionné par le coup de collier fourni par les équipes depuis qu’il a vu les projets depuis la dernière fois. « Ils ont fait des progrès énormes. »Tempus Fugit : retour dans le passé
Après avoir inventé le voyage temporel, une société très policée l’a interdit par éviter la tentation de modifier le passé. Le héros du jeu est un agent de la police temporelle qui pourchasse ceux qui enfreignent la loi. Dans des séquences de jeu de deux minutes, le joueur peut retourner en arrière et se créer plusieurs alter egos qui vont l’aider dans sa mission. Un alter ego peut par exemple faire diversion. Le jeu, prévu pour PC et Xbox 360, est basé sur l’infiltration, l’action et la stratégie. Les membres du jury ont semblé apprécier ce jeu ambitieux. Le voyage temporel semble dans l’ère du temps puisque différent membres du jury avaient entendu parler d’autres projets sur ce thème.
Les Téléviseurs LCD/Plasma déjà testés