| [ Lundi 30 novembre 2009 ] |
par Benoît Dupont |
Moniteurs LCD 23-24 pouces : c’est le moment
Philips 240PW9 : slow motion
Le Philips 240PW9 n’est hélas pas parfait. La réactivité laisse à désirer. Pourtant, sur le papier, tout a l’air normal. En moyenne, on tourne autour des 15ms, pas de quoi fouetter un chat. Pourtant, les dalles IPS se caractérisent par un temps de descente, c’est à dire une transition du blanc vers le noir, particulièrement élevée ce qui nuit au rendu des objets clairs en déplacement sur les fonds sombres. Sachant qu’un joueur de FPS passe le plus clair de son temps dans des couloirs mal éclairés à attendre qu’un monstre lui saute dessus, on imagine bien la déception. A titre de comparaison chiffrée, les temps de descente sur les IPS sont en moyenne de 7ms, contre 2ms sur les TN, si l’on en croit l’historique des nos mesures au labo.
Pour rappel, encore une fois :Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l'abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d'abscisse tandis qu'une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255). Si la valeur mesurée concorde avec celle du constructeur sur ce point, elle n'a que peu de valeur quant à la réactivité de la dalle dans la pratique.Dépassement de consigne
Selon notre méthode de test, l’écran est de catégorie B. En effet, le pic à 225 sur la courbe du dessus dénote un manque de contrôle de l’overdrive. Lors de ces transitions, l’écran n’est pas trop lent, il est simplement trop rapide et induit de fausses couleurs transitoires plus connues sous le nom obscur de « negative ghosting ».
Cela dit, le problème est très localisé sur une seule transition, et on peut dire au final qu’il ne devrait pas y avoir trop d’effets secondaires dans les films et les jeux.Pour rappel, la classe d’overdrive Ere Numérique permet d’évaluer la précision de l’overdrive sur les dalles LCD. Quelle importance me direz-vous ? Si l’overdrive est mal maîtrisé, les couleurs affichées ne sont pas du tout correctes pendant plus d’une image. On obtient une couleur plus flashy que celle demandée. C’est gênant dans les films où ce phénomène engendre du bruit vidéo. Dans les images animées, ce problème peut ce traduire par l’apparition d’aberrations chromatiques. Certaines couleurs non demandées apparaîtront temporairement, du rouge dans une transition vert-jaune par exemple.Dans la pratique
Les teintes délivrées par le moniteur sont plus riches que la moyenne. Le contraste est assez bon mais la profondeur de noir aurait mérité plus d’attention de la part du constructeur. C’est l’un des meilleurs écrans pour la retouche photo de ce comparatif si vous prenez soin de baisser la luminosité. D’ailleurs, pour toute autre activité de bureautique, il donne pleinement satisfaction. Les maniaques d’Excel qui nous lisent pourront s’en donner à cœur joie grâce à sa résolution de 1920 x 1200 pixels. Même si c’est un 16 :10ème, l’écran tire son épingle du jeu dans les films. Les tons chair sont remarquablement bien respectés, il n’y a pratiquement pas de fourmillements à l’écran. Pour les joueurs, c’est également un moniteur envisageable. La réactivité n’est pas exceptionnelle. L’écran laisse quelques traces derrières les objets clairs sur fond noir mais c’est tout de même jouable. Conclusion
Le Philips 240PW9 est un excellent choix pour ceux ne pensent pas qu’au divertissement par le bout du pistolet. Si vous aimez la photo et la vidéo, c’est LA recommandation de ce comparatif. Bien sûr, la qualité a encore un prix et Philips persiste à confier le design de ses écrans à des anciens de la RDA à la retraite. Mais soit. Sachant que l’écran ne vous empêchera pas non-plus de jouer, je pense que c’est un bon choix pour un moniteur un tant soit peu sérieux.
Les Moniteurs déjà testés