| [ Jeudi 10 février 2005 ] | par Benoît Dupont |
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Des qualités indéniables

L’adoption de la technologie plasma a permis d’obtenir de nombreux avantages face au LCD et au CRT. Tout d’abord, le choix des scintillateurs dans les téléviseurs plasma permet d’obtenir des couleurs plus riches et un gamut plus important. D’ailleurs, le gamut des écrans à plasma est bien plus étendu que celui des téléviseurs à tubes.

Ensuite, les angles de vision sont très larges, surtout en comparaison de ce qu’on peut trouver dans les LCD. La raison tient surtout au fait que la lumière est générée au sein même du pixel contrairement à ce que nous verrons pour le téléviseur LCD. En outre, le plasma se passe également de polariseur.
Enfin, le contraste est équivalent à celui des meilleurs téléviseurs à tube. La principale raison tient à la bonne qualité du niveau de noir : un pixel éteint n’émet aucune lumière contrairement au LCD. La luminosité des téléviseurs plasma est également un avantage face aux moniteurs à tube puisqu’on atteint des valeurs de 900 à 1000 cd/m2.
Notons aussi que le plasma permet d’obtenir des diagonales affichables très généreuses (32 pouces à 50 pouces) pour une épaisseur minime. C’est un avantage décisif face au tube, plus épais et donc moins élégant.
Des inconvénients certains

La taille des pixels est un gros problème. Il est difficile voire impossible de faire descendre la taille des pixels plasma en deçà de 0,5, ou 0,6 mm. Par conséquent, les téléviseurs plasma sont introuvables en dessous de 82 cm de diagonale. Pour obtenir une résolution compétitive, le plasma n’a d’autre choix de que monter dans des diagonales supérieures, de 32 à 50 pouces.
Pour la qualité d’image, certains problèmes persistent encore sur les dalles à plasma. Ces problèmes sont essentiellement dus à la nature des pixels. Dans la mesure où un pixel à plasma a besoin d’une décharge pour émettre de la lumière, ces derniers sont soit allumés, soit éteints mais ne disposent pas d’états intermédiaires. Du coup, les constructeurs optent pour un méthode de modulation de la luminosité en PCM (pulse code modulation).

La méthode est simple. Pour allumer très fort un pixel, on l’allume très fréquemment. Pour obtenir une teinte plus sombre, on l’allume moins souvent. C’est en quelque sorte une moyenne temporelle. Charge à l’œil de l’utilisateur de faire la moyenne. Cette méthode est fonctionnelle mais pose toutefois de nombreux problèmes.
Si elle est efficace dans les teintes moyennes et fortes, les teintes les plus sombres souffrent d’une quantification moindre. Il est plus difficile de faire la distinction entre deux nuances sombres. Ensuite, si cette technique permet d’obtenir une image uniforme lorsqu’on se trouve suffisamment loin de la dalle, elle est la cause d’une gêne visuelle lorsqu’on se trouve trop près. En effet, il est communément admis que l’œil humain n’est pas capable de distinguer les clignotements si la fréquence est supérieure à 85 Hz environ. C’est à la fois vrai et faux. En fait, l’œil humain en est parfaitement capable mais le cerveau ne peut pas "rendre" les images aussi rapidement. En conséquence, une image à 85 Hz peut très bien causer une fatigue oculaire sans que l’utilisateur s’en aperçoive puisqu’il ne "voit" pas le clignotement.
C’est malheureusement le cas pour les pixels à plasma. Le clignotement risque d’entraîner des désagréments si on se trouve trop près de la dalle. Au final, on dispose d’une image plus grande sur un écran à plasma mais il faut s’en éloigner tout autant. L’immersion n’est donc pas plus intense.
Les pixels plasma sont également sensibles au burn-in. Tous ceux qui ont déjà eu l’occasion de se servir d’un terminal de commande de billet SNCF savent de quoi je parle. Sur un écran cathodique, lorsque la même image est projetée très longtemps, elle s’incruste. Ainsi, après une trop longue exposition, lorsque l’image change, celle d’origine reste visible. Elle est comme gravée dans le moniteur. Ce phénomène est dû au vieillissement prématuré des scintillateurs. Lorsque ces derniers sont sollicités en permanence, ils vieillissent et deviennent moins efficaces. Comme les écrans à plasma dispose de pixels à scintillateurs, ils sont au même titre sensibles au burn-in.
Attention toutefois, dans le cadre d’une utilisation courante d’un téléviseur, ce n’est aucunement un problème dans la mesure où l’image projetée bouge en permanence. Les pixels vieillissent donc uniformément. Mais dans le cadre de certaines applications professionnelles, cela peut être un critère de choix. Par exemple un écran diffusant toujours la même chaîne de télévision 24/24 verra s’incruster le logo de la chaîne si celui-ci reste au même endroit en permanence (CNN, NBC, MTV, etc…). De même, dans le cadre d’un affichage publicitaire statique, une image fixe projetée durant une longue période peut finir par s’incruster dans l’image.
C’est d’ailleurs ce qui limite la durée de vie du plasma. Contrairement à la légende, un écran à plasma ne fuit pas, et ne se recharge pas, ce sont les scintillateurs qui vieillissent et hélas il n’y a pas grand chose à faire.
Malheureusement aussi, tous les scintillateurs ne vieillissement pas de la même façon, le canal bleu vieillit toujours plus vite que les autres même si la situation s’est améliorée par rapport au premières dalles à plasma.
Reste enfin le facteur économique. Un écran à plasma coûte cher. Non seulement les dalles elles-mêmes sont difficiles à fabriquer mais en plus l’électronique de contrôle de la dalle exige des semi-conducteurs très performants et spécifiques. En effet, quand on y pense, les lignes de contrôles des électrodes doivent véhiculer des tensions énormes de plusieurs centaines de volts, à des fréquences non négligeables. Tout cela a un coût. D’ailleurs, la consommation des écrans à plasma, toujours plus élevée que celle des écrans LCD, est une des conséquences directes de ces tensions très élevées. A titre d’exemple, un écran à plasma de 107 cm de diagonale consommera 250W, un écran de même diagonale en LCD ne consommera que 150W.
Plasma, domaines d’application
Les écrans à plasma sont surtout présents dans les systèmes vidéos de haute qualité et de grande taille de projection. Leur diagonale intéressante et leurs performances vidéo en font d’excellents téléviseurs pour la projection de DVD, haute définition ou pas. Certes, ils coûtent chers, certes, ils vieillissent, certes ils consomment mais dans la mesure où traditionnellement, le plasma "truste" le marché haut de gamme, ces considérations ne sont que secondaires pour une clientèle qui en a les moyens.
Si on se projette un peu plus dans le futur, on peut deviner que le LCD va grignoter sur le plasma en le reléguant de plus en plus aux très grandes tailles. Cette évolution s’explique simplement par une fabrication LCD plus simple et moins onéreuse dès qu’elle est maîtrisée.
Si d’autres innovations ne changent pas la donne, le plasma restera cantonné à des usages spécifiques dans le cadre domestique. Il s’agit essentiellement d’obtenir une très grande image sans pour autant s’approcher de l’écran. Le recul nécessaire limite grandement l’utilisation.
Les scintillements associés à la taille gigantesque des panneaux plasma expliquent aussi le faible intérêt de cette technologie dans les applications informatiques.
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