Test du Nikon P610 : zoom x60, j’irai Stalker sur vos tombes

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Le Nikon P610 n’est pas un bridge comme les autres. Dans un format relativement compact, il vous offre un zoom stabilisé 60x. De quoi photographier des bestioles de loin, une montgolfière ou la voisine d’en face. Mais ça, c’est une autre histoire…

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Le Nikon P610 est un appareil photo de fainéant. Avec son zoom x60, vous ne serez plus obligé de courir jusqu’à votre sujet préféré. D’une simple pression sur un bouton, c’est lui qui viendra à vous, du moins dans le viseur, ce qui n’est pas sans créer des situations troublantes. Que faire par exemple de ces portraits d’inconnus pris dans le métro, les gares et les terrasses de café ? Non pas que je me sois pris au jeu, mais euh… c’est pour un ami… C’est que le Nikon P610 offre un zoom parfaitement stabilisé pour un prix très doux. En plus de cela, la distance entre le photographe et son sujet permet d’éviter le malaise créé par la présence de l’appareil photo, qui fait que, souvent, vos interlocuteurs prennent la pose. N’est pas Doisneau qui veut. En tout état de cause, il y a le droit à l’image et même si, dans nos contrés occidentales, on a tendance à nier ce droit aux autochtones des pays lointains où nous allons étaler nos euros en vacances, il n’en reste pas moins vrai qu’il faut faire un peu attention aux photos que l’on publie sur ses réseaux sociaux préférés. Fermons la parenthèse.

Une fois cette mise en garde passée, regardons ce Nikon P610 de plus près. Avec son zoom x60, son prix très abordable et sa construction robuste, c’est un appareil intéressant, auquel on pardonnera facilement quelques défauts… ou pas.

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Un boîtier robuste

L’appareil n’est pas lourd, mais il est plutôt bien conçu et respire le solide. On apprécie le grip très profond et bien texturé pour une prise en main rassurante. Les commandes tombent assez bien, que ce soit le déclencheur et le zoom sous l’index ou l’une des deux molettes (une autour du trèfle, l’autre sous le bouton d’alimentation. Tout cela est très pratique. Par contre, on apprécie peu les inserts en plastique noir brillant qui attirent les traces de doigts comme Stallone les scenarii de films moisis.

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A noter que l’appareil est disponible en (gros) rouge (qui tache). Ça a le mérite d’être original, mais on aurait dans ce cas aimé avoir les inserts en plastique jaunes pour donner un petit look IronMan plus abouti. On les sent timides chez Nikon…

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Sur l’épaule droite, on trouve aussi une grosse molette de sélection de mode, avec les modes PSAM ainsi que deux ou trois bricoles pour s’amuser, via des modes comme le portrait, la nourriture (si, si, ambiance foodporn) ou le noir et blanc. On retrouve aussi des effets spéciaux comme le sépia, le traitement croisé, etc. rien de bien transcendant pas de quoi rigoler quand même. L’ergonomie de l’appareil est en demi-teinte par contre. Si le zoom peut se contrôler au choix via la bague de déclencheur ou une bascule sur le côté gauche de l’objectif, les roues sont clairement sous-exploitées. Par exemple, sur les modes scènes, on aurait aimé ne pas avoir à passer par le menu, alors que les deux roues codeuses ne servent à rien. C’est ridicule.

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L’appareil dispose d’un vaste écran 3’’ sur rotule… et oui, bande de pervers narcissiques, on peut faire des selfies avec. Les photos à l’écran sont correctes d’ailleurs, mais pas exceptionnelles. Il faut sans doute mettre ça sur le compte d’un écran RGBW, et donc à pixel blanc, plus lumineux, mais au rendu chromatique plus difficile. A l’inverse, le viseur, électronique est plus saturé. Il est agréable à utiliser mais relativement petit et on se sent vite à l’étroit là-dedans.

Un zoom pour apprenti stalker

Mais arrêtons de minauder et passons aux choses sérieuses. Alors, que faire avec un zoom 60x ? Ce n’est pas une question facile. L’intérêt immédiat est de se rapprocher de son sujet. Et voici ce que l’on peut faire par exemple :

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Sur l’image ci-dessous, à part une série d’immeuble de l’ère soviétique, vous ne remarquez rien ? non ? Et pourtant dans le fond, il y a une montgolfière et en zoomant à mort, voici ce que l’on observe :

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Donc oui, un zoom 60x permet de se rapprocher de son sujet. La stabilisation VR du Nikon fait un boulot remarquable d’ailleurs. Maintenant, ce n’est pas magique pour plusieurs raisons. D’abord, la pollution, c’est bien dégueulasse… mais c’est un autre débat. Ensuite, il faut faire avec le voile atmosphérique, qui délave les couleurs assez rapidement. Ensuite, l’optique n’est pas super nette à plein zoom, ce qui donne ce résultat un peu approximatif.

Et c’est là que l’on regrette que la caméra ne fasse pas de RAW ! C’est d’autant plus dommage que la voile atmosphérique est justement un problème que l’on peut traiter grâce à une dynamique plus confortable. Pourquoi Nikon n’a pas cru bon de proposer le RAW ici ? Sur un appareil de la gamme P, en plus ? Mystère. Toujours est-il que l’on a fait ce que l’on a pu en JPEG, mais ce n’est pas miraculeux :

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Un capteur un peu limite

Bref, le zoom n’est pas ultra net. L’autre intérêt du zoom est de pouvoir prendre des portraits de gens, lors d’une réunion de famille par exemple, sans qu’il s’en rende compte. Oh, oui, je sais ce que vous allez me dire, et je vous vois venir avec vos gros sabots ! Non, l’intérêt est d’avoir des gens vraiment naturels, qui ne posent pas devant l’image. On n’avait pas de réunion de famille de prévue, mais pour vous donner une idée, voici ce que l’on peut faire.

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Question sensibilité, comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, 1600 ISO est vraiment la limite exploitable. Et encore, on trouve ça un peu limite. Entre 100 et 800 ISO, c’est vraiment très bon. Au-delà, mieux vaut éviter. Pour le reste, l’appareil dispose d’une belle saturation comme on peut le voir sur l’image ci-dessous.

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Il respecte aussi agréablement les tons chair, on note aussi une bien belle saturation quand il y a beaucoup de lumière.

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Enfin, en grand angle, on a un équivalent 24mm, ce qui est suffisamment large.

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D’ailleurs, l’ouverture glisse, mais pas trop. On ouvre à 3.3 en grand angle (on aurait préféré 2.8) et on monte à f/6.5 à fond de zoom (équivalent 1440mm tout de même).

L’appareil dispose d’un mode rafale jusqu’à 7 images par secondes. Mais une fois les 7 images enregistrées, l’appareil devient complètement inerte pendant plusieurs secondes, le temps de vider le buffer. On pourra toutefois se servir du Bracketing pour faire du HDR plus tard bien au chaud devant son PC.

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Attention aussi à l’autofocus, il n’est pas très véloce. En plein jour, on s’en sort correctement mais de nuit, c’est très mauvais, surtout à fort zoom

Nikon P610 : bien, mais pas pour tous

L’appareil embarque le Wifi. Mais attention le Wifi N n’est pas supporté. Il sert essentiellement à transférer les images, où à autoriser le contrôle via un smartphone. Rien de révolutionnaire là-dedans. Côté vidéo, honnêtement, l’appareil ne s’en sort pas si mal. Même à fort zoom, la stabilisation fonctionne parfaitement. Le moteur du zoom est d’ailleurs ralenti pour l’occasion. La capture audio est évidemment le parent pauvre de cet appareil, surtout à 1440 mm de focale mais c’est suffisant pour de la vidéo d’appoint.

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Finalement, le Nikon P610 s’en sort plutôt bien. C’est globalement un bon appareil photo, mais qui ne nous a pas complètement convaincu. D’abords, il faut arrêter de proposer des appareils photos à zoom x60 qui ne font pas de RAW. Ça n’a aucun sens, car il faut de toute façon retoucher les images pour supprimer le voile atmosphérique si on veut faire quelque chose de bien. Ensuite, il faudrait un capteur un peu plus sensible. Mais la stabilisation fonctionne bien et on a pu tirer de chouettes photos de l’appareil, quoiqu’un peu bruyante. A réserver à ceux qui ont un petit budget et qui comptent aller taquiner la marmotte de printemps en randonnée.

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Nikon P610 01 100x70 - Test du Nikon P610 : zoom x60, j’irai Stalker sur vos tombes

7/10

Les Plus

  • Zoom bien stabilisé
  • Qualité de fabrication
  • Optique correcte

Les Moins

  • Sensibilité réduite
  • Bruit à l’image
  • Pas de RAW

3 COMMENTAIRES

  1. Franchement pour le budget (280 € sur une boutique en ligne + promo) le Nikon P610 propose des images de qualité, ce n’est pas un reflex à 3500 € avec 1500 € d’optique. Il faut comparer ce qui est comparable , perso je suis relativement satisfait des clichés que je réalise , tout à une limite. Les seules griéffes que je pourrais avoir c’est qu’il n’y a pas de griffe de flash (pour certains accessoires ) et l’ absence de mémoire interne ( n’oubliez pas votre carte mémoire dans l’ordi.Pour moi c’est un excellent rapport qualité prix, j’ajouterais que le « picture control  » permet d’aller assez loin dans les réglages et peut changer du tout au tout la même prise de vue.

  2. Test un peu ridicule dans le ton et quand on teste un apn à moins de 300€, il ne faut pas attendre des specs d’un reflex qui coute 3 fois le prix

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