| [ Lundi 23 août 2010 ] |
par Thomas Debelle |
Les MMORPG poussent à l’addiction ?
A force de l’entendre dans des reportages hautement objectifs (sic), les MORPEUG – merci Plus belle la vie – sont devenus le nouveau cheval de bataille de tous ceux qui souhaitent profiter de l’engouement pour les jeux vidéo et de l’incompréhension évidente de la part du grand public. Si pour l’ensemble des joueurs, les jeux ne sont qu’un divertissement comme un autre, certains s’y investissent tellement qu’ils basculent dans une addiction lourde qui n’a rien à envier aux drogues ou à l’alcool. Le problème est que ces cas, aussi isolés soient-ils au regard du nombre de joueurs à l’échelle planétaire, servent d’argument principal pour diaboliser toute une industrie, régulièrement montrée du doigt comme « néfaste et dangereuse » à l’instar des jeux de rôle devenus plus fréquentables.
Quoiqu’il en soit, dès qu’un fait divers quelconque peut être rapproché des jeux vidéo, il fait aussitôt le tour du monde en moins de 80 secondes, venant conforter les détracteurs dans leur guerre sainte. Dernier exemple en date, le MMORPG Lineage II et son éditeur NCSoft contre lesquels un Hawaiien, Craig Smallwood, vient de déposer une plainte pour négligence en raison du manque d’information sur le caractère addictif du jeu. Précisons à ce stade que ce bon Craig cumule plus de 20 000 heures de jeu entre 2004 et 2009, soit environ 833 jours pour une moyenne de 139 jours par an ! Craig affirme aujourd’hui, qu’il ne savait pas qu’il pouvait devenir dépendant, et qu’il est désormais « incapable d'évoluer de façon autonome dans des activités quotidiennes aussi simples que se lever, se laver, s'habiller ou communiquer avec sa famille ou ses amis. »
Le juge a accepté la plainte et un procès devrait donc avoir lieu prochainement. Craig Smallwood réclame pas moins de 3 millions de dollars de dommages et intérêts, ce qui représente 150 dollars l’heure de jeu ! NCSoft n’a pas perdu de temps pour réagir en déposant un document au tribunal afin de faire annuler l’affaire. Reste qu’une fois de plus les jeux vidéo sont face à un épiphénomène qui ne manquera pas de venir alimenter, malgré tout, le discours de ses opposants. La bataille des planètes continue…