Samsung WB150F : l’appareil photo Wi-Fi Facebook

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Le Samsung WB150F est un petit appareil photo compact bourré d’innovations. Si la capture d’image reste relativement classique avec un capteur 14M pixels de taille modeste, l’appareil sort du lot grâce à sa connectique Wi-Fi et l’intégration des réseaux sociaux. Le Samsung WB150F serait-il une forme 2.0 de la photographie ?

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Le Samsung WB150F offre des fonctions inédites dans l’encombrement d’un compact. Avec son téléobjectif 18x, il est à ranger dans la catégorie des super-zooms. Et pourtant, une fois replié, son épaisseur est d’à peine 24mm. Il tient bien dans la poche et on peut l’emmener facilement partout. Et surtout, c’est un appareil qui répond aux nouvelles aspirations des amateurs de photographie. Il met en effet l’accent sur l’immédiateté du partage des images et autres vidéos, en intégrant une connectique Wi-Fi et l’accès aux réseaux sociaux tels que Facebook, autant de fonctions qui sont normalement l’apanage de votre Smartphone !

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Un capteur à l’ancienne

Le CCD n’a pas dit son dernier mot visiblement. C’est un modèle 1/2,3’’ que nous retrouvons ici. Sa petite taille explique son facteur de conversion absolument démentiel, qui ne laisse présager rien de bon quant à la performance lors de la montée en ISO. Du reste, le constructeur semble être conscient des limitations de l’appareil puisqu’il n’annonce qu’une sensibilité maximale de 3200 ISO. Si c’est largement suffisant sur le papier, on verra dans la pratique que c’est tout de même un peu limite.

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Petit et compact

Le boîtier est une construction mixte. Le gros de l’appareil est en plastique, mais une plaque métallique noire anodisée est vissée sur la face avant. On retrouve ici une ligne qui n’est pas sans rappeler l’excellent Samsung NX200, mais dans une forme plus ramassée, avec beaucoup moins de grip. Le poids de l’appareil étant relativement contenu, on ne ressent finalement pas trop de difficultés à la préhension. Face utilisateur, on trouve un bon écran de 3 pouces, dont la densité n’est pas extraordinaire avec 460 kpoints. En revanche, il s’avère particulièrement lumineux. Faute de viseur, il faudra s’en contenter de toute façon.

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Les commandes mécaniques ne sont pas légion. Il n’y a pas de molette au dos de l’appareil. Il faut donc tout faire à la croix de direction. En outre la rotonde de sélection de fonction accessible avec le pouce droit est relativement dure à manipuler. En revanche, le bouton vidéo est bien situé, aucun risque de le confondre avec le déclencheur, contrairement au Nikon 1 J1 par exemple.

Une connectivité plus que parfaite

L’appareil est donc livré par défaut avec une connectique Wi-Fi. L’appareil ne dit pas si c’est une version N, mais dans l’ensemble les envois de photos sont relativement rapides. Le Wifi ouvre des possibilités incroyables à ce petit appareil. Il est tout d’abord possible d’envoyer un courrier électronique avec différents clichés ou vidéos en pièces jointes. C’est on ne peut plus simple. On saisit l’adresse du destinataire. Il n’est même pas nécessaire de saisir l’adresse de l’expéditeur et c’est parti !

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En revanche, pour une fois, on regrette que l’écran ne soit pas tactile. En effet, la saisie à la croix directionnelle est tout sauf pratique et c’est d’autant plus fâcheux pour une publication sur les réseaux sociaux où un petit commentaire est souvent le bienvenu pour accompagner une photo. Du reste, dans l’onglet « Réseau sociaux », on trouve Picassa et Youtube, évidemment… encore qu’il n’est pas certain que l’on puisse qualifier les deux plateformes de sociales, mais soit. On trouve aussi Facebook et Photobucket. Et c’est tout ! Si vous êtes plutôt du genre à twitter ou si vous avez un compte Google+, vous pouvez oublier :

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La partie Facebook fonctionne assez bien, du reste. On choisit la ou les photos à ajouter à sa page et on envoie le tout via le Wi-Fi, une fois son identifiant et son mot de passe saisi. Ça fonctionne vraiment bien. En revanche, pour la vidéo, il faut absolument y penser avant. Si vous voulez poster une vidéo enregistrée en 720p, l’appareil ne prendra pas en charge le redimensionnement pour Facebook. Il faut donc que vous shootiez en basse résolution pour ensuite pouvoir poster une vidéo.

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Samsung WB150F : plus loin que la publication

Le Samsung WB150F exploite le Wi-Fi au maximum de ses possibilités. Certes, l’envoi et la publication de photos et de vidéos sont autant de fonctions intéressantes. Mais le sans-fil permet aussi d’interagir avec divers objets connectés usuels. Ainsi, si vous avez un téléviseur Samsung comme le Samsung 46UED8000 doté de la fonction Allshare, vous pourrez visualiser vos clichés directement. Une application iPhone et Android permet également de transformer votre Smartphone en télécommande pour appareil photo numérique ! Hélas, Samsung semble privilégier sa propre gamme, en recommandant des Smartphones comme le Galaxy S2 par exemple. Et de fait, l’application Remote Viewfinder a refusé de s’installer sur notre Sony Arc S, dommage. Sachez enfin que le Samsung WB150F vous permettra de sauvegarder vos photos directement sur Skydrive, le service Cloud de Microsoft.Le Samsung WB150F répond donc à une nouvelle tendance de la photo numérique nomade qui consiste à privilégier le partage immédiat de la photo, parfois au détriment de la qualité d’image quand on utilise un smartphone. Mais peut-on pour autant donner tort à ceux qui privilégient cette pratique ? Après tout, combien de téraoctets de photos dorment tranquillement sur vos disques durs sans que vous y jetiez ne serait-ce qu’un coup d’œil une fois par an ? A quoi bon passer son temps à photographier tout et n’importe quoi pendant ses vacances si c’est finalement pour se contenter de remplir son disque dur ? La photo au smartphone est-elle vraiment de la photographie pour autant ? Le débat fait rage car il faut bien avouer que la qualité d’image d’un smartphone, même haut de gamme, laisse franchement à désirer. En cela, le Samsung WB150F aurait pu réconcilier les deux mondes, celui de la photographie numérique classique, et celui de la photo connectée, en associant à la fois une qualité d’image digne de ce nom et une connectivité hors pair. Il aurait pu… mais hélas, il faut bien avouer que le choix technique du constructeur en matière de capteur d’image et de traitement numérique n’est vraiment pas des plus judicieux.

Une montée en ISO délicate

Le petit capteur CCD fait ce qu’il peut, mais combinez sa faible sensibilité aux conditions d’illumination hivernales à Bruxelles, et voilà le résultat.

A 80 ISO, c’est acceptable. L’image n’est pas parfaitement propre. Le résultat est un peu doux au premier plan et les aplats de couleurs dans le fond sont vite granuleux.

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A 100 ISO, il y a peu de changement finalement. C’est même un peu plus propre, curieusement.

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A 200 ISO, passe encore.

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A 400 ISO, c’est la fin. Le rendu est trop granuleux, le logo de la station-service n’est même plus lisible.

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N’espérez-pas aller au-delà. Pour le fun, voici l’image à 3200 ISO. Assez curieusement, on dirait presque une image instagram.

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Samsung WB150F : une optique de course

Si le capteur laisse à désirer, le Samsung WB150F dispose en revanche d’une optique de grande qualité. Certes, elle n’ouvre pas très grand, à 3,2 en grand angle mais elle ne souffre de quasiment aucune distorsion de barillet. Il faut dire que la petitesse du capteur facilite la tâche des opticiens de Samsung, mais tout de même, c’est très agréable de voir une image aussi peu déformée sur un appareil à 220 euros.

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Les super-zooms posent toujours la question de l’utilité d’un téléobjectif 18x sur un appareil photo compact. Il faut bien dire que les situations où un tel zoom peut vraiment servir à quelque chose sur un petit appareil comme le Samsung WB150F sont rares. Cela étant, force est de constater que la double stabilisation numérique et optique de l’appareil fonctionne à merveille. Voici le cliché que nous avons tiré, en zoom x18 :

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Les deux derniers clichés étant pris du même point de vue, voilà qui donne une petite idée de l’efficacité de la stabilisation du Samsung WB150F. L’appareil met un certain temps à se caler sur vos mouvements, mais une fois la scène stabilisé, les clichés sont d’une exactitude impressionnante.C’est dommage que le constructeur ait choisi pour ce Samsung WB150F un capteur aussi peu à l’aise dans les scènes sombre. Pourtant, le coréen avait mis toutes les chances de son côté pour séduire les amateurs de photographie nomade. Ici l’interface de prise de vue est épurée au possible. On trouve la zone d’autofocus, un histogramme et c’est tout.

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Il est bien sûr possible d’effectuer une prise de vue en mode priorité voire en manuel. Mais franchement, l’ergonomie de l’appareil ne s’y prête guère. Il faut cliquer sur OK avant d’amorcer son réglage d’ouverture, c’est fastidieux. Mieux vaut donc s’en remettre au préréglage Smart, pour une fois loin d’être bête. A noter que le système de tracking des visages fonctionne indéniablement bien et ce même en faible lumière. A essayer !

Qui dit photo connectée dit filtre ! Surtout depuis que l’application Instagram a remis au goût du jour les couleurs délavées des films faussement vieillis. Samsung a vu juste en intégrant quelques filtres bien sentis. Le filtre Retro n’est pas si mal, sans égaler pour autant la référence du genre sur smartphone :

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La fonction vignettage qui rendra tout amateur de belles optiques absolument dépressif, fait également son petit effet :

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Enfin, on ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un filtre parfaitement ridicule, une sorte de vieux parchemin de bouteille à la mer, Cartier Bresson n’a qu’à bien se tenir…

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Enfin, l’appareil fait des panoramas plutôt sympathiques, mais l’algorithme est difficile à maîtriser. L’appareil exigera de vous une régularité parfaite dans vos mouvements. Dommage car le résultat n’est pas si mal.

La vidéo en deçà

L’appareil est capable de filmer en 720p. Hélas, la qualité d’image, surtout en intérieur, laisse à désirer :

Il est possible d’appliquer quelques filtres aussi sur les vidéos, mais c’est sans le moindre intérêt. Si vous filmez, mieux vaut éviter de manipuler le zoom. En effet, il a tendance à réagir avec un train de retard, histoire sans doute d’amortir les transitions. Mais résultat des courses, on a l’impression qu’il vit sa vie de son côté, zoomant plus qu’il ne faut pour ensuite revenir à la position que vous avez demandé. Bref, on vous conseille de rester sur la même focale. Sachez aussi qu’il est possible de prendre une photo pendant le film, mais dans ce cas, l’enregistrement s’arrête.

Au passage, nous avons rencontré une petite bizarrerie : l’appareil n’accepte pas les anciennes cartes SD d’une capacité inférieure à 1Go. C’est étrange, mais il a refusé de reconnaître plusieurs cartes de 512Mo différentes. Ce n’est pas la fin du monde mais c’est tout de même curieux.

Samsung WB150F : un goût d’inachevé

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Le Samsung WB150F aurait pu être une arme absolue pour qui cherche à ajouter une touche de nomadisme à sa passion photographique. Mais hélas, malgré d’excellentes idées et une connectivité absolument fantastique, Samsung semble avoir oublié l’essentiel : un appareil photo doit avant tout faire de bonnes photos. Ici, on est encore loin compte. Samsung a cependant annoncé des compacts plus haut de gamme dotés de la même connectivité et d’un capteur CMOS maison qui devrait être bine plus performant. Et à quand une version Wi-Fi du Samsung NX200 ?

Retrouvez tous les tests d’appareils photos numériques dans nos pages.

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