| [ Vendredi 23 novembre 2007 ] | par Guillaume Louel |
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Nous l’avons vu dans les pages précédentes, entre l’architecture K8 sortie en 2003 et le « K10 » qu’AMD nous propose aujourd’hui, le constructeur a travaillé en interne sur un minimum de deux projets pour remplacer le processeur qui lui a ouvert tant de portes, que ce soit celles des consommateurs, du grand public, et même des partenariats OEM. Ces deux projets avaient un point commun, celui d’être (trop) ambitieux et de n’avoir pu se concrétiser. Le K10 ne pêche pas par son ambition, car dans les grandes lignes, on retrouvera surtout l’architecture du K8 avec une série (importante) d’optimisations.
La première nouveauté est bien sur le passage à quatre cœurs. AMD a choisi la solution d’un quad core natif, c'est-à-dire inclure dans un même die (le morceau de silicium qui compose le processeur) les quatre cœurs de son processeur. Intel propose en effet des processeurs quad core depuis une bonne année maintenant, avec une stratégie différente : accoler deux die de Core 2 Duo. Avec un désavantage sur le plan technique, l’interconnexion entre les deux « couples » de cores se fait par le biais du chipset. Une trop grande communication des cores pourrait donc, théoriquement, saturer le Front Side Bus qui relie le processeur au chipset. Un vieux débat qui avait déjà lieu lors de l’introduction du Pentium D face à l’Athlon X2. Dans la pratique nous n’avions pas relevé, à l’époque, de situations ou le bus était handicapant.

Intel a cependant fait cette concession technique pour une bonne raison, celle de la facilité de fabrication. Plus la complexité d’une puce est grande (le nombre de transistors qui la compose) et plus il devient complexe d’avoir de bons rendements, et de faire monter en fréquence une puce. En séparant les cores, la granularité est améliorée, et l’on limite non seulement les déchets (un core sur quatre qui ne marche pas, c’est quatre cœurs de perdus, contre seulement deux dans le cas d’Intel) mais en plus l’on facilite la montée en fréquence. On peut appairer plus finement les cœurs en choisissant sur le wafer ceux qui montent le plus haut en fréquence : on n’est pas obligé d’utiliser les cœurs voisins.
La solution retenue par AMD peut donc être considérée comme plus léchée sur le plan conceptuel. Dans la pratique, elle a été un handicap et fait partie des causes majeures du retard du Phenom et de ses faibles fréquences. Une puce Phenom contient en effet 465 Millions de transistors en un bloc, tandis que les Core 2 Quad regroupent 2 x 292 millions de transistors. Une solution que Giuseppe Amato, directeur technique et marketing d’AMD pour l’Europe qualifiait en avril dernier de pragmatique. Pour ceux qui ne lisent pas entre les lignes, AMD regrette d’avoir choisi cette route qui les handicape et a déjà annoncé qu’ils utiliseront le « liage » de cœurs pour proposer des puces à huit cœurs dans le futur.
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