| [ Jeudi 14 juin 2007 ] | par Stéphane Kauffmann |

Le numérique et Internet sont les deux mamelles de la révolution des loisirs et de la création artistique initiée pour la première fois par l’utilisateur lui même au grand dam de l’industrie du divertissement. Les maisons de disques ont beau avoir freiné des quatre fers, rien n’y a fait : le MP3 s’est imposé comme le nouveau format musical universel. Et plutôt que de s’adapter intelligemment et vendre dans le nouveau contexte de la musique à plus de personnes, les éditeurs ont essayé d’empêcher le phénomène avec à la clef des ventes de CD qui chutent régulièrement et toujours aucun service de vente en ligne réellement convaincant car plombé par des protections qui ne nuisent qu’aux honnêtes gens, ceux là même qui peuvent leur rapporter de l’argent. Il faut dire que traiter de voleurs ceux qui vous font vivre n’est pas vraiment une preuve d’intelligence, ni de sens des affaires. Et alors qu’on parle enfin d‘abandonner ces DRM, la deuxième révolution numérique est déjà en marche et c’est un acteur assez inattendu qui va en faire la promotion : le fabricant de périphériques Logitech qui a acquis il y a quelque temps l’américain Slim Devices.
Plus d’ordinateur
Si le MP3 s’est imposé par ses utilisateurs, c’est parce qu’il est une évidence ! La musique compressée permet d’échanger ou d’acquérir par le Web, de stocker autant que l’on veut et surtout de l’emporter sur soi pour nourrir un baladeur. De son côté, Logitech se définit toujours comme étant le dernier maillon entre la machine et l’utilisateur pour que l’interaction soit la plus ergonomique possible que ce soit avec une souris, un clavier ou plus récemment une télécommande. Et en discutant il y quelques années avec son fondateur Daniel Borel, il m’avait déjà annoncé ce dont nous allons parler aujourd’hui en disant : « l’ordinateur n’est qu’un relais pour traiter et stocker le contenu car la technologie l’impose aujourd’hui mais demain, il peut disparaître derrière le mur ou ailleurs si les tuyaux pour diffuser sont devenus assez gros ». Et c’est exactement ce qui est en train de se passer. L’accès au Web se fait désormais par un tuyau certes fin physiquement avec des fils en cuivre mais aussi avec un débit énorme à la clef, et particulièrement en France. L’ADSL se déploie à la vitesse de l’éclair et les débits ne cessent d’augmenter pour atteindre chez les plus chanceux 20 Mbits et plus. Dans les grandes villes, on nous parle déjà de fibre optique et de 500 Mbits et ce toujours pour moins de 30 euros par mois. Car par le système d’abonnement, ce tuyau est tout de même presque gratuit, un élément essentiel pour le développement. En théorie, il est donc aisé d’aller puiser du contenu directement sur le Web sans passer par la case ordinateur et même sans qu’il n’y ait aucun stockage chez soi.
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