Lunettes Epson Moverio BT-100 : la transparence

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Après Zeiss et Sony, c’est au tour d’Epson de proposer sa vision des lunettes d’affichage 3D. Et autant dire qu’avec le Moverio BT-100, elles n’ont jamais autant mérité ce nom. Car contrairement à celles existantes, elles sont transparentes et permettent de percevoir l’environnement pendant le visionnement.

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Contrairement à Sony avec son HMZ-T1, Epson a opté pour une solution mobile pour ses lunettes 3D. L’unique source de contenu viendra du petit baladeur Android fourni. Si l’idée de fournir un produit clefs en main est bonne sur le papier, elle souffre d’un défaut majeur qui est l’obligation d’utiliser le baladeur fourni. A une époque où les smartphones contiennent nos vidéos, il aurait été intéressant de pouvoir connecter directement le téléphone par une sortie micro-HDMI ou même par un connecteur Apple comme le propose Zeiss avec son Cinemizer 3D. On aurait ainsi pu avoir accès à un choix plus large de formats vidéo. Ces lunettes obligent à transporter un périphérique de plus et à copier au préalable les vidéo que l’on veut regarder.

T’as le look coco

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Epson a peut-être de bons ingénieurs mais on ne peut pas en dire autant de leurs designers. Cette paire de lunettes semble tout droite sortie des années 80. Si vous ne serez pas à la mode, le design reste assez sobre pour être porté en public. Vous ne manquerez toutefois pas d’attirer les regards, nos quelques essais dans les transports en commun nous l’ont clairement démontrés. L’ensemble est bien construit et plutôt solide. Avoir choisi de fixer le câble vidéo aux lunettes demeure cependant risqué. Cela évite certes de le perdre mais un arrachage accidentel aura des conséquences funestes. On apprécie par contre le fait de pouvoir aisément remplacer la face avant qui est la plus à même d’être abîmée.

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Vu qu’il est mobile, le Moverio est nettement plus compact que le modèle de Sony. Toutefois, il nous a paru moins confortable. Il est en effet impossible de régler quoi que ce soit. Dans notre cas, nous aurions préféré des branches plus longues. Une fois calées sur votre nez, les lunettes se laissent oublier même si une certaine fatigue pourra bien sûr se faire ressentir après une longue période d’utilisation. A noter que les porteurs de lunettes resteront sur leur faim. Il est en effet très inconfortable de porter des lunettes de vue et le Moverio en même temps. Aucun réglage de convergence ou de dioptrie n’est possible.

Epson Moverio BT-100 : transparent

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Alors que le Sony HMZ-T1 mise sur l’isolation complète pour fournir une bonne immersion, Epson a fait un choix radicalement différent. L’image est projetée depuis les branches des lunettes sur les lentilles. Le tout reste transparent et on conserve ainsi un aperçu de son environnement. On peut regarder un film sans se couper totalement du monde ce qui se révèle particulièrement utile dans les transports. On aurait toutefois aimé qu’un cache opaque soit livré, une absence d’autant plus dommage que le cache fumé standard est une simple pièce de plastique facilement interchangeable. Une fois les lunettes chaussées et un film lancé, on est donc en présence de deux écrans d’une résolution de 960×540. Malgré une définition assez basse comparée aux 720p du Sony, l’image est étonnamment nette et propre. La qualité des couleurs et le contraste s’améliorent évidemment lorsque l’on est dans un environnement sombre mais les lunettes peuvent tout à fait être utilisées en plein jour.

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Epson annonce que ces lunettes sont l’équivalent d’un écran de 320 pouces à 20 mètres. Dans les faits, la taille de l’écran varie selon la distance à laquelle vous vous trouvez de la surface que vous regardez. Pour peu que l’on ait deux à trois mètres de recul, l’impression de gigantisme est effective. La situation est ironiquement un peu moins bonne dans un avion, ou le siège devant vous limitera fortement le recul et donc la taille de l’écran. Les lunettes sont capables d’afficher de la 3D (fichiers photo ou vidéos side-by-side) de manière plutôt convaincante même si il pourra être difficile de trouver une position confortable en l’absence de tout réglage. On vous conseille donc de rester sur la 2D ce qui ne devrait pas être trop difficile vu le peu de contenu 3D valable. Pour autant le rendu en relief est convaincant avec de la profondeur et évidemment aucune image fantôme. Pour l’audio, nous vous conseillons d’oublier les médiocres écouteurs fournis et de vous doter d’une bonne paire d’intra-auriculaires.

Un baladeur trop léger

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Épais et encombrant selon les canons du moment, le baladeur justifie ses mensurations par le fait qu’il renferme les batteries des lunettes. Ces batteries sont annoncées comme ayant une durée de vie de six heures. Epson a choisi d’utiliser Android 2.2. En l’absence d’écran tactile, l’appareil se contrôle à l’aide du touchpad intégré ou de la croix directionnelle plus pratique selon nous. Si le système d’exploitation est facile à utiliser, il est toutefois regrettable que seul le lecteur vidéo de base soit livré. Cela limite fortement les types de fichiers lus puisqu’on en est réduit quasiment au seul MP4. On est donc obligé de passer par la case conversion avant de pouvoir transférer un fichier sur la mémoire interne (1 Go) ou sur la carte micro-SD. Un point d’autant plus difficile à résoudre que l’Android Market est inaccessible…

Epson Moverio BT-100 : pas encore au point

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Bien qu’il fonctionne de manière tout à fait satisfaisante, il nous est difficile de vous conseiller le Moverio BT-100. Le problème ne réside pas dans l’affichage qui est de bonne qualité mais plutôt dans la source. Le baladeur fourni n’est tout simplement pas assez efficace pour assurer une utilisation. Pour ceux qui souhaitent regarder des films en voyage une tablette, un notebook, ou même un grand smartphone seront plus efficaces.

Prix : 599 euros

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