| [ Mercredi 9 juillet 2008 ] |
par Léo de Urlevan |
La guerre du haut débit sera sans merci
L'installation de la fibre optique se fera dans le sang. L'affaire éclate il y a trois semaines par un article du Canard Enchainé. Annoncé en couverture "Comment Numericable a fait voter "son" amendement à l'Assemblée". On y apprend en effet que l'opérateur vient de bénéficier d'une possibilité d'installer de la fibre optique dans tous les immeubles câblés en vue de modernisation. Concrètement, il n'y a plus besoin d'autorisation des syndics ni de personne pour qu'un immeuble se retrouve "chez" Numericable, sans blabla. Un responsable de France Télécom s'insurge : "Il faut un an de procédures, en moyenne, pour relié un immeuble. Inutile de dire que lorsqu'un immeuble est relié, il ne va pas l'être une seconde fois, c'est un immeuble en moins pour la concurrence.
Le Canard et les autres opérateurs ne manquent pas de rappeler qu'il y aurait peut-être un peu de clientélisme dans cette histoire. C'est en effet un certain Olivier Sarkozy qui est directeur d'un des fonds d'investissement de Carlyle. Or, Numericable, c'est Carlyle.
La semaine dernière, rebondissement, quelque chose qui n'arrive jamais. L'appel des FAI semble avoir été entendu par les sénateurs qui suppriment l'amendement Numericable.
Numericable adopte une posture de victime en faisant signer une pétition qui se trouve ici. Or, Orange, ex-opérateur historique se sent particulièrement visé par ce passage de la pétition : « je suis fermement opposé à l'instauration d'un monopole de fait en faveur de l'opérateur historique ou d'un quelconque opérateur sur le déploiement du très-haut-débit ». On le serait à moins ! Quelle est donc cette étrange attitude qui consiste à dire : on ne veut pas de ce concurrent. Orange, et Free qui voulait être de la fête, et qui devait également se sentir visé, ont donc saisi le tribunal de commerce pour utilisation de "termes mensongers dénigrant un opérateur tiers". Une jolie initiative.
Mais ce n'est qu'un combat qui ne fait que débuter.