Samsung UE55HU8200 : vers un écran incurvé abordable

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La question de savoir si l’écran incurvé fait sens ou pas n’a plus lieu d’être. On a le droit d’en douter. Mais on ne pourra pas nier que ça se vend. D’ailleurs Samsung y croit et a annoncé à l’IFA le lancement d’une douzaine de modèles incurvés. Et pour convaincre les plus sceptiques et les plus radins, Samsung travaille sa descente de gamme. Le Samsung UE55HU8200 est ainsi moins cher que le HU8500 même si des concessions ont été faites, techniquement parlant.

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Le Samsung UE55HU8200 se veut donc une version « abordable » de la 4k incurvée à la sauce Samsung. Techniquement assez proche du UE55HU8500, cet écran ultra-HD se démarque par un subtil changement de design et une fiche technique remaniée, faisant appel à des solutions techniques moins extravagantes. Notamment la compensation de mouvement passe à 1000 Hz au lieu des 1200 Hz. Et le processeur est une version plus modeste du Quad-core du vaisseau amiral.

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Pourquoi l’écran courbe ?

Avant d’aller plus loin dans le test de ce modèle plutôt réussi, une petite digression s’impose sur l’intérêt, ou pas, de disposer d’un écran plat. A l’évidence, on s’attend ici à recevoir une volée d’insultes dont le Web à le secret, mais il faut tout de même mettre certaines choses au point. Le design des écrans de télévision a toujours été un enjeu majeur, directement influencé par notre idée de la modernité et la science-fiction. A une époque où les écrans de télévision ressemblaient plus à des buffets de salle à manger qu’à autre chose, le summum de la modernité était un écran tout rond, à la limite de la sphère parfaite. Il suffit par exemple de regarder ce qui se passe dans une série comme Cosmos 1999 pour s’en rendre compte. Outre les costumes à pattes d’éléphant que tout le monde devrait porter dans le futur, la salle de commande est truffée d’écrans tous ronds. Et puis, on s’est quand même dit que c’était ringard, et il a fallu attendre les années 90 pour voir arriver les écrans à tube plat, la modernité passée au fer à repasser. Il suffit par exemple de se rappeler la fausse fenêtre de Total Recall (celui avec Schwarzy, et pas l’Ersatz récent) ou encore l’immense téléviseur du second retour vers le futur dans un registre similaire. Et plus récemment, on s’est dit que le plat, c’était quand même monotone et on a vu arriver des écrans incurvés, comme dans Minority Report ou plus récemment dans Avatar. Oui, décidemment, pour être moderne il faut être plein de courbes. Evidemment la corrélation entre l’évolution des télévisions et ce dont on rêve dans la science-fiction est loin d’être une science exacte et certains auteurs sont plus avant-gardistes que d’autres. Ainsi, dans le Fahrenheit 451 de Truffaut en 1966, on pouvait déjà voir un écran plat et les casques de réalité virtuelle sont bien présents dès Johnny Mnemonic en 1995.

Des raisons techniques pas toujours claires

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S’il est bien clair que notre imagination dicte ce dont nous auront envie bientôt, les rois du marketing ont souvent tendance à le nier, alors qu’il n’y a aucun mal à dire que l’on fait du design plutôt que d’aller piocher un argument en carton au rayon technologie de comptoir et en l’occurrence, pour l’écran incurvé, on atteint des sommets. On nous dit que c’est forcément ce qu’il faut faire parce que les écrans de cinémas sont incurvés aussi. Sauf qu’on oublie de dire que les écrans incurvés le sont parce que le cinéma travaille avec un projecteur et la courbe permet de corriger les effets de distorsion liés à la lentille (connu sous le nom de Pincushion effect). Et il n’y a pas de lentille dans un téléviseur. On nous dit aussi que c’est forcément mieux, parce que l’être humain perçoit un espace courbe devant lui. Quand bien même ce serait vrai (encore que je soupçonne qu’en fait une confusion soit faite avec l’angle de champ), les caméras de cinémas projettent une image sur le plan de la pellicule, ou du capteur d’image. Les images planes sont stockées sur le support de votre choix. Et donc, en courbant l’écran, on ne respecte pas vraiment la géométrie du film de départ. On nous dit enfin que ça améliore les problèmes de reflets sur la dalle. C’est vrai. Et c’est un argument qui serait tout à fait recevable si les constructeurs avaient déjà à cœur d’employer des dalles mates… qui éliminent complètement les problèmes de reflets. Bref, on le voit bien ici, l’écran courbe n’est pas forcément un mieux du point de vue technique.

L’ire de la tentation

Reste les arguments plus subjectifs. Oui, l’écran incurvé améliore l’immersion dans l’image. La sensation d’être au centre de l’action est renforcée, à condition de ne pas être trop nombreux devant la télé. Et c’est à peu près tout. Est-ce forcément un mal ? Pas vraiment, on est en droit d’acheter un écran parce qu’il nous plait, tout simplement. Oui mais voilà, dans notre société, faire quelque chose, juste parce qu’on en a envie, c’est céder à la tentation. Et la tentation, c’est mal. Alors il faut se donner bonne conscience auprès des voisins qu’on tente d’épater en se cachant derrière des arguments techniques bidons, un peu comme si vous on choisissait son conjoint pour son excellent patrimoine ADN… alors un peu de spontanéité !

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Design et finition

Le design de ce téléviseur est très proche de celui du HU8500. Le pied change de couleur et c’est à peu près tout, du moins, pour la face avant. L’écran est tout de même un peu plus épais, car il intègre toute la connectique. Exit donc le boîtier Evolution qui faisait surtout office de plaque chauffante et qu’on ne savait pas vraiment où caser sur le meuble TV.

Ergonomie

Côté Ergonomie, Samsung fait tout simplement école. Le système de menu est très bien pensé. Les menus de la TV connectée font sens, tout est bien rangé et on apprécie la réactivité de l’appareil. le changement de processeur n’a pas trop fait de dégâts. Samsung fournit aussi une seconde télécommande en galet en plus d’un modèle classique, mais on ne pourra rien vous dire dessus : elle a refusé de fonctionner.

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Le paramétrage de l’appareil au démarrage est fastidieux mais nécessaire.

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L’enfin vous guide pas à pas et on ne risque pas de se tromper.

Des conditions revues et corrigées

On a épluché le contrat de confidentialité qui vous lie à Samsung et le constructeur a mis de l’eau dans son vin. On se souvient des versions précédentes qui s’octroyaient carrément le droit d’afficher publiquement vos données utilisateurs quand elles n’autorisaient pas Samsung à les revendre. Ici c’est plus soft, sans être pour autant parfait :

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Pour la reconnaissance vocale, c’est plus délicat. Samsung travaille avec Nuance et donc vos enregistrements de commandes vocales sont transmis à « un tiers ». On notera aussi que la TV vous géolocalise.

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Plus classique, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous à des fins publicitaires. Classique :

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On aborde enfin le point le plus gênant pour nous : quand vous stockez des informations sur votre TV, ils sont susceptibles d’être copié à l’étranger et là, rien ne garantit que le droit français en la matière soit bien respecté…

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Equipement

L’équipement est généreux. Toute la connectique est au dos de l’engin. Apparemment l’appareil restera évolutif et pourra bénéficier d’une nouvelle barre de connectique, si jamais elle voit le jour, au même titre que le HU8500. Les prises HDMI sont toutes 2.0. Une est MHL. On trouve en plus trois prises USB, dont une seule en USB 3.0. Pour ce qui est du lecteur multimédia, tout se passe bien, y compris pour les contenus en 4K à un détail près : les films en 4096×2160 ne passent pas. Pour le reste, on trouve donc deux télécommandes, et deux paires de lunettes 3D.

Samsung UE55HU8200 : le point sur la consommation

La consommation du Samsung UE55HU8200 est dans les normes, mais il semble que l’écran engouffre un tout petit peu plus d’énergie que le HU8500.

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Samsung UE55HU8200 : du bon usage des gadgets électroniques

Le Samsung UE55HU8200 offre une belle température des couleurs, calée sur 6600K. C’est très proche du standard en vigueur. Pour ce faire, il convient de choisir le préréglage Cinéma. Mais il y a un hic. En effet, quand on active la fonction Smart LED, voici ce que l’on obtient :

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Pour rappel, ce graphique donne la différence entre la nuance de couleur désirée et celle réellement affichée.

– Si DeltaE > 3, alors la couleur affichée est sensiblement différente de celle exigée, cet écart pourra être perçu par l’utilisateur.
– Si DeltaE d_uh8200.jpg

Et pour le coup, c’est vraiment très bon. Notre conseil est donc pour l’instant de se passer du rétro-éclairage dynamique. De toute façon, c’est du Edge…

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Dans le noir absolu, l’écran s’en sort bien. Avec un très bon contraste, qui n’a rien à envier au HU8500. Hélas les reflets sont vraiment présents en plein jour :

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Passé au Gretag Eye-one Display 2, l’écran s’en sort parfaitement. Il respecte le standard en vigueur et on ne retrouve pas la limitation dans le vert aperçue lors du test du HU8500

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Le gammut représente la richesse des couleurs affichées. Les coins du triangle sont les couleurs primaires (en synthèse additive, bien sûr). Ainsi, la surface du triangle représente l’ensemble des couleurs affichables en combinant les trois teintes primaires avec plus ou moins d’intensité pour chacune d’entre elles. Donc plus la surface du triangle est étendue, plus les couleurs sont riches.

Samsung UE55HU8200 : Uniformité quasi parfaite

Nous avons mesuré l’uniformité de cet écran. Pour rappel, voici la méthode :

Nous réglons la dalle sur 50 % de luminosité, 50 % de contraste et nous mesurons l’uniformité de l’éclairage dans une image blanche quadrillée en 64 zones de taille égale : le point le plus lumineux est considéré comme le point 100 %, la valeur du noir précédemment mesurée est considérée comme 0 %, les autres valeurs mesurées sont étalées ensuite.

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Le Samsung UE55HU8200 a beau être incurvé, il n’en demeure pas moins très uniforme. Pour l’instant, on peut dire que l’appareil fait honneur à la marque. Les qualités statiques sont bien là. Le Samsung UE55HU8200 offre une réactivité très juste. Comme le HU8500, ce n’est pas un foudre de guerre.

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Pour rappel, encore une fois :

Cette courbe recense les différentes valeurs de latence en fonction du niveau de gris à atteindre. Une alternance noir-blanc se traduit sur la courbe par un point avec l’abscisse 255, une alternance noir-gris donne un point à 125 d’abscisse tandis qu’une alternance noir-gris foncé affiche 50, etc. La latence officielle ISO spécifiée par le constructeur ne concerne que les transitions noir/blanc (0/255).

Qualité vidéo

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La qualité d’image est très correcte, en 4k comme en HD. La grosse différence avec le HU8500 réside justement dans la compensation de mouvement, beaucoup moins subtile chez Samsung. Des artefacts bizarres s’introduisent derrière les objets en mouvement dans les travelings. Pour les images à fort contenu géométrique, comme les travellings en vue aérienne de Gotham City, par exemple, c’est un vrai calvaire. Les lignes verticales ont tendance à s’estomper au profit d’un flou hésitant. Et si vous coupez la compensation de mouvement, vous subirez des saccades en conséquence. Un bon compromis semble situer le curseur sur la position « précise ». Mais l’écran est bien réglé, avec un mode cinéma à 6600K. Les tons chair sont très bons, le contraste aussi, à 2400 :1 environ. Il y a très peu de fourmillements à l’image. La réactivité de la dalle n’est pas exceptionnelle par contre. Comme souvent chez Samsung, le rendu est très (trop ?) clinique. La précision chirurgicale de l’image en dérangera certains, plus habitué à la douceur d’une image cinéma.

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Les images en 4k sont de toute beauté. Le grain d’image est très appréciable. La mise à l’échelle des contenus HD ne semble pas souffrir d’un processeur revu à la baisse en termes de performance.

Jeu vidéo

L’appareil s’en sort correctement, sans plus. Ce n’est pas un écran pour les gamers pur et dur. Si la réactivité laisse échapper quelques traînées dans les déplacements, la mise à l’échelle est encore une fois correcte, même sur des vieux jeux PS3, malgré la dalle 4k. c’est donc plutôt une bonne surprise.

3D

La 3D active (deux lunettes fournies) offre un rendu sans grande surprise. C’est proche du HU8500. Il y a fort à parier que le constructeur ne développe plus grand-chose de spécial dans ce domaine.

Mode PC

Si vous voulez vous donner un petit air Minority Report avec un écran XXL incurvé, pourquoi pas. Il vous faudra une carte HDMI 2.0, sans quoi vous serez coincés à 30Hz.

Qualité sonore

La partie audio est correcte sans plus. On en attendait beaucoup. Il faut dire que l’appareil prétend tout de même à 60W de sortie, via six haut-parleurs (trois par côtés). C’est vrai que l’écran a du coffre. Mais le rendu manque de précision, surtout dans les medium. La spatialisation est correcte mais le mode 5.1 émulé n’apporte en fait pas grand-chose.

Samsung UE55HU8200 : un exercice délicat

Ne revenons pas sur l’intérêt, ou pas, de l’incurvé. Le Samsung UE55HU8200 est un bon écran. Il est un peu moins bon que le 8500, notamment pour ce qui est de la compensation de mouvement, véritable point noir de cet écran. Pour le reste, il s’en sort honorablement. A notre avis, il est encore quelques centaines d’euros trop chers, car il ne faut pas se le cacher, Samsung fait payer la courbure au prix fort, parce que c’est une prouesse industrielle, mais l’impact sur la qualité d’image est toujours aussi délicat. A vous de voir à combien vous estimez le design…

On terminera aussi par des conditions contractuelles d’utilisations qui sont, enfin, presque acceptable, si ce n’est cette histoire de copie de vos données à l’étranger pour une protection moindre… D’ailleurs, il convient tout de même de pousser un dernier coup de gueule : Quand vous installez votre téléviseur, on vous demande d’accepter des conditions contractuelles. Et il y en a beaucoup : Trois ou quatre documents, avec chacun entre 30 et 60 pages à lire et à accepter.

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Sachez que si vous n’acceptez pas, et bien vous ne pourrez pas utiliser les fonctions associées. Et en l’état actuel, qui va lire ces conditions contractuelles, surtout dans l’excitation du déballage ? Personne. Pourtant, ce sont des conditions qui vous engagent contractuellement, dans la collecte de vos données personnelles, liées à vos habitudes de consommations, à la publicité en ligne, etc. C’est beaucoup trop compliqué et c’est vraiment fait pour décourager les gens de les lire.

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