La honte de la lutte contre le piratage

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audioCD.jpgDans le combat contre les copies illégales, on a assez fait de news là-dessus, il y a une graduation. Tout d’abord, il y a les DRM qui vont vous empêcher de lire tel ou tel fichier en fonction du support de lecture utilisé même si vous vous êtes acquitté des droits. Avec l’apparition de Google Musique, on a un très joli service qui ne va évidemment pas récupérer tout ce que l’on a acheté sur iTunes ; alors que l’on nous bassine sur les droits d’auteur, pourquoi faudrait-il les payer deux fois pour une chanson écrite une fois ? C’était la même chose quand on est passés de la cassette ou du vinyle au CD et j’ai comme dans l’idée que l’on aura ce genre de problème tout au long de notre vie.

Mais bon… Ce sont juste des DRM.

Le niveau du dessus, c’est les lois du type Hadopi qui peuvent vous faire risquer de perdre votre accès Internet malgré les libertés fondamentales que représente une connexion.

Vient ensuite la chose la plus abjecte, à la limite de la légalité dans de nombreux pays, mais visiblement pas en Finlande. Ça commence par une IP flashée, comme avec Hadopi. La conséquence, c’est une jolie lettre, comme Hadopi, assortie d’une amende mais surtout d’une lettre qui exige le silence de l’utilisateur flashé sur le montant de la transaction. Cette lettre, c’est évidemment la cerise sur le gâteau. Peut-on parler d’omerta ? Probablement pas mais de méthodes très discutables, certainement.

Ça, c’est pour la partie théorique. Or, on sait que derrière des lois, il y a parfois des petites histoires qui se dessinent. Là, ça concerne une gamine de neuf ans qui surfe sur son portable en vue de trouver des informations sur Chisu, une chanteuse finlandaise. À 9 ans, c’est cool d’avoir un portable mais bon, on n’imagine qu’on n’est pas Kevin Mitnick. Sans le faire exprès, la gamine récupère des liens Torrent. Là, vous vous dites : mouais, à neuf ans, on commence à maitriser un petit peu et on n’est plus tout à fait innocent ; je vous arrête tout de suite : elle a téléchargé les torrents, a installé un client mais au bout du compte, aucun téléchargement n’a eu lieu.

Donc, 600 euros exigés et le silence de la famille. Tiens, dit comme ça, on se croirait vraiment dans un épisode des Sopranos. Pour couronner le tout, pour être bien sur, la police a débarqué dans la maison de la petite fille et lui a confisqué son ordinateur qui servira de preuve à conviction. Chisu s’est elle-même agacée devant la tournure de l’affaire et a pris contact avec la famille.

Moi, je propose une ovation debout pour tous les intervenants de cette histoire : les ayants droits qui font toujours les choses avec un grand discernement, la police qui ne semble pas écœurée par la saisie de l’ordinateur d’une gamine (aux couleurs de Winnie l’ourson, on peut parler de saisie historique) mais également tous ceux qui ont permis une telle législation.

Je sais, ça fait un peu mélo. Mais ça existe. Souvenons-nous des débats Hadopi, quand nous imaginions les cas les plus tordus qui donneraient lieu à des situations familiales complexes ; tous les pro Hadopi, l’UMP (à l’exception de Lionel Tardy qui semble être l’éternel dissident du parti !) expliquaient que justement, on faisait dans le pathos, le mélo, qu’on noircissait le tableau. Ces situations existent, que l’on soit en Finlande ou en France. Le problème reste le même ; et il semblerait que ce ne soit pas un problème de droit d’auteur mais d’ayants droits se comportant de façon excessive dans le meilleur des cas, comme en France, honteuse comme ici en Finlande.

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