Le choix d’un appareil photo numérique est devenu une action très complexe tant l’offre est pléthorique. Cela ne se limite pas à la définition d’une catégorie car même une fois le type d’appareil identifié, il reste à déterminer le niveau de performance, d’automatisme et de fonctions. Désormais, il y a quasiment un appareil pour un utilisateur, reste à trouver celui qui vous correspond. Ce choix ne doit pas se limiter à un arbitrage budgetaire mais tenir compte de l’usage que vous allez en faire. Voici de quoi vous aider !
Corriger l'exposition permet de réussir des clichés qui jouent sur d'autres registres qu'un rendu réaliste.
Commençons par le reflex car c’est un peu le meilleur de la photo et pour l’aspect passion, maîtrise et confort de prise de vue, on ne fait pas mieux. Déjà, il faut commencer par abandonner quelques idées reçues qui généralement datent de l’époque de l’argentique. Photographier avec un reflex n’est en rien plus compliqué qu’avec un compact, bien au contraire même sur certains points. Tout d’abord, le reflex grand public et même le modèle semi-professionnel sont munis d’une fonction dite verte, mode dans lequel l’appareil décide de tous les paramètres. Il suffira donc de cadrer et d’appuyer sur le déclencheur pour réussir une photo, le plus souvent mieux que sur tout autre appareil sauf en situation extrême (comme un fort contrejour). En effet, certains automatismes sur les compacts les plus avancés peuvent sauver quelques situations que normalement quiconque intéressé par la photo peut éviter, comme ne pas prendre une photo avec le soleil en face. Pour le cadrage, ce sera même plus facile car la visée reflex est plus précise que celle par l’écran arrière d’un compact. Pour zoomer, tourner la bague manuellement s’avère plus précis qu’une commande électrique. De même et contrairement aux idées reçues, le poids comme l’encombrement sont peu importants. Un reflex grand public léger équipé d’un zoom standard pèse environ 700 grammes tout compris, avec l’accumulateur et la carte mémoire. Évidemment, c’est trois fois plus qu’un petit compact mais c’est 100 à 200 grammes de plus qu’un hybride doté d’un zoom similaire. Il en va de même pour les mensurations. Le reflex sera plus encombrant qu’un compact, là encore dans des proportions du simple au triple mais par rapport à un hybride, le gain va là encore se résumer à 10 ou 20 % à zoom équivalent. Cela s’explique en fait très simplement par la taille physique du capteur. Pour obtenir de meilleurs clichés en conditions de lumière difficile, le capteur doit être plus grand que sur un compact et cela implique aussi que les optiques soient forcément plus volumineuses à rapport de zoom identique.
Le Nikon D5100 est une sorte de compromis idéal entre simplicité d'emploi et possibilités avancées.
Photo prise avec un reflex doté d'un capteur 10 Mpixels seulement mais avec un zoom de grande qualité (Nikon 70-300).
Le Canon 60Dn est un reflex expert qui ne renie pas la modernité, avec par exemple un écran orientable.
Le Nikon D7000 est reflex expert qui peut faire de l'ombre à des modèles professionnels.
Equivalent 24 x 36
Au temps de l’argentique, la plupart des pellicules pour le grand public prenaient des photos au format 24x36 mm. On exprimait donc la focale d’un objectif en millimètres rapportés à cette surface. Ainsi, un 28 mm est un grand angle, un 50 mm correspond à peu près à ce que voit l’oeil humain, un 100 mm rapproche et à partir du 200 mm, il s’agit d’un téléobjectif. Or avec la disparition du film, le calcul n’est plus exact. On a donc appliqué un coefficient multiplicateur par rapport au format 24x36. Ainsi, un reflex avec un capteur de taille APS-C nécessite de convertir la focale 24-36 en multipliant par 1,5 généralement. Un classique zoom 28-70 mm en 24x36 équivaut à un 18-55 en arrondissant. Si la taille du capteur change pour du 4/3 sur un hybride par exemple, on passe à un coefficient de 2 et le même objectif sera en fait un 14-35. Cela complique évidemment les choses car comme il y a de nombreuses tailles de capteurs, les valeurs changent d’un appareil à l’autre. C’est pour cela que l’on continue à parler en équivalent 24x36 car cela permet de comparer les zooms entre eux quel que soit l’appareil et son capteur.
La visée reflex : pas mieux
Le principal avantage du reflex réside dans la visée. On voit à travers l’objectif ce que le capteur capture en prenant la photo. Cela permet de cadrer avec précision. Un viseur électronique pourra certes donner une idée de ce que sera le cliché mais il s’agit d’un écran LCD et on est donc forcément éloigné de la réalité. Aucun viseur électronique au monde, même le meilleur, n’est capable d’approcher la définition, la clarté et la précision d’une visée par l’objectif. Et pour ce qui est de voir la photo prise, il y a toujours l’écran arrière. En numérique si c’est raté, on refait la photo ! Les reflex grand public sont désormais majoritairement dotés de la visée par l’écran arrière. Cela permet effectivement de couvrir des situations atypiques comme viser au raz du sol ou au-dessus d’une foule. Même si le reflex est moins à l’aise dans ce mode que le compact, on pourra s’en servir au besoin.
La souplesse optique
Autre avantage évident du reflex et qu’il partage avec l’hybride cette fois : les optiques interchangeables. On peut donc tout à fait décider d’en acquérir plusieurs que l’on emportera selon les situations. Il y a deux approches possibles et le choix se fera en fonction de votre usage particulier. Si vous avez souvent besoin de couvrir des situations assez variées en vacances, privilégiez alors un zoom trans-standard à fort coefficient. S’il est un peu plus encombrant et plus lourd qu’un zoom de base, il couvrira la plupart des situations. Il s’agit typiquement d’un 28- 200 mm en équivalent 24x36. Pour celui qui préfère se doter des objectifs en fonction de l’usage et des besoins, on peut conseiller un bon zoom de base qui sera complété selon les occasions par un ou deux autres objectifs. Là, il s’agira d’un zoom 28-70 à 28-105 (en équivalent) qui suffira pour les usages courants. Si on part en voyage avec le désir de faire des photos de bâtiments ou de paysages, on pourra y ajouter un zoom grand angle. Si à l’inverse, la photo animalière est envisagée ou encore la photo de scène ou de sport, on pourra y ajouter un télé-zoom typiquement 100-400 en équivalent.
Le zoom standard offre généralement une plage de focale qui va du grand angle au mode portrait, typiquement 28-70 mm en équivalent.
n zoom trans-standard comme celui-ci permet d'affronter toutes les situations avec une plage de focale qui va du 28 au 300 mm en équivalent, soit du grand angle au téléobjectif déjà puissant.
Un zoom adapté à l'appareil
L’optique joue un rôle primordial dans un équipement reflex. En plus d’avoir à disposition des focales plus ou moins longues, la qualité de l’objectif influe grandement sur le résultat. Les reflex misent beaucoup sur l’argument des pixels, à tort mais c’est ainsi. La taille physique des capteurs reflex généralement au format APS-C et l’usage de la technologie CMOS font que l’inflation des pixels n’a pas de répercussion négative sur la montée en sensibilité, comme c’est le cas sur les compacts.
Le Canon 600D intègre le capteur du modèle expert dans un boîtier grand public.
En revanche, cela a une influence directe sur les optiques nécessaires. En effet, plus l’image prise est résolue et plus l’objectif doit être de qualité pour rendre justice à cette définition. Utiliser un zoom entrée de gamme sur un reflex 18 Mpixels n’est pas un drame en soit mais ne permet en aucun cas d’exploiter la définition réelle du capteur. Il faudra dépenser le double ou le triple dans un objectif pour cela. Pour autant, il y a peu de chance que cette définition réelle ait un quelconque intérêt pour vous. Il faut tout de même savoir qu’une photo prise avec un 10 Mégapixels suffit plus que largement pour une impression AA à la résolution maximale et évidemment pour tout usage sur écran qui ne dépasse quasiment jamais une résolution Full-HD de 1920 x 1080, soit 2 Mégapixels seulement. Pour preuve, les photos de ce dossier, qui ne sont « qu’en » 10 Mégapixels pris avec un reflex pour les animaux et avec un compact expert pour les clichés subaquatiques.
Un télé-zoom permet de saisir facilement des animaux dans la nature ou le chanteur sur une scène. Avec une focale en mode téléobjectif équivalente au 500 mm, on se rapproche beaucoup et il vaut mieux qu'un tel objectif soit stabilisé.
Autre inconvénient de l’inflation des pixels, les fichiers deviennent inutilement lourds, encombrent les disques durs de votre ordinateur et exigent des performances de premier ordre pour une retouche photo fluide. Mais bon, il parait que cela fait vendre... Autre idée reçue, l’ouverture ou la luminosité de l’objectif. Avec des capteurs désormais capables de prendre des photos parfaites en 1 600 ISO et la stabilisation, payer cher pour ouvrir à f:/2 est une ineptie. Un zoom qui va du 3.5 en grand angle au 5.6 en téléobjectif suffira amplement, même pour photographier en basse lumière. Sur les boîtiers qui ne disposent pas d’une stabilisation par le capteur, il est important de privilégier les zooms dotés d’une stabilisation optique, surtout quand les focales s’allongent. Ainsi même au 500 mm dans un 4x4 qui saute d’ornière en ornière, la photo sera nette au 1/60ème.
Trop de pixels
On le dit, on le répète mais rien n’y fait, les constructeurs n’arrivent pas à sortir de l’inflation du pixel et cela veut dire aussi que le consommateur s’accroche tout autant à l’idée. Certes, ce sont les fabricants qui ont érigé en règle la montée en pixels mais à notre époque, il est urgent d’en sortir. Commençons par ce qui concerne tout capteur grand public. Augmenter les pixels au-delà des 12 millions n’a aucun sens. D’abord parce que les optiques nécessaires pour retrouver cette définition sur le cliché valent plusieurs milliers d’euros. Ensuite, parce qu’à moins de vouloir réaliser une bâche de 10 x 10 mètres, cette définition ne sert à rien. Une impression A4 à la meilleure qualité possible ne nécessite que 8 Mpixels. Donc même en recadrant et en ne prenant qu’un extrait de la photo, 12 Mpixels suffisent amplement. Et sur une TV Full-HD, on ne peut exploiter que 2 Mpixels ! En revanche, allez au-delà des 12 Mpixels alourdit les fichiers et nécessite donc plus d’espace mémoire pour les stocker, tout comme il faut un ordinateur puissant pour les traiter en retouche et appliquer un filtre par exemple. Si on veut conserver une bonne cadence en prise de vue successive, il faut augmenter la puissance de calcul et le cache mémoire car sinon, on n’a pas le temps de les écrire sur la carte mémoire. Les inconvénients du trop plein de pixels s’arrêtent là sur un reflex avec un capteur de taille conséquente.
En revanche sur un compact, il en va tout autrement. Pour atteindre une bonne compacité, le capteur doit être de taille réduite aussi, minuscule en fait serait plus exact. Or l’entassement d’un grand nombre de pixels sur une si petite surface a pour conséquence d’amoindrir la sensibilité. On compense cela par du gain sur le capteur qui provoque à son tour du bruit dès que l’on monte en sensibilité. En clair, photographier en basse lumière fait apparaitre du grain sur les aplats de couleur. L’électronique peut le corriger mais élimine en même temps les détails et rend l’image artificielle. Ça n’a donc aucun intérêt autre que l’argument commercial. Heureusement que très récemment les fabricants de capteurs, Sony en tête, ont inventé de nouveaux procédés pour augmenter la sensibilité. Dernière évolution en date, les capteurs CMOS rétroéclairés arrivent à monter en sensibilité tout en dépassant les 12 Mpixels. Pour autant, moins sera toujours mieux.
Pour les experts
Pour le boîtier reflex en lui-même, le choix s’effectue ensuite choisir selon votre pratique et en premier lieu en fonction de votre niveau d’utilisation. Si vous êtes un utilisateur éclairé et usez que rarement du mode automatique, il est préférable de s’orienter vers des appareils plus proches des modèles professionnels pour une raison très simple : ils privilégient généralement l’ergonomie de type une fonction, un bouton et rappellent aussi les réglages sur un écran supérieur. Ceux-ci sont aussi plus performants en autofocus avec plus de choix possibles, toujours pour une pratique avancée. En général, ils sont aussi plus véloces avec des cadences de prises de vue supérieures, idéal pour la photo d’action. Revers, de la médaille, leur coût est plus élevé, ils sont plus lourds, plus encombrants et se marient mieux avec des optiques plus onéreuses aussi. En revanche, ils ne vous demandent plus de renoncer aux avancées technologiques modernes comme un écran arrière orientable ou la vidéo Full-HD. Dans cette catégorie, on peut citer deux modèles emblématiques que sont le Canon 60D et le Nikon D7000 avec des boitiers autour de 1000 euros et dont le prix accompagné d’un zoom standard mais de qualité avoisine les 1500 euros.
Le Nikon D3100 est un reflex entrée de gamme très compact qui offre pourtant un excellent capteur et une ergonomie sans faille.
Pour la simplicité
Si vous utilisez les modes avancés et manuels plus occasionnellement, un modèle plus grand public sera préférable. Avec les capteurs récents, il se mariera aussi bien avec un zoom de meilleure qualité, comme les boîtiers experts. Le choix se fera ensuite sur vos usages et donc sur ce qui est le plus important pour vous. Pour être paré dans toute situation, ne renoncez pas aux avantages des dernières technologies comme l’écran orientable et la vidéo Full-HD, ce qui correspond typiquement au Nikon D5100 par exemple. Vous pouvez aussi vouloir le capteur le plus performant mais sans l’encombrement et les commandes directes, comme le canon 600D (aux 18 Mpixels très discutables). Ces modèles milieu de gamme disposent de tous les raffinements, de la meilleure qualité possible et tout cela avec une commande simple et un poids comme un encombrement encore acceptables. Enfin, si vous voulez avant tout photographier dans les situations usuelles et que votre budget est serré, optez pour un appareil entrée de gamme comme le Nikon D3100 qui offre une excellente ergonomie et une belle qualité d’image dans un appareil très compact. Au final quel que soit le boitier choisi, les photos seront toutes aussi qualitatives pour les usages courant, la différence viendra bien plus de la qualité des objectifs choisis.
Quelle focale pour quelle photo ?
La focale exprime le facteur de grossissement par rapport à l’action. L’oeil humain a une vision qui correspond à peu près au 50 mm en équivalent 24x36. Un objectif doté de cette focale aura donc à peu près le même champ de vision qu’un être humain. Un grand angle correspond à une focale de 28 mm et élargit le champ. On voit donc plus de surface avec le même recul. De 70 à 100 mm, on parle de portrait car c’est effectivement la focale idéale pour restituer un visage avec de bonnes proportions sans être ni trop loin, ni trop près. À partir de 100 mm, on est dans le rapprochement et à partir du 200 mm, on parle de téléobjectif. Cela permet de rapprocher des sujets éloignés. Ainsi pour la photographie animalière dans la nature ou pour le sport, on utilise communément du 500 mm. L’apparition du zoom a permis de créer des optiques qui couvrent une large étendue de focale. Le zoom standard qui va du grand angle 28 mm au 70 mm en équivalent suffit pour les situations les plus courantes. Si on veut saisir régulièrement des sujets déjà un peu éloignés, il faut y ajouter un 70-200 mm. Les deux suffisent généralement à toutes les situations courantes. Il existe aussi des zooms trans-standards performants qui vont du 28 au 200 mm en équivalent, mais désormais la mode est au super-zoom qui va de 28 à 300 mm, voire 400 ou plus encore.
En contrejour et à fond de zoom, il n'y a qu'un reflex doté d'un téléobjectif performant qui soit capable de délivrer une photo correcte dans ces conditions.