| [ Lundi 15 mars 2010 ] |
par Stéphanie Chaptal |
Nintendo DSi XL, la console prend le large
Nintendo Dsi XL
Less is more, no more. Dans les pages magazines, le politiquement correct éjecte peu à peu les mannequins squelettiques au profit de « vraies personnes », largement retouchées à coup de Photoshop. Et dans le monde hi-tech, le même principe vaut aussi. Nintendo, après avoir réduit toujours plus sa console portable depuis la première DS grise en 2004, inverse désormais la tendance avec sa DSi XL. Ce modèle, annoncé comme une « console portable de salon », réussit même l’exploit d’être plus long de 2 centimètres, et plus large d’un centimètre que sa vénérable ancêtre de 2004. Tout en restant plus mince avec 21,2 mm de profondeur contre 28,9 mm. Nintendo est prêt à redonner des formes à sa console, sans basculer dans les modèles Botero ou Boticelli qui deviendraient transportables plutôt que portables. Face au dernier modèle en date, la DSI, le contraste physique est encore plus frappant. Près de trois centimètres de plus en longueur et en hauteur, deux de plus en largeur. La différence est flagrante. Visuellement aussi, avec sa coque supérieure laquée et ses tons lie-de-vin ou chocolat, la DSi XL se positionne comme un produit plus adulte, que sa prédécesseur, plus marquetée jeune public avec ses multiples coloris. Ne serait-ce que parce qu’il faudra régulièrement chiffonner la DSi XL pour retirer les traces de doigts qui témoigneraient d’un usage trop intensif lorsque vous la laisserez négligemment posée sur la table du salon.Un plus grand confort de jeu, pas de lecture
Bel objet de décoration, la DSi XL se révèle également une bonne surprise ludique. La plus grande taille de ses deux écrans n’est pas qu’une opération de marketing. En passant de 3,45 pouces (soit 8, 25 centimètres) à 4,2 pouces (soit 10,7 centimètres), certains jeux bénéficient d’une seconde jeunesse. Si l’effet n’est pas flagrant sur un Super Mario Bros, il en devient extrêmement précieux pour un jeu d’énigme à la Professeur Layton, ou mieux se basant sur des enquêtes policières comme Cate West : The Vanishing Files ou Criminology. À tel point que la recherche d’indice ou le relevé des preuves, sans avoir à s’arracher les rétines pour scruter les moindres recoins de l’écran, en devient presque trop facile. En revanche, pour ce qui est des « 100 classiques de la littérature française », cartouche regroupant 100 livres (français ou non d’ailleurs) tombés dans le domaine public, la différence entre les deux consoles n’est pas si évidente que cela. Certes, c’est plus agréable de pouvoir lire son texte sur une page plus grande (capable d’afficher une ou deux lignes de plus avec une taille de police normale). Mais le tramage plus apparent des écrans et son scintillement plus fort, me semble-t-il, fatiguent tout aussi vite les yeux. Au bout d’une demi-heure de lecture, la pause s’impose, même si l’intrigue est passionnante. Enfin, pour ceux et celles qui veulent imiter la publicité et jouer à deux devant leur console, c’est effectivement possible. L’écran reste parfaitement lisible dans toutes les positions, mais dès que l’on se penche et n’est plus parfaitement dans l’axe, les reflets se multiplient au point d’en devenir très gênants dans une pièce bien ensoleillée.
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