Sony VPL-HW55ES : Evolution sans révolution

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Voilà un peu plus d’un an que nous avons testé le dernier modèle de vidéoprojecteur SXRD signé Sony. Avec le VPL-HW55ES la marque japonaise entend bien conserver son leadership en proposant ce qui se fait de mieux pour les amateurs de home-cinéma. Sur le papier les annonces techniques sont alléchantes mais ne semblent pas être en mesure de bouleverser l’ordre établi.

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Chaque année Sony dévoile quelques nouveautés, tantôt simples évolutions des précédentes versions, tantôt véritables avancées technologiques. Le Sony VPL-HW55ES n’échappe pas à cette règle venant remplacer le déjà très performant Sony VPL-HW50ES. Proposé à 3 190 euros avec deux paires de lunettes 3D, ce vidéoprojecteur se positionne clairement comme un produit haut de gamme destiné aux installations fixe. Son encombrement certain (407,4 mm x 179,2 x 463,9 mm) et son poids de 9,6 kg imposent immédiatement le respect. C’est donc en pièce maitresse d’une salle dédiée au cinéma que ce nouveau Sony prend sa place. D’un simple regard sur les caractéristiques techniques de ce diffuseur, on constate que rien n’a été laissé au hasard. Reality Creation, Advanced Iris 3, Dynamic Lamp Control Technology, Motion Flow et Real Color Processing 2, le tout pour doper les performances d’une matrice SXRD Full HD et de sa lampe UHP de 200 watts. En théorie Sony annonce 1 700 Lumens et un taux de contraste maximal de 120 000 :1. Comme toujours ces valeurs sont exagérées par les fées du marketing, on jugera donc sur pièce en conditions réelles.

Sony VPL-HW55ES : un beau bestiau

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Un petit tour du Sony VPL-HW55ES dévoile un design maintenant convenu chez Sony avec des courbes tout en douceur, et une coque noire ou blanche selon vos besoins. La télécommande fournie est de belle facture et respire la qualité de fabrication, l’effet lumineux bleuté autour des touches permettant une parfaite lisibilité dans le noir. L’optique centrale est surmontée d’une bague de réglage manuel du lens shift horizontal (+/- 25%) et vertical (+/- 71 %). Idem pour la mise au point et le zoom (x1,6) qui sont aussi manuels, mais qu’on aurait préféré motorisés.

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Sur le côté, on trouve les deux entrées HDMI 1.4, le connecteur pour l’alimentation, une entrée YUV, une VGA et un port RJ45. Au dessus des touches donnent accès au menu si nécessaire. L’avantage de positionner ces éléments sur le côté et non derrière l’appareil est de pouvoir coller le vidéoprojecteur contre un mur en fond de salle tout en laissant libre accès aux connectiques. Comme le Sony VPL-HW55ES est compatible 3D, il est proposé avec deux paires de lunettes rechargeables très ordinaires, qu’on aurait aimé plus aériennes. Le montant est assez épais avec des côtés opaques qui donne l’impression de porter des lunettes de protection. L’émetteur IR est quant à lui intégré dans le vidéoprojecteur lui même, un bon point pratique et esthétique.

Sony_VPL-HW55ES-04.jpgL’installation physique du Sony VPL-HW55ES devra se faire dans les règles de l’art et avec précaution étant donné le poids de l’appareil. Une fois cela dit, la puissance du zoom et du lens-shift laisse une grande latitude de positionnement quant à la surface de projection. On obtient sans mal une image de 2 mètres de base avec un recul minimum de 2,74 mètres et un maximum de 4,38 mètres. Pour les plus pointilleux, Sony propose de réaliser une convergence des matrices à un pas de 0,1 pixels, ce qui assure une parfaite tenue de la superposition des couleurs dans le temps. Sur notre modèle de test cela a été nécessaire, mais rassurez vous le procédé n’a pris que quelques minutes. Mise au point et zoom manuelle réglés, on accède au menu de réglages identiques à ceux habituellement installés sur les appareils de la marque. On trouve ainsi des modes couleurs préréglés en usine comme « cinéma film 1 et 2 », « référence », « TV », « photo », « jeu », « cinéma lumière », « TV lumière » et « 1 mémoire » de sauvegarde pour un réglage personnel.

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Autant dire que le choix est vaste et permettra vraisemblablement de trouver son bonheur. Les gammas sont ensuite réglables sur 10 valeurs. Pour améliorer le taux de contraste Sony propose un système de régulation de flux lumineux sur 3 modes : « auto complète », « auto limitée » et un mode totalement manuel par pas de 1 de 0 à 100. Les températures couleurs sont prédéfinies en usines de 5500 K à 9300K mais on pourra aussi bien sûr faire ses propres recettes en intervenant sur le gain et la saturation. Enfin pour améliorer la fluidité des travellings, on retrouve le très efficace Motion Flow ajustable sur « bas », « haut » et « off ». Pour la 3D on pourra aussi régler la profondeur d’image entre -2 et +2 et booster la luminosité si nécessaire pour palier à l’opacité des lunettes. Il est aussi possible de convertir la 2D en 3D même si nous considérons cela comme un gadget.

Sony VPL-HW55ES : puissant

Une fois devant la toile, on constate que la puissance lumineuse dégagée par la lampe permet d’éclairer sans problème une toile de 2,5 mètres de base avec une excellente uniformité. Les modes couleurs dédiés à l’utilisation en pièce éclairée sont comme souvent peu fidèles et ne permettent pas de tirer le meilleur en terme de contraste ou de profondeur des noirs. Cependant, ils seront utiles si le vidéoprojecteur est installé dans un salon. Avec quelques ajustements, on ne criera pas au scandale et on pourra profiter d’une émission câblée dans de bonnes conditions. Il est évident donc que le Sony VPL-HW55ES se dévoilera complètement dans une salle de cinéma plongée dans le noir. Dès lors on retrouve tout ce que l’on aime chez ce genre de produit, à savoir : un contraste excellent, des noirs profonds qui ne noient pas les scènes sombres dans le marasme visuel et une justesse des couleurs quasiment parfaite en mode « référence ». La base est donc là pour profiter pleinement d’un Blu-ray. Il ne sera d’ailleurs pas nécessaire de jouer avec l’iris automatique, on conseillera juste de peaufiner l’ouverture de l’iris en fonction de la taille de votre écran et des conditions de projection.

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Pour améliorer le résultat, et c’est possible, on poussera volontiers la netteté car à l’origine l’image nous semble manquer de précision. Pour aller encore plus loin, on pourra aussi activer le Reality Creation avec modération sous peine de voir du bruit vidéo apparaître ici et là. Avec un peu de patience, on obtiendra une belle présence des visages, et un superbe niveau de détails sur des plans larges. Il suffira juste de jouer sur les réducteurs de bruits et sur le niveau du Reality Creation. Le Sony VPL-HW55ES intègre aussi un procédé de fluidification des images, sous le nom de Motion Flow. Tout aussi efficace que sur les précédents modèles de la marque, il peut donner une impression de tournage au caméscope s’il est trop poussé. En mode bas, c’est pour notre part le maximum supportable et cela n’engendre pas de problèmes visuels flagrants.

Même si on achète en général ce genre de vidéoprojecteur pour regarder des films, certains pourraient aussi l’utiliser pour jouer au jeu vidéo à l’occasion. On retrouve alors bien sûr les mêmes qualités qu’en home cinéma ce qui n’est pas pour nous déplaire. On bénéficie ainsi d’un maximum de détails dans les jeux sombres, ce qui n’est pas un luxe quand on veut échapper à un ennemi tapi dans l’ombre. Pour les jeux nerveux, le Motion Flow donne des ailes au frame rate, donnant la sensation de grande fluidité. On conseillera en général de jouer dans une pièce sombre ou très légèrement et indirectement éclairée, car en plein jour il ne faudra pas s’attendre au même résultat.

Sony VPL-HW55ES : un must

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Sony propose une fois de plus un vidéoprojecteur abouti qui délivre des images superbes avec un minimum de réglages. Les amateurs de home-cinéma en 2D et en 3D se feront à coup sûr plaisir avec ce vidéoprojecteur. On regrettera une mise au point et un zoom encore manuels, mais il faut bien admettre qu’on oublie vite la machine au profit du spectacle et c’est là un gage de réussite. Si on doit comparer le Sony VPL-HW55ES a son prédécesseur le 50ES, on parlerait d’une évolution solide qui toutefois ne poussera pas les propriétaires du précédent modèle à casser leur tirelire. Un bon point finalement car l’investissement avait dépassé les 3 000 euros à l’époque.

Caractéristiques :
– Technologie : Tri SXRD Full HD
– Contraste : 120 000 : 1
– Luminosité : 1700 Lumens ANSI
– Résolution : 1 920 x 1 080
– Connectiques :
– Dimensions : 407,4 mm x 179,2 x 463,9 mm
– Poids : 9,6 kg

Prix : 3 190 euros

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