| [ Mercredi 2 avril 2008 ] |
par Benoît Dupont |
Écrans : toute la vérité sur leur consommation
Téléviseurs LCD : consommation à la carte
Vous voilà donc bien informé pour ce qui est des moniteurs informatiques. Vous savez désormais qu’en baissant la luminosité, vous pouvez baisser la consommation de votre écran PC. En est-il de même pour les écrans de télévision ? Oui et non.En effet, de manière surprenante, tout dépend de la gamme de votre téléviseur. Les téléviseurs d’entrée de gamme réagissent globalement comme les moniteurs informatiques : le réglage de luminosité agit directement sur le rétro-éclairage. Mais pour les produits un peu plus luxueux, ce constat est faux. Prenons par exemple le Philips 32PFL7962. On voit sur le graphique ci-dessous la consommation varier en fonction de la luminosité. En conclusion, l’impact de ce réglage sur la consommation est minime.
Bref, sur cet écran, vous faîtes fausse-route. Il faut en effet jouer directement sur le rétro-éclairage de la dalle, accessible séparément sur les produits haut de gamme. Voici un autre exemple sur le 52 pouces LG 52LG5000. Là, en jouant sur le rétro-éclairage et pas sur la luminosité, on arrive à un résultat bien plus spectaculaire :
En fonction du réglage, la consommation passe du simple au triple, passant d’un raisonnable 100 W à un vertigineux 300 W ! Idée reçue numéro 2
La consommation d’un écran LCD ne varie pas en fonction du contenu. Vrai ou faux ? C’est un argument souvent avancé par les tenants du plasma pour défendre la consommation à géométrie variable de leur technologie. Et bien là encore, tout dépend de votre niveau d’équipement. Ce qui était un fait acquis il y a peu de temps est aujourd’hui une contre-vérité partielle. Sur notre écran Philips, c’est le cas par exemple en mode PC :Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 135W dans le blanc, 128W dans l’obscurité, soit un écart de 5 %. Pas de quoi fouetter un chat. La consommation ne varie a priori pas en fonction du contenu. Mais c’est une mesure réalisée avec un contenu informatique. Certains écrans voient leur consommation varier en fonction du contenu de l’image. C’est une astuce des constructeurs pour augmenter le contraste. Lorsque l’image est sombre, le téléviseur baisse le rétro-éclairage et le noir est plus profond. À l’inverse, le rétro-éclairage est augmenté lorsque la scène est claire afin d’améliorer le contraste visuel. C’est une astuce courante sur les modèles haut de gamme. C’était le cas sur notre Philips sur les entrées qui ne sont pas dédiées à l’informatique. En revanche, ce n’est pas le cas sur tous les appareils. Nous avons testé un Sharp 52XL20, voici les résultats en haute-définition via la prise HDMI :

Dans les deux cas, on se trouve à 262W environ. Notons que la consommation varie peu en fonction de l’entrée puisque ce même appareil en VGA consomme 270W, soit un écart de 3 %, dans les mêmes-conditions de luminosité.La consommation en veille
La consommation en veille est relativement difficile à mesurer sur les téléviseurs pour une raison étrange. Lorsque l’on branche un téléviseur sur le secteur, il ‘boote’, un peu comme un PC. Autrement dit, vous avez droit à une minute ou deux de consommation relativement importante alors que vous n’avez pas d’image. Prenons par exemple le téléviseur Philips. Voici la consommation juste après avoir branché la prise :
L’appareil consomme environ 30W pendant une à deux minutes pour une raison indéterminée. En revanche, après quelques temps, la consommation tombe à 0,75W, ce qui est sa vraie consommation de veille. 
Ainsi, faut-il forcément débrancher son écran ? Pas forcément. En effet, si vous consommez 32W pendant deux minutes au démarrage, vous consommez environ 1 W.h. Autrement dit, avec cette énergie, vous pouvez laisser votre téléviseur branché en veille pendant 1 h 20 ! Donc si vous vous absentez pour une courte durée, disons inférieure à 2h, il est contre-productif de débrancher son appareil. Mieux vaut le laisser en veille. Ce n’est pas spécifique à Philips, tous les constructeurs présentent une consommation anormale au branchement, LCD et plasma confondus.Bien choisir son téléviseur
Comme pour les moniteurs informatiques, la diagonale est primordiale. En effet, la consommation moyenne des écrans que nous avons reçus augmente dramatiquement avec la diagonale dans des conditions de lumière identique. Bref, mieux vaut opter pour un écran de petite taille si votre priorité absolue est écologique. Pour autant, il est possible d’acheter un écran de grande diagonale en respectant l’environnement, comme pour les moniteurs. Le tout est de bien régler son appareil en fonction de la lumière ambiante. Préférez des appareils plus haut de gamme dont le rétro-éclairage est un paramètre accessible via l’OSD. Il est possible par ce biais de diviser sa consommation par deux sans perdre aucun confort visuel, surtout si l’écran est dans l’obscurité.Toujours dans un souci d’économie d’énergie, nous vous conseillons d’opter pour des écrans disposant d’une sonde de luminosité ambiante. C’est le cas chez Sharp et LG par exemple. Pour information, lorsque nous avions réglé notre écran Sharp à 250 cd/m2, sa consommation était de 236W. Une fois activé le rétro-éclairage intelligent, l’écran est tombé automatiquement à 130W ! L’économie est substantielle ! Bien sûr la luminosité était plus faible, mais le confort visuel identique, avec en bonus des niveaux de noirs plus profonds. À l’avenir, nous ne manquerons pas de vous indiquer si les téléviseurs disposent d’une consommation qui varie en fonction du contenu et s’ils offrent un rétro-éclairage automatique. Bien régler son téléviseur
Le choix de l’intensité du rétro-éclairage est primordial. Nous vous donnerons dans nos articles la consommation à 250cd/m2 pour chaque appareil, ainsi que le point de réglage retenu pour le rétro-éclairage, de cette manière, vous pourrez optimiser votre consommation. Par exemple, pour le Sony 52X3500 dont le test est imminent dans nos pages, le meilleur compromis confort/consommation est obtenu pour un rétro-éclairage à 7. La consommation est alors de 262W. Si vous n’avez pas de rétro-éclairage intelligent, il convient de régler votre luminosité au plus juste à chaque fois si vous voulez consommer moins. Ainsi, dans le noir, vous pouvez baisser franchement ce réglage. L’après-midi en revanche, il faudra l’augmenter un peu pour compenser la lumière ambiante et retrouver une image plus contrastée. C’est fastidieux, mais comme nous venons de voir, la consommation varie du simple au triple ! Le jeu en vaut alors la chandelle.Enfin, bonne nouvelle, sachez que le numérique ne consomme presque rien. Autrement dit, il n’y a pas d’écart de consommation flagrant que vous activiez les filtres de traitements numériques ou pas. Vous pouvez donc jouer avec ces paramètres allègrement.En résumé
Pour les téléviseurs LCD, on retiendra qu’il vaut mieux choisir un écran de petite taille si pour vous la diagonale n’a pas d’importance. On préférera des écrans disposant d’un retro-éclairage ajustable afin d’optimiser la consommation en fonction de la lumière ambiante. Le top reste évidemment le rétro-éclairage intelligent qui fait tout cela pour vous.
Les Téléviseurs LCD/Plasma déjà testés