[ Mercredi 24 février 2010 ] par Guillaume Louel
Nvidia introduit Optimus
   
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Le lancement en janvier des nouvelles plateformes portables d’Intel a changé beaucoup de choses dans les règles établies du milieu. Car comme nous l’évoquions lors de notre test de ces puces, les nouveaux Core i3/i5 intègrent en leur sein un chipset complet, incluant contrôleur mémoire et puce graphique intégrée. Un état de fait qui est aussi vrai avec les nouvelles générations de processeurs Atom, les Pinetrail qui intègrent aussi un chipset complet, graphique inclus. De facto le marché des chipsets « alternatifs » disparait et pour les marques comme Nvidia qui proposait des solutions comme le GeForce 9400M (utilisé notoirement par Apple dans ses Macbook Pro), les possibilités sont plus minces. Ils ne peuvent fournir qu’un GPU, et rien de plus.

Pour arriver à se démarquer, Nvidia annonce aujourd’hui Optimus. En pratique, la technologie permet de passer instantanément du chipset graphique intégré vers le GPU additionnel. Lorsque l’on utilise des applications peu gourmandes, le GPU est éteint et l’IGP travaille pour économiser au maximum la batterie. Lorsque la charge graphique est plus importante alors, le GPU se réveille et prend la main. Cette possibilité en soit n’est pas nouvelle, on a déjà vu des portables proposer ce genre de fonctionnalités mais Nvidia propose ici de supprimer nombre de restrictions assez ennuyeuses. Si dans un premier temps passer d’un GPU au chipset intégré réclamait d’éteindre la machine, les choses se sont petit à petit améliorées sans pour autant devenir parfaites. Généralement en effet le passage d’un chipset graphique à un GPU se fait avec extinction (clignotement) de l’écran. Pire, on ne peut généralement pas changer de GPU quand l’on fait tourner des applications « graphiques » qui utilisent d’une manière ou d’une autre le GPU. Ce qui peut être tout simplement par exemple un navigateur ouvert avec une fenêtre Youtube.

Toutes ces restrictions disparaissent pour des raisons diverses. Pour ce qui est de l’extinction de l’écran, Nvidia effectue une copie du framebuffer de son GPU vers celui de l’IGP de manière transparente. En clair, ce n’est plus un switch traditionnel puisque l’IGP n’est pas inactif, il sert par contre de simple « répéteur » d’image qui aura été calculée par le GPU principal. Pour éviter que ses GPU ne soient handicapés par l’opération de copie, Nvidia a ajouté une unité dédiée à cette tâche pour éviter les pertes de performances. Le transfert se fait par le biais du PCI Express, mais la bande passante utilisée pour les opérations de copie devrait être relativement réduite. L’autre épineuse question est de détecter le besoin ou pas d’utiliser un GPU additionnel. C’est en effet plus complexe qu’il n’y parait. Lancer le GPU Nvidia dès qu’une application fait quelque chose de graphique n’est plus possible avec Windows 7 puisque même le bureau Windows, Aero, utilise le GPU. De plus, l’IGP d’Intel dispose de ses propres pilotes graphiques qui auront la main quand le GPU de Nvidia sera inactif, délicat de détecter quoique ce soit au niveau du pilote. C’est donc le concept des profils qui aura été retenu. Au lancement d’une application connue pour « utiliser » le GPU, un service Windows activera le GPU qui prendra alors la main sur les calculs. Dès que l’application se termine, l’IGP reprend la main. Un scénario qui peut marcher également lorsque plusieurs applications requièrent de la puissance graphique. Notez que les profils sont « globaux », il s’agit des profils déjà présents dans les pilotes de Nvidia ou l’on pourra choisir désormais quel GPU doit effectuer le travail. Evidemment on pourra régler logiciel par logiciel ses préférences, notez également qu’un clic droit sur une application permet de régler automatiquement la préférence par un menu contextuel, une très bonne idée qui fera gagner du temps.

Le problème principal des profils est généralement qu’ils sont incomplets. Quid de ce jeu à peine sorti, ou de cet ancien trop vieux pour être dans la base de données par exemple ? Nvidia résout en partie le problème en utilisant un concept de mises à jour automatiques pour ces profils qui seront distribuées de manière automatique. Pas besoin donc de mettre à jour ses pilotes pour obtenir de nouveau profils comme c’est le cas actuellement. On attendra de voir en pratique comment Nvidia prend en compte certains cas compliqués comme Adobe Flash. Si l’accélération GPU de Flash 10.1 peut être utile pour lire une vidéo HD, cela veut-il dire que chaque page Web qui lancera le plugin Flash (par exemple pour une bannière de publicité) activera le GPU ? Au pire l’on pourra toujours désactiver l’accélération de Flash si les choses se passent ainsi. Sur le papier en tout cas, Optimus est la technologie de coexistence IGP/GPU la plus convaincante pour portables que l’on ait pu voir par sa convivialité. Si quelques petits points techniques restent en suspend comme l’impact sur la consommation de l’IGP dans son mode « répétiteur », dans les grandes lignes Nvidia propose une implémentation qui devrait séduire, et surtout sans encore d’équivalent chez son concurrent AMD/ATI.



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