Quatre mois avec sursis pour Camcording
Il a eu chaud. Cet amateur de cinéma vient d'être condamné à quatre mois de prison avec sursis et un euro symbolique d'amende. Il s'était adonné, sans doute pour la première fois de sa vie d'après les fouilles de la police chez lui, au camcording. Rappelons que ce procédé consiste à filmer au caméscope un film en vue de le diffuser sur Internet par la suite. Le fichier publié est appelé screener, un truc de qualité très souvent déplorable.
Le contrevenant a admis son intention de diffuser le film sur les réseaux P2P par la suite. D'un autre côté, s'il avait dit que c'était pour son usage personnel, on ne l'aurait pas tout à fait cru.
La conclusion de ce petit fait divers est qu'il y a quand même une grande disparité entre la théorie votée dans la confortable Assemblée Nationale et la réalité. Rappelons que dans ce cas, la DADVDI aurait pu s'appliquer, Hadopi ne la rendant pas caduque mais la "complétant", et que le camcorder aurait pu risquer une peine de trois ans de prison et 300.000 euros d'amende. Bon, pour la prison, on croise vraiment les doigts pour qu'aucun internaute ne se retrouve un jour avec des assassins ou des braqueurs. Mais pour l'amende, le tribunal aurait pu avoir la main lourde. Mais le plus étonnant, c'est que la FNCF (Fédération Nationale des Cinémas Français) n'a pas demandé autre chose que l'euro symbolique.
Saluons cette retenue et tapons quand même sur les doigts de ce terrible hors la loi qui voulait polluer la toile avec un screener de Bangkok Dangerous.