Philips 242G5 : 144Hz sinon rien

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L’écran Philips 242G5 s’inscrit dans la course aux Hertz très tendance en ce moment. Au-delà de la fréquence de rafraichissement, l’appareil offre une foultitude de goodies que les amateurs de jeu vidéo apprécieront, le tout dans une coque de qualité.

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L’écran Philips 242G5 est un 24 pouces conçu pour les joueurs. Le bonhomme en armure sur la boite ne laisse pas la place au doute : on n’est pas là pour déconner. Ou plutôt si, justement. Avec un taux de rafraîchissement de 144Hz, l’appareil est à destination des gamers, des vrais, des velus… mais encore faut-il que les jeux soient prévus pour.

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Design et finition

L’appareil est vraiment classieux. C’est désormais une tendance sur les écrans de jeu : exit les couleurs flashy et les néons façon Opel Corsa tunée (ou Opel Manta, toute une époque, pour les vieux qui nous lisent). Ici, la ligne rouge qui court au bas de la dalle est l’unique fantaisie. La construction est solide, digne d’un écran professionnel.

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Ergonomie

L’appareil est réglable en hauteur, en inclinaison, et il dispose d’un mode pivot. L’OSD est très complet et surtout, on a droit à une petite télécommande filaire, le fameux Smart KeyPad. Il permet d’accéder facilement aux divers réglages, et d’enregistrer quelques réglages que vous pourrez changer à la volée selon le type de jeu, ou plus simplement si vous êtes plusieurs à jouer avec vos préférences sur un seul et même PC.

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Evidemment, c’est en tout point conforme à ce que l’on trouve sur un Benq XL2720T par exemple.

Equipement

L’équipement est très luxueux. Pour passer le cap des 120/144Hz en Full-HD, l’idéal est de passer via le Display Port ou le DVI Dual Link selon les dires du constructeur, mais on verra par la suite que tout ne se passe pas comme prévu. Deux prises HDMI sont également de la partie, compatibles MHL pour les tablettes et les smartphones. On profite aussi de quatre prises USB 3.0 dont une est compatible Fast Charge. Bref, c’est très luxueux.

Philips 242G5 : une consommation correcte

Nous avons pu évaluer la consommation du moniteur Philips 242G5. C’est honnête sans être miraculeux, avec une consommation de 20W dans nos conditions de tests standard.

tablo2.jpgLe moniteur Philips 242G5 est un moniteur de jeu. Pour autant, il fait montre d’une certaine justesse quant aux réglages chromatiques. Certes, le mode 6500K est trop chaud, à 600K mais le mode sRGB, à 6200K est plus recommandable sans être parfait. En manuel, on s’est contenté d’un léger ajustement du rouge : Luminosité à 100, contraste à 50, rouge à 80, vert à 96, bleu à 100. Dans ces conditions on obtient des couleurs tout à fait satisfaisantes :

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Pour rappel, ce graphique donne la différence entre la nuance de couleur désirée et celle réellement affichée.

– Si DeltaE > 3, alors la couleur affichée est sensiblement différente de celle exigée, cet écart pourra être perçu par l’utilisateur.
– Si DeltaE < 2, LaCie considère que la calibration comme réussie, une légère différence persiste mais elle sera quasiment indécelable par son propriétaire. - Si DeltaE < 1, la fidélité des couleurs est excellente. C’est largement suffisant. Toutes les couleurs sont correctes et 95% sont simplement parfaites. tablo3.jpg

Le contraste est en revanche une petite déception. On s’attendait quand même à des valeurs supérieures, même si l’écran est en dalle TN. Pour rester dans des valeurs tenables de luminosité, il faut baisser le curseur à 51%. Dans ce cas, le contraste n’est que de 800 :1

Passé au Gretag Eye-one Display 2, l’écran montre qu’il respecte le standard en vigueur. Le diagramme de gauche témoigne aussi de l’excellente linéarité du rendu.

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Le gammut représente la richesse des couleurs affichées. Les coins du triangle sont les couleurs primaires (en synthèse additive, bien sûr). Ainsi, la surface du triangle représente l’ensemble des couleurs affichables en combinant les trois teintes primaires avec plus ou moins d’intensité pour chacune d’entre elles. Donc plus la surface du triangle est étendue, plus les couleurs sont riches.

Philips 242G5 : Uniformité spatiale

Nous avons mesuré l’uniformité de cet écran. Pour rappel, voici la méthode :

Nous réglons la dalle sur 50 % de luminosité, 50 % de contraste et nous mesurons l’uniformité de l’éclairage dans une image blanche quadrillée en 64 zones de taille égale : le point le plus lumineux est considéré comme le point 100 %, la valeur du noir précédemment mesurée est considérée comme 0 %, les autres valeurs mesurées sont étalées ensuite.

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Le Philips 242G5 offre une excellente uniformité. Il y a un côté légèrement moins lumineux que le reste, comme en témoigne le graph ci-dessus, mais ce n’est pas bien gênant. Le Philips 242G5 est un écran de jeu. Aussi, pour turbiner à 144Hz, on se dit qu’il devrait normalement être capable d’une réactivité digne de ce nom. En fait, théoriquement, pour vraiment fonctionner à 144Hz, il faudrait une réactivité sous les 6,9ms… et pour être encore plus rigoureux, si on veut atteindre 95% de la valeur désirée du pixel pour chaque trame, il faudrait une constate de temps de 2,3ms. Sur le papier, ça se tient, puisque l’appareil annonce 1ms de temps de latence. Mais dans la pratique, on est encore loin du compte. L’overdrive est programmable. Par défaut (sur Off), l’écran n’a rien pour plaire à un joueur, avec une réactivité de l’ordre de la quinzaine de millisecondes.

Pour abaisser la latence à des valeurs plus acceptable, il faut jouer du curseur de Smart Response. Mais voilà, il faut éviter de passer la position « Faster », sans quoi on se retrouve avec du negative ghosting. Et en « Faster », on atteint péniblement les 6ms en pic.

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A comparer avec notre Asus VG248QE de référence, le Philips fait tout de même pâle figure. Toutefois, si vous forcez le taux de rafraichissement en 144Hz sur votre PC, alors il y a un petit souci : vous ne pouvez plus choisir l’overdrive. Et dans ce cas, il y a un dépassement de consigne massif et il faudra faire avec.

Pour rappel, encore une fois :

Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l’abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d’abscisse tandis qu’une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255).

Dépassement de consigne

Avec nos conditions de tests, il n’y a qu’un léger dépassement de consigne et donc un negative ghosting à peine perceptible. L’écran récolte donc un B. Vous pouvez pousser plus loin si le cœur vous en dit, mais franchement, les détourages deviennent beaucoup trop visibles sur les objets en déplacement. Quand vous utilisez le 144Hz, vous n’avez plus le choix et l’overdrive est beaucoup trop exagéré. C’est donc un C en 144Hz.

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Pour rappel, la classe d’overdrive Ere-numérique permet d’évaluer la précision de l’overdrive sur les dalles LCD. Quelle importance me direz-vous ? Si l’overdrive est mal maîtrisé, les couleurs affichées ne sont pas du tout correctes pendant plus d’une image. On obtient une couleur plus flashy que celle demandée. C’est gênant dans les films où ce phénomène engendre du bruit vidéo. Dans les images animées, ce problème peut se traduire par l’apparition d’aberration chromatique. Certaines couleurs non demandées apparaîtront temporairement, du rouge dans une transition vert-jaune par exemple.

Dans la pratique

Passons rapidement sur la bureautique. L’appareil est confortable et on trouve ses marques facilement grâce à une coque généreusement ajustable. Dans les vidéos, l’appareil ne démérite pas. Les couleurs sont correctes après réglages et le fourmillement sur les aplats de couleurs s’inscrit dans la moyenne de ce que l’on a pu voir jusqu’ici. Venons-en au jeu vidéo. 144Hz ou pas, Philips n’a pas jugé bon de se lancer dans l’aventure de la 3D avec Nvidia 3D vision 2. Le taux de rafraichissement élevé ne trouve donc son application qu’en 2D pour une animation plus fluide si votre carte graphique suit évidemment. Nous avons essayé BattleField 4, en Full-HD et en 144Hz. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’image est vraiment belle avec une grande stabilité. Est-elle plus fluide que sur d’autres écrans 120Hz ? Pas vraiment. Nous avons noté de temps en temps quelques filés dans les déplacements et un peu de ghosting. Rien de bien gênant au quotidien, mais juste assez pour agacer.

Attention, on ne passe pas en 144Hz comme cela. Sur notre PC de test (Intel Core i5 2500, Radeon R9 280X), le HDMI et le DisplayPort étaient limités au 120Hz. Il faut donc passer par du DVI Dual link pour que ça fonctionne. Vous voilà prévenu.

Philips 242G5 : à peaufiner

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Le Philips 242G5 n’est pas l’arme absolue du jeu vidéo sur PC. Face à notre écran de référence en 120Hz, le VG248QE, il ne fait pas franchement le poids et il y a trop peu de jeux en 144Hz pour justifier un tel taux de rafraichissement. En outre, il faut aussi dire que l’overdrive est mal réglé. On a le choix entre de la rémanence ou du negative ghosting. Il faudrait revoir ce point dans l’OSD. C’est dommage car l’appareil a visiblement du potentiel. L’ergonomie et la connectique sont parfaites et les couleurs sont plutôt bien réglées. Allez, Philips, une V2 ?

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