Musique : toujours la chute
Ca n’étonnera personne, le marché de la musique enregistrée a connu une année très mauvaise en 2008. En valeur, les ventes chutent de 19,9 % et de 18,3 % en volume. Le montant des ventes aux éditeurs a chuté de 15 % environ, à 660 millions, soit une perte de 107 millions. Tous les genres sont touchés, la musique classique et la variété francophone en tête. Le format single en recul de 47 % est devenu anecdotique. Par conséquent, les albums résistent mieux que la moyenne, avec quand même – 16 %.
En parts de marché, la variété française continue de dominer les ventes de musique enregistrée, mais cède un point à la variété internationale dont les ventes reculent moins vite.
C’est évidemment les ventes de supports physiques qui reculent (-19,9 %), les ventes numériques gagnant au du terrain. Depuis 2002, le marché des ventes physiques a perdu 772 millions d’euros, soit 60 % de sa valeur. Une dégringolade constante très peu compensée par les ventes numériques qui, passant sur la période de zéro à 76 millions, n’empêche pas le marché global de perdre 53 % de sa valeur (plus de la moitié !), soit 696 millions d’euros. Conséquence (mais peut être aussi une part de la cause), sur la période, le nombre de contrats « rendus » aux artistes n’a cessé de croitre tandis que les nouvelles signatures baissaient. Pour la première fois en 2008, il y a eu davantage de contrats rendus que signés.
Un prix moyen en baisse
Le prix moyen a baissé de 16 % depuis 2003 (-3% vs 2007). Malgré cela, on constaté un désengagement des grandes surfaces alimentaires, dont la part de marché recule année après année. Elle a perdu 15 points entre 2003 et 2008, passant de 49 % à 34 %.
Le marché de la musique va donc de plus en plus mal. Les producteurs réunis au sein du Snep ont donc demandé la mise en œuvre d’une série de mesures… dont « la suppression des mesures anti-copie pour les téléchargements à l’acte sur Internet. » Ce qui ressemble à un virage à 180 degrés. Evidemment, le Snep réclame également l’adoption et la mise en œuvre de la loi Création et Internet, une TVA réduite et une révision de la règle du crédit d’impôts, pour en augmenter le montant.