ASUS PB278Q : la très haute résolution en pro

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L’écran ASUS PB278Q est 27 pouces WQHD à destination des graphistes… a priori. Mais avec un prix de vente tournant autour de 600 euros (570 euros sur le net), il pourrait en intéresser plus d’un, d’autant que les performances sont loin d’être ridicules.

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L’écran ASUS PB278Q est tiré de la gamme de moniteurs « graphiques » du constructeur taiwanais. Il associe une ergonomie de premier plan, un design sobre et une dalle WQHD, affichant donc une résolution de 2560 x 1440 pixels. Mais la bonne surprise nous viens du prix : 600 euros environ, un peu moins sur le net. Et dire que nous trouvions le Viewsonic VP2770-LED pas cher avec ses 765 euros il y a six mois. Bref, le prix des dalles WQHD baisse constamment, et c’est tant mieux. Côté performance, les progrès sont là aussi, mais l’écran n’est pas fait pour tous pour autant…

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Design et finition

Même si la marque est plutôt connue pour ses écrans gamer, Asus propose aussi une ligne d’écran pour les professionnels de l’image. Et la finition de cet écran ne laisse aucun doute. La coque est réalisée dans un plastique épais, noir granité. C’est loin d’être fun mais ça se veut efficace. De fait, la stabilité de l’ensemble est irréprochable et l’assemblage est des plus sérieux.

Ergonomie

L’écran offre une dalle ajustable en hauteur et en inclinaison. L’écran dispose d’un mode pivot et la base est rotative. L’OSD est très complet, sans fioriture également mais on trouve tout ce qu’il faut pour un usage pro. Les pré-réglages sont bien calés et l’accès se fait via une série de gros boutons que l’on trouve facilement. Le tactile, très peu pour les pros…

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Equipement

L’équipement est assez complet, avec le VGA, le DVI dual link et le Display port en plus du HDMI. En revanche, on regrette l’absence d’un hub USB, que proposait le Viewsonic VP2770-LED un poil plus cher.

Consommation : toujours un peu élevée

Nous avons mesuré la consommation du moniteur ASUS PB278Q : c’est plutôt bon. En condition de mesure standard, on arrive à 27,1W. C’est peu pour un écran WQHD même si c’est toujours au-dessus de la moyenne des écrans Full-HD dans cette diagonale comme le Iiyama X2775HDS.

tablo2.jpgLe moniteur ASUS PB278Q est assez correctement réglé par défaut. Le mode 6500K a été mesuré à 6400K, c’est assez proche. Mais attention, il y a tout de même beaucoup de vert. Pour corriger le souci, il faut en passer par le réglage utilisateur. Voici ce que nous vous proposons : rouge=41, vert=50, bleu=44. On laisse le contraste à 80 et la luminosité à 40 et voilà ce que l’on obtient :

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Pour rappel, ce graphique donne la différence entre la nuance de couleur désirée et celle réellement affichée.

– Si DeltaE > 3, alors la couleur affichée est sensiblement différente de celle exigée, cet écart pourra être perçu par l’utilisateur.
– Si DeltaE < 2, LaCie considère que la calibration comme réussie, une légère différence persiste mais elle sera quasiment indécelable par son propriétaire. - Si DeltaE < 1, la fidélité des couleurs est excellente. Toutes les couleurs sont au moins correctes et 95% sont simplement parfaites. Même pour une utilisation photo, c’est largement suffisant. tablo3.jpg

Le contraste est assez décevant. On est un cran en dessous du Viewsonic VP2770-LED et très inférieur au LG 29EA93. Bref, c’est une petite déception car pour la photographie, c’est tout de même un peu juste.

Passé au Gretag Eye-one Display 2, l’écran montre qu’il fait un peu mieux que le standard, dans chaque couleur primaire. On note sur la gauche la légère prédominance verte sur la gauche, rien de bien gênant en soi.

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Le gammut représente la richesse des couleurs affichées. Les coins du triangle sont les couleurs primaires (en synthèse additive, bien sûr). Ainsi, la surface du triangle représente l’ensemble des couleurs affichables en combinant les trois teintes primaires avec plus ou moins d’intensité pour chacune d’entre elles. Donc plus la surface du triangle est étendue, plus les couleurs sont riches.

ASUS PB278Q : Uniformité spatiale

Nous avons mesuré l’uniformité de cet écran. Pour rappel, voici la méthode :

Nous réglons la dalle sur 50 % de luminosité, 50 % de contraste et nous mesurons l’uniformité de l’éclairage dans une image blanche quadrillée en 64 zones de taille égale : le point le plus lumineux est considéré comme le point 100 %, la valeur du noir précédemment mesurée est considérée comme 0 %, les autres valeurs mesurées sont étalées ensuite.

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Le ASUS PB278Q offre une uniformité excellente, l’écran marque ici des points face au Viewsonic VP2770-LED.Le moniteur ASUS PB278Q offre une réactivité plutôt moyenne. On peut l’ajuster via l’OSD, grâce au curseur TraceFree, mais attention. Il faut raison garder : au-delà de 40%, il y aura du negative Ghosting. Et l’image devient vite désagréable. On doit donc se contenter d’une réactivité assez moyenne, comptez 16.6 ms.

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Pour rappel, encore une fois :

Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l’abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d’abscisse tandis qu’une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255).

Dépassement de consigne

Nous n’avons pas enregistré de dépassements de consigne gênants. L’écran écope donc d’un A… si vous ne dépassez pas les 40% du curseur TraceFree.

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Pour rappel, la classe d’overdrive Ere-numérique permet d’évaluer la précision de l’overdrive sur les dalles LCD. Quelle importance me direz-vous ? Si l’overdrive est mal maîtrisé, les couleurs affichées ne sont pas du tout correctes pendant plus d’une image. On obtient une couleur plus flashy que celle demandée. C’est gênant dans les films où ce phénomène engendre du bruit vidéo. Dans les images animées, ce problème peut se traduire par l’apparition d’aberration chromatique. Certaines couleurs non demandées apparaîtront temporairement, du rouge dans une transition vert-jaune par exemple.

Dans la pratique

Pour atteindre la résolution native, il faudra en passer par une prise DVI Dual Link ou le display port. Les autres connecteurs vous laisseront avec une résolution Full-HD. A l’essai, l’écran est résolument conçu pour la création. On trouve par exemple une série de calques directement accessibles depuis l’OSD pour différents formats d’impression (A4, A5, etc.) afin de se faire une idée de la taille réelle de ses créations une fois imprimées. Ça part d’un bon sentiment, mais il est bien évident que ceux qui font de la créa leur métier ou leur passe-temps trouveront exactement la même chose dans leurs logiciels favoris.

Côté graphique justement, on doit bien dire que la qualité d’image est des plus appréciables. La précision des teintes est largement suffisante pour la photo, mais on regrette un certain manque de dynamique dans les teintes sombres. C’est marginal, mais il arrive que l’on perde quelques détails dans les zones d’ombres sur les photos. Le contraste est assez faible aussi. En revanche, la dalle mate est très agréable à l’usage. On trouve facilement une position de travail confortable et les angles de vision sont larges à souhaits grâce à l’adoption d’une dalle PLS.

En revanche, pour la vidéo, c’est quand même assez moyen… faute de sources suffisamment résolues. La mise à l’échelle n’est pas bonne si l’on utilise un lecteur Blu-ray en HDMI. Si la résolution n’y est pas, en revanche, il y a peu de fourmillement sur les images. Les aplats restent assez propres.

Pour les jeux vidéo, il faut une cavalerie numérique suffisante pour alimenter les 2560 x 1440 pixels. Mais même si vous avez un PC de furieux, il faut avouer le résultat est moyen, et surtout incompatible avec les exigences d’un gamer. La réactivité est assez moyenne et le temps de descente atteint facilement les 8ms, de quoi laisser pas mal de traces à l’écran.

ASUS PB278Q : bonne cuvée

L’écran ASUS PB278Q est pour nous assez recommandable. On le préfère même au Viewsonic VP2770-LED grâce à sa finition très correcte et son réglage par défaut très convaincant même s’il n’est pas encore parfait. Ce test est aussi l’occasion de faire le point sur les dalles WQHD : si le prix ne cesse de baisser, force est de constater qu’aucune dalle à ce jour n’est satisfaisante pour le jeu vidéo. L’écran WQHD est encore à inventer. Peut-être nous viendra-t-il de Iiyama ? A suivre…

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