| [ Dimanche 7 septembre 2008 ] |
par Stéphanie Chaptal |
Mary Smiley, la technologie au féminin
Mary Smiley, comment êtes vous arrivée à la tête de ce laboratoire ?
J’ai travaillé dans le hi-tech durant toute ma carrière et je suis chez Intel depuis 12 ans. J’ai commencé dans le développement logiciel et désormais j’encadre et dirige des équipes de recherches. Pendant mes cinq premières années chez Intel, j’ai eu les mains dans le cambouis et depuis, j’encadre des personnels techniques. Avant d’entrer chez Intel et au sein de la société, j’ai toujours travaillé dans la recherche passant d’un domaine technologique de pointe à l’autre. J’ai commencé dans la recherche spatiale chez Lockheed Missile & Space en travaillant sur le télescope spatial Hubble.De l’observation spatiale aux appareils miniatures connectés à Internet, vous aimez la variété ?Oui, c’est l’un des principaux bénéfices de mon métier. Il est si varié que je ne m’ennuie pas. Chez Intel j’ai travaillé sur la première expérience existante pour mélanger Internet, jeux vidéo et conférence audio en temps réel, mais aussi sur la télévision interactive ou sur la virtualisation. Et maintenant je travaille sur des capteurs permettant de donner des informations sur le possesseur comme sur l’environnement extérieurs aux appareils mobiles (notamment les MID – ou Mobile Internet Device). Nous travaillons sur un premier prototype dans le domaine de la santé mesurant le rythme cardiaque, la pression sanguine et le poids d’une personne en continu dans sa vie quotidienne.Qui travaille avec vous ?Je dirige le laboratoire Emerging Platform (plates-formes émergente) depuis trois ans. Nous travaillons sur les technologies du futur dans le domaine mobile. J’ai entre 20 et 50 chercheurs dans ce laboratoire, répartis entre les États-Unis et l’Inde. Et leurs domaines d’activités sont très variés : de la conception matérielle, du développement logiciel (d’où je viens), des ingénieurs en mécanique pure, des spécialiste en biologie. Nous devons faire tous nos prototypes nous-mêmes.De la variété jusque dans les équipes. Voyez-vous certains de vos projets devenir réalité ?En règle générale, nous travaillons sur des projets qui deviendront une réalité pour tous d’ici 3 à 5 ans. Même si en ce qui concerne les capteurs, cette technologie ne sera complètement mature que d’ici une dizaine d’années. Mais certains de mes projets sont maintenant bien intégrés, comme la télévision interactive ou l’audioconférence en cours de jeux vidéo (NDLR : notamment avec le logiciel TeamSpeak).Trouvez-vous qu’il est plus facile de nos jours pour une fille de s’investir dans l’informatique ?Même si certaines sociétés font des efforts pour avoir des équipes les plus équilibrés possibles, elles ne sont pas encore la majorité. De plus dès l’école, il n’y a pas tant que ça de filles qui s’orientent vers la science et l’informatique. Car elles ne comprennent pas combien les métiers qui y sont liés sont passionnants et combien ce n’est jamais ennuyeux. Chez Intel, je travaille avec certaines écoles primaires pour montrer aux petites filles que l’informatique peut être intéressant, en leur demandant de programmer un robot pour faire des sandwiches au beurre de cacahuètes par exemple. J’aimerais pouvoir avoir un rôle plus important et amener davantage de femmes à venir travailler dans cette branche.
Les Téléviseurs LCD/Plasma déjà testés