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Panasonic TX-65AX800E : Quasiment un plasma

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    Après l’abandon du plasma par Panasonic, faute de rentabilité pour une technologie arrivée en bout de course, Panasonic n’a cessé de dire qu’à terme, ses écrans LED arriveraient au niveau technique de leurs illustres ancêtres, une promesse jamais tenue… du moins jusqu’à aujourd’hui. Avec ce Panasonic TX-65AX800E.

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    Le Panasonic TX-65AX800E est un écran taillé pour le home-cinéma. Compatible 4k, doué pour la vidéo, et bardé d’options intéressantes, y compris pour les joueurs, c’est un écran sur lequel le constructeur japonais fonde beaucoup d’espoir. Il faut dire que la barre est haute, puisque Panasonic a été la dernière référence plasma digne de ce nom sur le marché, et je dis ça, même s’il est déjà certain qu’un utilisateur Lambda viendra vanter les mérites de son antédiluvien plasma Pioneer et gnagnagna.

    Plasma : « Le Grand public m’a tuer »

    Non. La dernière référence Plasma en termes de qualité d’image commercialisée reste Panasonic, quoiqu’on en dise. Et si les destins du plasma chez Panasonic et Pioneer partagent le même funeste plan final, les raisons de la chute sont bien différentes. Pioneer avait mis un point d’honneur à rester une marque exclusive, se fortifiant dans un marché d’ultra niche fait de passionnés d’image. Mais on ne fait pas tourner une usine avec une poignée de passionnés quand on vend des téléviseurs. A l’inverse, les plasmas Panasonic étaient plus démocratiques, avec des prix largement en dessous des meilleurs LED à diagonale égale, avec pourtant une qualité d’image supérieure. Ce qui a tué le plasma Panasonic, c’est le grand public, qui continue de privilégier les beaux écrans aux belles images. Car le plasma n’était pas fin. Il était arrivé aussi au bout de sa vie, incapable de monter en 4k dans des diagonales respectables. Ajoutons à cela, un étiquetage écologique qui pouvait représenter un terrible surcoût annuel…de l’ordre d’une vingtaine d’euro par an, et des soucis de marquages, et vous comprendrez que Madame Michu tape plus facilement dans l’écran bling-bling sans trop de souci que dans un appareil à si mauvaise réputation. Et c’est bien dommage, car on continuera de regretter longtemps cette technologie. Toujours est-il qu’en attendant, Panasonic n’avait pas vraiment l’intention de se débarrasser du savoir-faire acquis, et a donc tout fait pour retrouver, à l’aide d’une dalle LED, le rendu d’un écran plasma. Et avec ce AX800, on n’est tout de même pas loin du compte.

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    Design et finition : du lourd

    Il a mis du temps à arriver cet écran. Avec un carton pesant pas loin de 60kg, on peut comprendre que le constructeur rechigne à le faire tourner dans les rédactions. Ce 65 pouces absolument gigantesque offre une finition de premier plan, mais pourquoi 60kg ? C’est bien simple. L’écran repose sur un trépied, constitué des coins des enceintes et d’un lourd contrepoids en métal de 20kg.

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    Une solution peu judicieuse selon nous car il faut alors un meuble qui fasse TOUTE la largeur de l’écran, sinon c’est la casse. La barre sous la dalle est en plastique très mou, ce qui procure au préposé à l’installation la sensation de stress d’un démineur.

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    En gros, à part le pied en fonte et les coins de la dalle, l’écran ne repose sur rien. Surtout, en soi, une telle approche est assez peu compréhensible. En effet, puisque c’est un positionnement en trépied, finalement, pourquoi ne pas avoir opté pour une barre de soutien, un peu comme sur un cadre photo ? Cette installation fait aussi que vous ne pourrez pas le placer trop près du mur. Bref, c’est correct, mais sans plus.

    Ergonomie

    Côté ergonomie, l’appareil alterne le bon et le moins bon. D’un côté, on apprécie l’interface, propre, simple et claire. Mais la télécommande à pavé tactile n’est pas si pratique qu’il n’y parait dans la mesure où on n’a pas de curseur correspondant à l’écran pour « cliquer » quelque part.

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    On aura donc raison d’utiliser l’autre, plus traditionnelle, mais offrant tout de même pas mal de raccourcis pratiques.

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    L’interface de la TV connectée est plus austère que sur le Samsung HU8200.

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    L’interface d’accueil est aussi très pro, et relativement proche de la génération précédente.

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    Le programme courant en encadré, quelques raccourcis, et puis c’est tout. Le reste des menus est plutôt austère aussi, voici par exemple le réglage d’image.

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    Equipement

    L’équipement est très complet et aussi très pro. Outre la flopée de prises HDMI dont une est HDMI 2.0, on trouve une entrée display port, ce qui devrait ravir les utilisateurs PC. En effet, c’est une option rare alors que ça permet de monter en 4k à 60Hz avec le seule fournisseur de contenu 4k grand public à ce jour : le PC.

    Le lecteur multimédia a bien voulu de nos films en 4k avec d’ailleurs un rendu remarquable. Nous y reviendrons. On trouve aussi deux paires de lunettes 3D dans le carton.

    Panasonic TX-65AX800E : une consommation dans la norme

    La consommation du Panasonic TX-65AX800E est correcte pour un écran aussi monstrueux. Comptez 240W à plein régime.

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    Panasonic TX-65AX800E: des réglages très fin

    Le Panasonic TX-65AX800E offre des possibilités de réglage assez poussées. Cela dit, on pourra en fait se contenter du préréglage THX. Vraiment convaincant.

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    Pour rappel, ce graphique donne la différence entre la nuance de couleur désirée et celle réellement affichée.

    – Si DeltaE > 3, alors la couleur affichée est sensiblement différente de celle exigée, cet écart pourra être perçu par l’utilisateur.
    – Si DeltaE < 2, LaCie considère que la calibration comme réussie, une légère différence persiste mais elle sera quasiment indécelable par son propriétaire. – Si DeltaE < 1, la fidélité des couleurs est excellente. L’appareil s’en sort bien, avec une bonne température des couleurs en « chaud 2 » à 6200K. On a baissé la luminosité à 75% pour ce test. Les teintes les plus claires dévient un peu malgré la désactivation du contraste dynamique. Ce n’est pas si gênant que cela, les tons chair restant particulièrement justes. tablo3.jpg

    Le contraste natif n’est pas si mal, à 2470 :1. C’est un bon écran. On peut aller plus loin en modifiant le rétroéclairage dynamique, qui n’est pas matriciel d’ailleurs contrairement à ce qui semble indiquer la fiche de spécifications. Mais en activant le contraste dynamique, ou le rétro-éclairage zoné, on perd en fidélité chromatique et les ombres se bouchent. D’ailleurs, les réglages pro et THX désactivent ces gadgets à juste titre. Reste que l’écran est assez sensible aux reflets et c’est bien dommage.

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    Passé au Gretag Eye-one Display 2, l’écran s’en sort parfaitement. Il se montre un peu plus performant dans le rouge, mais ce n’est pas un écran wide gammut.

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    Le gammut représente la richesse des couleurs affichées. Les coins du triangle sont les couleurs primaires (en synthèse additive, bien sûr). Ainsi, la surface du triangle représente l’ensemble des couleurs affichables en combinant les trois teintes primaires avec plus ou moins d’intensité pour chacune d’entre elles. Donc plus la surface du triangle est étendue, plus les couleurs sont riches.

    Panasonic TX-65AX800E : Uniformité excellente

    Nous avons mesuré l’uniformité de cet écran. Pour rappel, voici la méthode :

    Nous réglons la dalle sur 50 % de luminosité, 50 % de contraste et nous mesurons l’uniformité de l’éclairage dans une image blanche quadrillée en 64 zones de taille égale : le point le plus lumineux est considéré comme le point 100 %, la valeur du noir précédemment mesurée est considérée comme 0 %, les autres valeurs mesurées sont étalées ensuite.

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    Le Panasonic TX-65AX800E offre une bonne uniformité. C’est indéniable, et tout à fait appréciable pour un écran 65 pouces. Nous n’avons pas constaté de bleeding ou de banding sur cet écran.

    Panasonic TX-65AX800E : du jeu !

    Le Panasonic TX-65AX800E offre une excellente réactivité. C’est assez rafraichissant, surtout si l’on compare aux veaux auxquels on a été habitués récemment. Ce n’est toujours pas aussi bon qu’un moniteur informatique dédié, mais tout de même, on arrive à un peu plus de 12ms de latence. Et c’est une belle performance.

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    Pour rappel, encore une fois :

    Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l’abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d’abscisse tandis qu’une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255).

    Qualité vidéo

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    L’image est très naturelle, assez douce, certes, mais d’une justesse incroyable. Malgré l’emploi d’une dalle LED à rétro-éclairage edge, on bénéficie d’un contraste approchant les 2500 :1 et surtout le traitement d’image rend vraiment honneur au film. C’est de loin la meilleure compensation de mouvement du marché. Dès la position minimum du curseur, on élimine agréablement les saccades avec très peu, pour ne pas dire pas, d’artefacts gênant dans les travellings. L’image est très cinéma, même avec des contenus ultra-HD et certains pourront être gêné par ce rendu moins clinique que chez la concurrence et pourtant plus fidèle au cinéma.

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    On apprécie les réglages très sérieux du constructeur, avec une température des couleurs parfaites et des tons chair très justes. La 4k offre des images d’un piqué très élevé, mais le rendu est sans doute un peu plus doux que chez Samsung. En revanche, sur les Blu-ray en 1080p, l’image est bluffante et la mise à l’échelle est quasi parfaite. Le rendu est très proche d’une plasma, c’est une belle réussite.

    Jeu vidéo

    L’appareil s’en sort très bien. On apprécie deux choses : la rapidité de la dalle permet d’éviter les flous lors des déplacements, et l’appareil dispose d’un DisplayPort, ce qui reste très pratique pour jouer sur PC. A l’heure actuelle, c’est l’écran qu’il vous faut si vous êtes joueurs.

    3D

    Pour les trois personnes que ça intéresse encore, sachez que la 3D sur ce modèle passe relativement bien. Les lunettes actives sont assez massives, et les effets de relief sont bien là. Par contre, sur les scènes piégeuses, on a pu remarquer un peu de dédoublement. C’est le cas notamment lors de la scène d’intro de Tempête de boulettes géantes, particulièrement difficile à passer.

    Mode PC

    Aucun problème avec un PC, que ce soit en HDMI ou via le display Port. On vous recommande le display port, évidemment.

    Qualité sonore

    La section audio, sans être désagréable, est perfectible, notamment en ce qui concerne les basses, très peu présentes.

    Panasonic TX-65AX800E : l’écran fantastique

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    Le Panasonic TX-65AX800E est vraiment en décalage par rapport aux productions actuelles. Il n’est pas incurvé, il n’offre pas un rendu clinique. Sa TV connectée est tout juste correcte. Simplement, il fait ce que devrait faire tout écran qui se respecte : offrir une image de qualité, la plus proche possible du cinéma. On sait déjà que, commercialement, ce n’est pas une stratégie payante. Le grand public préfère le plastique chromé et les images qui pètent. Tant pis pour lui. Il y a quelque temps, on m’avait dit dans les commentaires que l’AX800 était un écran qui valait le détour. J’avais dit que je jugerai sur pied. C’est chose faite, un peu tard évidemment puisque Panasonic livre ses écrans au compte goûte à la presse, et c’est vraiment un tort. En attendant, les vrais amoureux de l’image, et les joueurs, auront raison d’opter pour un Panasonic AX800.

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