Philips 298P4 : le 21 :9ème version pro

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Après LG, c’est au tour de Philips de s’essayer au format 21 :9ème extra large. Chez le constructeur, deux modèles ont été annoncé, un grand public sans ajustement et une version plus pro, le Philips 298P4 que nous vous proposons de découvrir ici. Si la proximité avec le modèle LG est évidente, le secret de ce moniteur réside dans les réglages dont seul Philips a le secret, avec notamment… un overdrive particulièrement bien réglé. A-t-on ici un 21 :9ème pour les joueurs ?

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Le Philips 298P4 est un moniteur 29 pouces au format 21 :9eme. Depuis son annonce à l’IFA 2012, en septembre dernier, ses spécifications ont pas mal évolué. On a perdu la webcam, mais on a gagné une dalle intégralement matte, similaire à ce que l’on pouvait trouver sur le LG 29EA93. Evidemment on aime. Mais ce que l’on préfère encore c’est le soin que le constructeur a apporté à son moniteur quant au réglage par défaut. L’ajustement de l’overdrive, toujours à la limite du dépassement de consigne est un modèle du genre. Faut-il pour autant craquer sur ce modèle pas franchement donné ?

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Design et finition

On est loin du modèle LG ici ! Alors que le coréen donnait dans le luxe et l’extravagance, le (plus si) hollandais (que ça) donne dans le sérieux et la rigueur. C’est la mode en ce moment parait-il. Résultat des courses, l’appareil est agréable à l’œil et respire le sérieux. La robe grise anthracite est loin d’être fun, mais les matériaux sont de grande qualité. L’ajustage du pied renforcé en métal inspire la confiance. Bref, c’est du très beau matériel.

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Contrairement à la prétention du constructeur, le bord de l’écran une fois l’appareil allumé n’est pas si « ultra-slim » que cela, avec environ 5mm. Il n’empêche, on est toujours aussi fan de cette dalle matte intégrale, qui ajoute à l’esthétique un côté indéniablement pratique.

Ergonomie

Là aussi, Philips prend ses distances avec LG. L’appareil est ici ajustable en hauteur, en inclinaison. Il dispose même d’un mode pivot dont l’intérêt sur un écran 21 :9ème nous échappe encore. La base est également rotative. Bref, c’est un vrai modèle professionnel. En revanche, l’OSD se contrôle via des petits boutons situés sous la dalle, dans le coin inférieur droit et la sérigraphie grise indiquant leurs fonctions réelles sur fond de plastique non moins gris est absolument illisible. Avec un peu d’habitude, on retrouve facilement ses marques, mais pour le novice, c’est un coup à s’arracher les cheveux.

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Du reste, l’OSD est très complet avec ce qu’il faut de réglage de l’image mais aussi des fonctions du PiP (Picture un Picture) à taille ajustable. On peut également afficher deux sources côtes à côtes, c’est pratique là aussi si vous avez une console d’un côté et votre flux de réseaux sociaux sur PC de l’autre, par exemple… Bref, l’ergonomie est plutôt bien pensée et ça nous change un peu de la donne habituelle.

Equipement

L’équipement est plus qu’honnête, avec deux prises HDMI, une prise Display port un hub USB 3 à quatre ports. C’est quand même royal. Pas de transformateur externe non plus, l’alimentation est intégrée au dos de la dalle.

Philips 298P4 : une consommation sans excès

A réglage identique, le Philips 298P4 consomme un peu plus que son équivalent LG, avec 29W. Ce n’est pas un écart dramatique. En revanche on s’étonne de trouver dans ces deux appareils des puissances de rétro-éclairages différents malgré une spécification à 300 cd/m2. Ainsi, pour atteindre 160 cd/m2, il faut pousser le curseur de luminosité jusqu’à 71% chez Philips contre seulement 34 chez LG.

tablo2.jpgLe Philips 298P4 est plutôt bien réglé par défaut. On n’en attendait pas moins d’un appareil professionnel. Ce n’est toutefois pas parfait, mais pour qui n’est pas rigoureusement rigoriste, le préréglage 6500K est très acceptable avec 6200K à la mesure. Ce n’est pas encore parfait, et le preset LG « moyen » était plus correct encore. Vous pouvez tenter un ajustement manuel. Voici nos valeurs : rouge=79, vert=95, bleu=100. La luminosité est à 100 et le contraste à 50.

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Pour rappel, ce graphique donne la différence entre la nuance de couleur désirée et celle réellement affichée.

– Si DeltaE > 3, alors la couleur affichée est sensiblement différente de celle exigée, cet écart pourra être perçu par l’utilisateur.
– Si DeltaE tablo3.jpg

Le contraste est à priori un peu moins bon que chez LG, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Il parait évident que les deux dalles sont basées sur la même matrice, maintenant, le rétroéclairage nous semble différent. Ceci explique peut-être cela.

Passé au Gretag Eye-one Display 2, l’écran montre qu’il respecte le standard, il n’y a rien d’autre à dire là-dessus.

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Le gammut représente la richesse des couleurs affichées. Les coins du triangle sont les couleurs primaires (en synthèse additive, bien sûr). Ainsi, la surface du triangle représente l’ensemble des couleurs affichables en combinant les trois teintes primaires avec plus ou moins d’intensité pour chacune d’entre elles. Donc plus la surface du triangle est étendue, plus les couleurs sont riches.

Philips 298P4 : moins uniforme

Nous avons mesuré l’uniformité de cet écran. Pour rappel, voici la méthode :

Nous réglons la dalle sur 50 % de luminosité, 50 % de contraste et nous mesurons l’uniformité de l’éclairage dans une image blanche quadrillée en 64 zones de taille égale : le point le plus lumineux est considéré comme le point 100 %, la valeur du noir précédemment mesurée est considérée comme 0 %, les autres valeurs mesurées sont étalées ensuite.

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Le Philips 298P4 offre une uniformité étonnamment moins bonne que celle du LG. Là encore cette mesure se fait à luminosité égale et on ne s’explique pas bien de tels écarts, mais les résultats sont ce qu’ils sont. Attention toutefois, même si dans l’absolu, la dalle est moins uniforme, nous n’avons pas constaté à l’œil nu de clouding particulier. Notre instrument de mesure est plus sensible aux écarts de luminosité que l’œil humain.Le Philips 298P4 offre une réactivité programmable. Et c’est sans doute sur ce point que l’appareil nous a le plus bluffé. Entendons-nous : l’adoption d’une dalle IPS ne permet pas de rêver à une réactivité digne d’un Asus VE278Q, toujours notre référence en matière de réactivité absolue. Mais on peut dire ici que Philips en a tiré le meilleur parti. Vous pouvez en effet aller jusqu’au bout du curseur d’overdrive, « Fastest » et on est alors à la limite du dépassement de consigne sans la dépasser. Résultat des courses, l’image souffre beaucoup moins des filés lors des déplacements de caméra. Ce n’est pas magique, car la dalle IPS souffre d’un temps de descente extrêmement long, environ 8ms. Et ce temps est incompressible. Au final, le constructeur s’en sort ici avec un bon 16ms.

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Pour rappel, encore une fois :

Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l’abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d’abscisse tandis qu’une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255).

Dépassement de consigne

Avec nos options de réglage, il n’y a pas de dépassement de consigne. L’écran écope d’un A

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Pour rappel, la classe d’overdrive Ere-numérique permet d’évaluer la précision de l’overdrive sur les dalles LCD. Quelle importance me direz-vous ? Si l’overdrive est mal maîtrisé, les couleurs affichées ne sont pas du tout correctes pendant plus d’une image. On obtient une couleur plus flashy que celle demandée. C’est gênant dans les films où ce phénomène engendre du bruit vidéo. Dans les images animées, ce problème peut se traduire par l’apparition d’aberration chromatique. Certaines couleurs non demandées apparaîtront temporairement, du rouge dans une transition vert-jaune par exemple.

Dans la pratique

On a déjà évoqué lors du test du LG 29EA93 les bienfaits de ce format pour la bureautique. Ajoutons ici la dalle matte réglage dans tous les sens et vous avez ici le compagnon parfait pour noircir de la feuille Excel jusqu’à l’orgasme calculatoire. Bref, si en hauteur on préfèrera toujours un 16 :10ème ou un WQHD comme le Iiyama XB2776QS, travailler sur ce moniteur est assez agréable et c’est une bonne alternative au double écran.

En revanche, nous sommes assez déçus par la vidéo. La dalle offre des performances similaires à celle du LG. Alors quel est le problème ? Et bien nous n’avons pas trouvé dans l’OSD d’options pour supprimer les bandes noires dans les films. C’est dommage car c’est bien là l’un des intérêts de ce format. Il y a bien une option « Smart Frame » mais qui ne change rien au problème. On a donc le choix entre du 1 :1, pratique quand on a de vieux jeux, le 16 :9ème qui assure une retransmission au bon format de vos jeux et films, avec des bords latéraux noirs donc, ou alors le plein écran, qui pose de gros souci car en fait, à par le PC, aucune source ne diffuse dans ce format d’image.

Bref, c’est plutôt un moniteur pour le PC et voilà tout. En revanche, dans les jeux, les performances sont honnêtes, avec une fluidité de bon aloi. Il y a des traces lors des mouvements de caméras et le curseur se floute aussi parfois. Mais pour un IPS, c’est plutôt une bonne cuvée.

Philips 298P4 : plus ergonomique, moins polyvalent

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Le Philips 298P4 est un bon écran, assurément. Il pèche surtout par un manque de polyvalence dans la gestion des différents formats d’entrée. Plutôt conçu pour un usage bureautique et jeu, il est assez peu à l’aise avec tout autre chose qu’un PC. Et c’est bien dommage car pour le reste, la colorimétrie est meilleure que chez LG au déballage, l’overdrive est mieux réglé, les possibilités d’ajustement de la dalle sont phénoménales… mais voilà il faut en passer par un PC. Il coûte aussi plus cher que le LG. Comptez 750 euros environ, d’après ce que nous avons pu voir. Une déclinaison grand-public est prévue et on a hâte de voir si Philips aura changé son fusil d’épaule.

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